“Le courage, la fermeté, l’autorité de l’État, le respect des lois de la République…” Le concert de louanges adressées à Édouard Philippe par le chœur médiatique laisse pantois. La dictature molle qui s’est installée en France s’appuie sur la saturation de l’information par une pensée unique qui tend à déresponsabiliser les citoyens en leur promettant une évacuation en douceur des problèmes afin de maintenir la quiétude dans les esprits et la passivité dans la politique de l’État.

Il n’y a aucun courage mais, au contraire, une très grande lâcheté à renoncer à un projet uniquement pour éviter l’affrontement avec des groupes de gauchistes qui occupent illégalement un territoire de la République au nom d’une prétendue ZAD.

Le courage consiste à accomplir son devoir, à faire respecter une décision démocratique dans le cadre de la continuité de l’État. Celui-ci a, une fois de plus, démissionné, dans la logique du “syndrome Malik Oussekine”. Le malheureux accident de Sivens, puisque telle est la qualification qu’il faut retenir après la décision judiciaire de non-lieu, a réanimé la peur panique des autorités de devoir répondre de la mort d’un homme pour avoir voulu faire respecter la loi. C’est, hélas, une attitude qui renverse la hiérarchie de l’État de droit, dont on nous rebat les oreilles. Il n’y a pas d’État de droit lorsque le rapport de force permet à une minorité violente de s’imposer face à une majorité de citoyens qui, directement ou au travers de leurs élus, ont exprimé la volonté générale.

Il n’y a plus d’autorité de l’État lorsque celui-ci donne raison à ceux qui ne respectent pas la démocratie. L’un des “zadistes”, au milieu de la fête de la victoire de son camp, c’est-à-dire de l’illégalité, le proclamait sans vergogne : “Nous avons fait plier l’État.” Le spectacle des commentaires était, d’ailleurs, déprimant : face à la joie des gauchistes et de La France insoumise, il y avait les oubliés de la majorité silencieuse, qui s’étaient donné la peine de participer à un référendum et qui croyaient avoir décidé de la réalisation de l’aéroport. Non, ce que les élus attachés à ce territoire, ce que la majorité de la population avaient voté est effacé d’un revers de manche au nom de l’habileté politique. 51 % des électeurs de Loire-Atlantique s’étaient déplacés et avaient choisi le “oui” à 55,7 %. Vingt communes soutenaient le projet, conforté par 180 décisions judiciaires. Et on voudrait nous faire croire que la France est une démocratie ? La France est plus près d’une république bananière que de la Suisse.

Mais comment faire respecter des gouvernants qui n’ont aucune parole ? M. Macron, le matamore qui clame faire ce qu’il dit, s’était engagé, comme Édouard Philippe, d’ailleurs, à respecter le choix des électeurs. On voit qu’il n’en est rien.

Il restera la facture que paieront, comme d’habitude, les Français, y compris ceux qui seront les victimes directes de l’agrandissement de l’aéroport de Nantes, les habitants de Saint-Aignan, dont on se soucie comme d’une guigne. Il faudra indemniser Vinci, traiter la délicate question des ventes de terrains et d’immeubles déjà réalisées, la compensation des dépenses des communes impliquées dans le projet, négocier en position de faiblesse avec l’opérateur.

Sans doute le projet de était-il contestable à l’origine. Était-il vraiment nécessaire, compte tenu des chiffres actuels de la fréquentation de celui de Nantes ? Mais ce qui est sûr, c’est que la France devient incapable de mettre en œuvre les grands équipements qui ont marqué l’épopée de la DATAR (Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale). On peut s’en réjouir en y voyant un recul de l’État. On peut, au contraire, y voir l’inefficacité grandissante d’un État obèse gorgé d’élus et de fonctionnaires et incapable d’éviter les débâcles qu’entraîne sa gestion calamiteuse : après la gabegie du retrait des portiques de l’écotaxe, voici la grandiose faillite de !

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