« Il a l’énergie nécessaire » : quand Michel-Édouard Leclerc flatte Gabriel Attal

Les grands patrons français rencontrent les candidats et distribuent les bons et les mauvais points.
Capture écran BFMTV
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Alors que la campagne présidentielle vit ses premiers frémissements, les grands patrons français se sentent pousser des ailes. Soutenir ou rencontrer les candidats, examiner leur programme et leurs propositions, voilà l’enjeu du grand patronat qui cherche à savoir ce qui les attend.

Michel-Édouard Leclerc semble, lui, avoir choisi son camp. Depuis quelques mois, le patron des centres E. Leclerc laisse planer le doute quant à une potentielle candidature. Le 15 juin, il déclarait, sur CNews : « Je n’exclus pas l’idée d’être candidat à la présidentielle. […] Il faut un projet collectif à la France. C’est un commerçant qui le dit. » Sans fermer les portes d’une candidature, le dirigeant médiatique s’est affiché, ce 23 juillet, avec Gabriel Attal, en campagne pour trois jours en Bretagne. « Il a des fêlures aujourd'hui qui ont mûri et qui lui donnent une énergie particulière, a commenté Michel-Édouard Leclerc, en parlant de l’ancien Premier ministre, quelqu’un d’agréable avec qui on peut dialoguer. » Mais ce dernier assure pour autant qu’il ne s’agit pas d’un officiel soutien. « Dans mes fonctions, je n’ai pas le droit de prendre position », a-t-il justifié. « Nos régions ont du talent », a ironisé Gabriel Attal en postant, sur ses réseaux, une photo en compagnie du chef d’entreprise, un clin d’œil à la célèbre marque des centres commerciaux Leclerc. Une prise de position qui n’a pas manqué de faire réagir le RN. « Grande surface mais petit raisonnement, a raillé l’eurodéputé Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen. Ou comment ruiner son image en une leçon. »

Jean-Luc Mélenchon reçu par le grand patronat

Les grands patrons ont tenté, récemment, une approche de l’extrême gauche. Ceux-ci ont rencontré, le 29 juin, Jean-Luc Mélenchon, selon une information rapportée par Le Parisien. Ils étaient une cinquantaine de chefs d’entreprises privées mais aussi publiques, ainsi qu’une trentaine de fédérations de l’industrie, parmi lesquelles Dassault, Renault, Thalès. « Ils nous ont parlé comme si nous allions gouverner », a rapporté l’entourage du leader insoumis, qui concourt pour son quatrième scrutin présidentiel. Une rencontre exclusive qui ne suscite, paradoxalement, pas l’émoi de la classe politico-médiatique. Car a contrario, lorsque Marine Le Pen et Jordan Bardella ont partagé un repas avec des dirigeants d’entreprises au printemps, la nouvelle d’un signe de « normalisation » faisait frémir toute la bien-pensance française. Le 7 avril, celle qui entame, elle aussi, sa quatrième campagne présidentielle déjeunait avec une quinzaine de grands patrons, dont la septième fortune mondiale, Bernard Arnault, le patron de LVMH Patrick Pouyanné, le dirigeant de TotalEnergies. Le président du Rassemblement national déjeunait, quant à lui, quinze jours plus tard avec le bureau exécutif du MEDEF.

Le grand oral

Ô, surprise ! Les médias s’empressèrent de trouver des témoins affirmant être ressortis « consternés » ou « atterrés » de ces rencontres. « C’est une ennemie politique », « quand on l’écoute, on a l’impression que son programme est d’avoir une économie administrée à la soviétique ». Voilà, d’ailleurs, comment se lâchent, dans Le Figaro, sous couvert d’anonymat bien sûr, certains grands patrons en parlant de Marine Le Pen, une semaine après l’annonce de sa candidature. Dans une tribune publiée par Boulevard Voltaire et intitulée « Les vrais entrepreneurs n’ont pas peur de Marine Le Pen », le délégué général de l’UDR, Arnaud Dassier, a tenu, cette semaine, à défendre la candidate du Rassemblement national. « Qu’on ne nous dise pas que défendre la France qui travaille, c’est être "l’ennemi" de l’économie », écrit le chef d’entreprise.

Symptomatique, selon une information rapportée par RTL, le premier débat confrontant les différents candidats à l’Élysée aura lieu devant le MEDEF à Paris, le 27 août, à l’occasion des universités d’été de l’organisation patronale française. Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal et Marine Le Pen ont d’ores et déjà répondu présent à l’invitation.

