Editoriaux - Sport - 8 juillet 2019

Megan Rapinoe : porte-voix LGBT mais sans voix pour l’hymne américain !

Voilà donc la nouvelle héroïne mondiale : Megan Rapinoe, l’ailière américaine, « figure absolue du quatrième sacre mondial des États-Unis », dit la presse en ce lundi matin.

Championne du monde, donc, mais aussi meilleure joueuse et meilleure buteuse de cette Coupe du monde féminine, la femme aux cheveux roses est encensée tous azimuts. On nous le dit, on nous l’assure, son « statut d’“icône” [est] assumé bien au-delà du monde du football ».

Bien au-delà des buts qu’elle a marqués, offrant par son art de tirer les penaltys une victoire écrasante à son pays – mais est-ce bien son pays ? –, celle qui fut à l’OL durant l’année 2013 a, de fait, tout ce qu’il faut pour accéder à ce statut d’icône : excellente joueuse, militante LGBT et contemptrice de Donald Trump. À se demander, d’ailleurs – pas sûr, d’ailleurs, que je me le demande –, si ces deux qualités ne l’emportent pas sur l’art du « soccer ». Comme l’écrit 20 Minutes, la joueuse qui « a fait son coming-out juste avant les JO de 2012 à Londres, est au moins autant une talentueuse footballeuse qu’une militante reconnue ».

Et voyez-vous, dans cette Coupe du monde féminine qui vient de se dérouler sur notre territoire français, d’aucuns se sont amusés à recenser les lesbiennes. Ce qui, de mon point de vue de femme à lunettes, est une façon éminemment discutable d’aborder les choses. J’explique : nous avons entendu les cris d’orfraie des féministes lorsque des remarques ont surgi sur la plastique de ces dames, leur force, leur vitesse sur le terrain, etc. Et voilà donc qu’on nous explique, aujourd’hui, que le pourcentage élevé de lesbiennes dans les équipes de foot féminin (comme dans le tennis et quelques autres sports) participe de leur succès. Faut-il comprendre que ce ne sont pas vraiment des femmes mais des amazones, cavalières de l’entre-deux ? Je n’ose le croire…

Ainsi trouve-t-on sur Slate.fr un papier enthousiaste de Léa Polverini qui nous explique : « Avec 38 joueuses ouvertement lesbiennes ou bisexuelles, cette Coupe du monde féminine fait beaucoup pour l’inclusivité des LGBT+ dans le sport. » Et pas question d’échapper au recensement : « Sur vingt-quatre équipes, le site Outsport a recensé quarante professionnelles ouvertement LGBT+ (trente-huit joueuses, la coach Jillian Ellis et l’entraîneuse de l’équipe suédoise Pia Sundhage). »

Et alors ?

Et alors rien, sinon, comme dit plus haut, que tout cela m’apparaît extrêmement malsain et, en tout cas, contraire à la cause qu’on prétend servir : celle des femmes. Sans adjectif pour préciser leur orientation sexuelle !

Mais revenons à Megan Rapinoe dont la notoriété tient également au fait que, porte-voix tonitruante des LGBT, elle demeure sans voix pour l’hymne américain et refuse absolument les devoirs qui lui incombent en tant que membre de l’équipe nationale des États-Unis.

S’agissant du boycott du « Star Spangled Banner », l’hymne national, elle le revendique : « Je sais que cela peut me coûter cher, au propre comme au figuré, mais je me vois comme un porte-voix et c’est un rôle que j’assume complètement. » Et de confier dans une interview à Yahoo : « Je ne chanterai probablement plus jamais l’hymne national […] C’est une sorte de bon “fuck you” à toute forme d’inégalité ou de mauvais sentiments que l’administration [de Donald Trump] a envers les gens qui ne lui ressemblent pas exactement. »

Je n’aime pas Donald Trump ; j’exècre le bonhomme, ses foucades qui m’effraient, ses moues et sa vulgarité. C’est un avis très personnel et, à l’inverse de l’attitude de Megan Rapinoe, ça n’a aucune importance. Pour elle, en revanche, c’est un devoir de respecter les symboles d’une nation dont elle est la représentante à l’étranger. Son pays est une démocratie dont le président, qu’il lui plaise ou non, est l’élu du peuple et le maillot qu’elle porte est une forme de contrat qui l’engage. Plutôt que de l’encenser, on devrait le lui rappeler.

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