“Il est honteux d’être sans honte”, disait saint Augustin. Il semblerait que la honte n’éclabousse pas tous les rivages théologiques.

Après une plainte pour “meurtre avec circonstances aggravantes” déposée par le père de Mohammed Merah en 2012, suite à l’exécution – inévitable, compte tenu des circonstances – de son fils à Toulouse, voici que “des avocats de femmes et d’enfants de djihadistes français récemment capturés par les forces kurdes en ont annoncé […] déposer plainte contre les autorités françaises pour “détention arbitraire” et “abus d’autorité”” (Le Figaro).

Cette initiative pour le moins obscène est ainsi justifiée par les avocats dans un communiqué : “Le Kurdistan syrien n’ayant aucune existence légale et ne disposant par là même d’aucune institution souveraine, ces femmes et ces enfants sont tous détenus sans droit ni titre.”

On passera sur les crimes – très vraisemblablement – commis par ces ressortissants sur place, qui n’ont de français que les papiers puisqu’ils abhorrent désormais tout ce que représente viscéralement la France, pour s’interroger sur la recevabilité d’une telle démarche.

Le Kurdistan syrien n’est, en effet, pas reconnu par les instances internationales, mais ce territoire se situe dans un pays souverain, à savoir la Syrie, dont le président, Bachar el-Assad, est toujours en fonction. C’est donc à la justice syrienne qu’il reviendrait de juger les actes perpétrés sur son sol par des étrangers au service d’une armée d’invasion – à savoir Daech.

Quant aux Kurdes, ils ont la légitimité de leurs sacrifices au combat et, très franchement, s’ils décidaient d’exécuter leurs impitoyables ennemis – même s’ils viennent de chez nous –, je m’en remettrais. Le gouvernement français a pour le moment tranché – mais les avis changent, pas toujours pour le meilleur – en déclarant “que les djihadistes devaient être jugés par “les autorités locales”” (Le Monde).

On ne peut vouloir le beurre et l’argent du beurre. Autrement dit, on ne saurait mettre un pays à feu et à sang et, lorsque ça tourne au vinaigre, exiger de rentrer au bercail, là où la justice est plus douce. Car, parmi les djihadistes attrapés dans les filets kurdes, il y a de gros poissons, dont “Thomas Barnouin, originaire d’Albi et proche de la nébuleuse djihadiste du Sud-Ouest, ou Émilie König, une Bretonne devenue la première femme djihadiste inscrite sur la liste noire des terroristes internationaux établie par les autorités américaines” (20 Minutes).

Il serait temps de mettre un terme à cette mascarade, qui envoie par ailleurs un signal déplorable aux viviers de l’intégrisme islamique essaimant sur notre sol. Faut-il rappeler que les djihadistes ne sont pas des braqueurs de banques ? Il y a peu de chances qu’ils se rangent des affaires. Leur rapatriement mettrait encore plus en danger les citoyens français, qui ont déjà eu leur dose.

Enfin, le djihadisme, ce n’est pas à la carte : on prend tout le menu ou rien !

18 janvier 2018

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