Les candidats devraient s’exprimer sur différents thèmes, parmi lesquels la compétitivité des entreprises, l’emploi, la fiscalité ou encore la transition écologique. Un grand oral décisif pour chacun. Le domaine économique, complexe et nécessitant une bonne maîtrise des chiffres, est devenu, dans une situation française hautement catastrophique, un gage de sérieux et de crédibilité politique.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 26/07/2026 à 11:36.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

63 commentaires

  1. Je ne sais pas pourquoi ils s’excitent, Macron va nous faire une Zelinsky pour rester, enjamber les élections. Pour se faire il ne cesse de provoquer les Russes, fourniture de drones, d’armes, de milliards a l’Ukraine plus le piratage des pétroliers, plus la persécution des Russes en France Etc….il va bien arriver un moment ou excèdes les Russes sortirons le carton rouge et les missiles qui vont avec.

  2. Attal est surement un devin économique digne disciple du Mozart de la faillite, vu comment il a anticipé en 2024 les incendies de 2025 et 2026 par le retrait du budget alloué aux…dotations de canadair, incroyable indigence.
    Un stratège tic toc qui comme son maître, parle du sang des autres alors qu’il s’évanouirait dans une situation extrême, pour lui c’est l’extrême honte!

  3. De quoi se mêle ce Mr Leclerc ? Parce qu’il sait vendre ses conserves et tordre les bénéfices des paysans pour soi-disant en faire bénéficier les consommateurs, il donne son avis sur tout comme s’il avait la science infuse, parce qu’il a « réussi ». Ainsi, Attal, serait un bon cheval sur lequel miser ? Non, mais ! Celui qui nous a privé de 2 avions Canadair de chez « Bombardier », et dont on voit tout les jours, sur nos écrans, et pour ceux qui ont tout perdu, la faute du gouvernement, la conséquence de l’imprévision maximaliste de ceux empreints d’inexpérience, ces politiciens « gadget » et incompétents qui s’improvisent sur tout parce que leur statut de politicien leur donnerait la panacée en matière de connaissance. Je suis surpris que Mr Leclerc dont la compétence n’est pas à nier, soutienne ce genre d’individu dont le curriculum vitae envoyé au RH de Leclerc, serait aussitôt reçu, mis à la poubelle. Cependant Mr Leclerc nous les conseille ! A quel jeu joue t-il ?

  4. Deux choses. La première… : il m’agace un peu M-E.L avec ses prix toujours plus bas ( depuis le temps, ils devraient être donnés ses produits à force de baisser continuellement …). Blague à part, si on l’écoutait, il ferait TOUT ( pharmacie, boulangerie, médecines etc quitte à ruiner, lui et les « autres », nos centre-ville ( c’est déjà le cas ). De plus, les petits producteurs s’en sortent t-ils avec ces mastodontes qui tirent au maximum sur les faibles également ! ? Ceci dit, j’avais entendu, il y a quelques mois, un propos appréciable de Marine Le Pen ( elle en a été critiquée ) ; expliquant qu’elle gouvernerait la France, pour les Français et non telle ou telle catégorie ( qui sera prise en compte, puisqu’il s’agit de la France ). Aller se présenter au patronat et à untel etc est curieux. Naguère ( lorsque ça tournait rond question entreprises ) le Général, par exemple, ne recevait ni n’allait « voir » les patrons pour leur faire des promesses…

  5. La France n’est plus un pays de production mais de consommation , et donc ceux qui font perdurer le système sont les chouchous des entreprises de la grande distribution .
    Pardoxalement , alors que l’on produit de moins en moins , on invite de plus en plus de gens à la table .
    Ils sont invités à travailler ou consommer ?

  6. Voilà deux personnes qui doivent bien s’entendre.

    On se demande bien comment ce Monsieur Leclerc bouclerait ses fins de mois sans la clientèle de ces millions d’immigrés, qui achètent « pas cher », ne travaillent pas, et ne vivent en France qu’avec les prestations sociales que leur versent les amis de Monsieur Attal.

  7. Il nous manque plus d’avoir ce guignol comme prétendant au trône !! un des fossoyeurs de notre agriculture
    et de notre industrie alimentaire …; Connaissez vous des patrons de ses centres dans le besoin ? Lui se présente comme un simple DG mis en place par les adhérents au groupe ….Les médias avides de de l’avoir comme client pour leurs pubs sont aux ordres pour le recevoir en grandes pompes et le présenter comme le messi ….;

  8. La stratégie, très commerciale comme à l’habitude, de M. Leclerc semble, ici, pour le moins discutable et il faut, en effet retenir l’image de « grande surface et petit raisonnement »…quant au sens du vent, on devrait pourtant ne pas avoir à le rappeler à un Breton, non ?

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