Ils sont chouettes, tous ces gens de gauche : laïcards jusqu’au trognon mais avec des références bibliques. Héritiers – c’est ce qu’ils croient – des Lumières, ils se prennent pour la lumière divine.

On se souvient de la rhétorique pompeuse d’un assurant qu’avec l’élection de François Mitterrand, nous étions passés « de l’ombre à la lumière ». Aujourd’hui, c’est l’ineffable Mélenchon qui offre à la sa personne en guise de lumignon : « Quand tout va mal et que ça semble être nuit noire, il faut allumer une lumière pour qu’on se dise qu’il y a un bout du tunnel. » Et la lumière, on l’a compris, c’est lui !

Il s’était fait beau, notre Jean-Luc, pour son passage au JT de TF1, dimanche soir. Costume noir, sourire scotché jusqu’aux oreilles, voix doucereuse et poses chattemites, il était venu annoncer la bonne nouvelle aux Français : aujourd’hui, un sauveur nous est né : il s’appelle Mélenchon. Comme en 2012, comme en 2017, il nous fait don de sa personne : « Oui, je suis prêt. Je propose ma candidature. »

À ceux qui en douteraient encore, il l’assure : « J’ai un programme, une équipe prête à gouverner. » Qui ça ? Quoi ça ? Où ça ? À La France insoumise, où ils se bouffent le nez depuis quatre ans ? C’est qui, cette équipe : Corbière à la , Obono à l’Immigration, Quatennens comme Premier ministre et Ruffin à l’Économie ? Ça fait rêver… Enfin, lui, ça le fait rêver. Même pas peur, le Mélenchon. Pas peur, surtout, de sortir des énormités : « Je suis un pôle de stabilité », qu’il dit.

Malgré tout, le président de La France insoumise fait mine de la jouer modeste. Pour l’instant. Il veut bien y aller, mais avec le soutien du peuple. Il conditionne sa candidature à une « investiture populaire » de 150.000 personnes qui voteront, via une plate-forme numérique, sous le joli intitulé « Nous sommes pour ».

150.000, ça devrait le faire, comme on dit en français vernaculaire, surtout pour un mouvement qui prétend rassembler 500.000 adhérents. Rapporté aux 19,5 % des suffrages (7.059.951 voix) de mai 2017, c’est certes un peu mesquin, mais bon, après la gamelle des européennes (6,3 % en mai 2019), il valait mieux revoir les prétentions à la baisse et remiser le costume de garde- au placard.

Si la perspective d’une candidature Mélenchon fait ricaner dans les chaumières, elle fait plutôt grincer dans les rangs de la gauche où l’on voit s’éloigner, une nouvelle fois, le rêve d’un programme et d’un candidat communs. , le falot premier secrétaire du , s’est agacé sur LCI : « La gauche et les écologistes, s’ils veulent gagner, ils ont besoin de se rassembler. Toutes celles et ceux, par leurs aventures personnelles, leurs initiatives individuelles, leurs ambitions égoïstes, menacent ce rassemblement possible. » Notez bien, il y a longtemps que le rassemblement, à comme à gauche, n’est qu’un vœu pieux. Néanmoins, il n’a pas tort quand il souligne : « Est-ce que vous pensez que c’était le bon moment ? En pleine crise sanitaire, économique, sociale ? Avec le terrorisme qui, aujourd’hui, est à son degré maximal d’alerte ? Est-ce que vous pensez que les Français n’ont pas déjà le sentiment que l’obsession des femmes, des hommes politiques est leur propre élection ? Est-ce qu’on est obligé de leur donner raison ? »

9 novembre 2020

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles sur une période de 10 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

À lire aussi

Une dose de Pfizer, une autre de Moderna ou de Janssen, secouez bien et piquez !

On n’en serait pas là sans les problèmes d’approvisionnement. …