La médiasphère parisianiste endogame (MPE) est visiblement prise de panique depuis quelques années, tandis qu’une information alternative disponible principalement (et gratuitement) sur Internet (Boulevard Voltaire en est l’indiscutable preuve vivante, depuis cinq ans d’existence) prolifère et semble faire la joie de ceux de nos concitoyens qui ont fini par se lasser du discours monocolore, uniforme, biaisé et insipide journellement déversé par la presse « mainstream ».

Attendu que la résistance s’organise peu à peu sur la Toile et les réseaux sociaux, ces médias subventionnés (par le contribuable ou la publicité) ont donc décidé de riposter par la mise en place de « décodeurs » (au Monde ou sur France Info) visant soi-disant à démêler le vrai scoop journalistique (estampillé « carte de presse ») de la fausse nouvelle forcément forgée et diffusée par les mains inexpertes des pieds nickelés de « l’ ».

Récemment, c’est-à-dire depuis les vœux d’ à la presse, cette même MPE, prenant complaisamment le relais de l’Élysée, a opportunément saisi l’occasion de vilipender les “fake news”. Toujours l’insaisissable (mais bien commode) extrême droite en ligne de mire à laquelle (on ne prête qu’aux riches) on associera bien volontiers des suppôts de et de Donald Trump.

Sur le modèle des “Bobard d’or” imaginés par le talentueux de la fondation Polemia, le président des États-Unis vient, précisément, de décerner ses “Fake News Awards” à la chaîne d’information CNN, au New York Times, au Washington Post ou encore au Time Magazine pour avoir publié des informations « fausses et malhonnêtes » dont l’objectif était de discréditer la campagne comme l’élection et les premiers mois de son mandat.

On observe que la notion de “fake news” est d’usage et de sens variables à Washington et à . De ce côté-ci de l’Atlantique, son utilisation constitue, à l’évidence, une étape supplémentaire dans la lutte ouverte (et à ) contre la presse alternative. Se profile, à terme, un contrôle étatique sévère de l’Internet destiné à étouffer toute expression dissidente.

De plus, comme le remarquait Alain de Benoist, cette notion présuppose “que les “nouvelles” sont soit vraies, soit fausses”, ajoutant qu’“en matière d’information, la vérité est qu’il n’y a pas de vérité (absolue). L’information objective n’existe pas : elle est toujours le reflet de la subjectivité de qui la fournit. Il y a seulement des journalistes qui s’efforcent d’être honnêtes, et d’autres qui ne le sont pas” (Breizh Info, 8 janvier).

L’emploi de cet affreux anglicisme n’est évidemment pas neutre, puisqu’il s’agit de susciter dans l’inconscient collectif une opinion d’autant plus négative que les “fake news” sont imputées à des ennemis politiques apparentés à la Bête immonde et plus ou moins en cheville avec l’étranger.

Or, ces “fake news” sont bien le fait des grands médias à partir du moment où, comme le soulignait Vladimir Volkoff, ils ressortissent purement et simplement à “la [qui] consiste à propager délibérément des informations fausses prétendues de source neutre, pour influencer une opinion et affaiblir un camp” (Petite Histoire de la désinformation, Le Rocher, 1999). La preuve en est que cette presse prétendument probe et vertueuse en vient même à fabriquer de fausses “fake news” en faisant passer pour telles une vidéo parodique diffusée par le FN lors de la présidentielle (dénonçant, en l’espèce, les collusions de la présidente de France Télévisions avec le pouvoir).

18 janvier 2018

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