[LIVRE] Jean Raspail : la bio qui lui rend justice
S’il est une idée reçue que Philippe Hemsen s’est employé à démolir dans sa biographie Jean Raspail, aventurier de l’ailleurs (Éditions Albin Michel), c’est bien celle que la critique, à gauche essentiellement, cherche à tout prix à imposer concernant l’intention supposée raciste qui aurait présidé à l’écriture du Camp des saints (Éditions Robert Laffont).
Au-delà des quelques pages qu’il y consacre spécifiquement, la description que l’auteur fait du Raspail découvreur passionné des peuples disparus ou en voie de l’être suffit très largement à convaincre le lecteur néophyte de l’absurdité de la thèse et de l’absolue mauvaise foi de ses propagandistes. De cette entreprise malsaine, et finalement diffamante, rendons grâce à Erik Orsenna d’avoir dit les mots qu’il faut dans la préface de l’ouvrage.
Tout le contraire d’un raciste
Et laissons - à tout seigneur tout honneur - le dernier mot à l’intéressé lui-même. Blessé mais aussi excédé par les attaques qui redoublent au fur et à mesure que les faits vérifient la prémonition du Camp des saints, Raspail, las de tant de bêtise et de méchanceté, vide sa bile, en 2011, dans Le Figaro Magazine : « J'ai 86 ans, je n’ai plus rien à perdre. Il y a partout des crétins, beaucoup font du racisme primaire, odieux. J’ai commencé ma carrière comme explorateur. On ne voyage pas énormément, comme je l’ai fait, on n’écrit pas une bonne dizaine de livres sur des peuples en ayant une démarche raciste, ce serait complètement idiot. »
Or, la vérité de Jean Raspail, comme le décrit bien Philippe Hemsen, est dans cette âme d’explorateur que laissait déjà deviner un adolescent fugueur. Elle est dans l’esprit du scoutisme qui l’habite, nourrie déjà d’envies de voyages et de découvertes. Elle est bien vite, ensuite, dans l’étonnante volonté d’un tout jeune adulte de partir à l’aventure, au-delà des contrées familières. À faire plus de 4.500 kilomètres en canoë en Amérique du Nord, puis à en parcourir 35.000 autres en camionnette pour sillonner le Nouveau Monde de la Terre de Feu jusqu’en Alaska. Avec, toujours, cette curiosité, nourrie de fascination, pour des terres souvent inhospitalières et pour les peuples autochtones, certains disparus, d’autres y survivant encore, et qu’il admire pour cela.
Elle est encore dans un irrésistible attrait pour la mer, cet autre ailleurs, que Jean Raspail aura passé sa vie entière à parcourir. Non pas un ailleurs comme fuite, mais comme retrouvailles, au contraire, avec lui-même.
Une quête d’aventure qui est une quête de soi
Et cette quête lui était d’autant plus indispensable, Philippe Hamsen le perçoit bien, que l’aventurier-écrivain s’éloigne progressivement de Dieu, de l’ardente foi qui l’animait dans sa première jeunesse. Il n’y a aucun rejet dans ce retrait de la pratique religieuse, juste une sorte d’incapacité consciente à la vivre pleinement. De la même façon, le Jean Raspail écrivain a vite estimé ne pouvoir faire de la politique, même si sa vision du monde l’a incité à fréquenter des personnalités et organisations que la vie a mis sur son chemin. Aventurier avant tout, le « consul général de Patagonie » pouvait-il d'ailleurs être autre chose qu’un compagnon de route ? Mais cela, il l’a été, sincèrement, avec force et fidélité : compagnon de la tradition catholique, compagnon du royalisme, aussi. Et encore compagnon en amitié car, bien qu’ayant un côté solitaire, il a toujours été, et je peux en témoigner, d’un contact agréable.
Pour sa qualité, sa richesse et, plus encore, pour la justesse de son regard, cette biographie mérite d’être lue. Elle ne peut d’ailleurs qu’inciter à lire ou relire Jean Raspail, ce qui est, faut-il le rappeler, un acte de salut public autant que personnel.
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18 commentaires
Et n’est-ce pas ce coté « visionnaire » qui gène, qui dérange, qui inquiète ces politicards d’aujourd’hui, qui sont bien incapables de regarder en face la réalité de ce sujet qui les dépasse ?…
Ils sont débordés, en même temps qu’ils laissent ce pays déborder par cette immigration qu’ils ne savent même plus contrôler, et qui nous conduit aux mêmes risques relatés dans « Le camp des saints »…
Il est grand temps de se séparer d’eux, et de les remplacer par d’autres esprits qui ne guériront pas spontanément le mal, mais qui au moins, le freineront. 2027 arrive, aux armes [urnes] citoyens !!!
Un grand écrivain .
Formidable écrivain, au style inimitable, un visionnaire en matière d’évolution sociétale ; sans préférer « Le camp des saints », lus dans les deux éditions, c’est celui qui a retenu l’attention du plus grand nombre par l’acuité du regard porté sur notre civilisation.
Et en matière d’IA, dont le développement anarchique étonne et effraie tant de monde, pourquoi n’a-t-on pas, la aussi, mieux lu les grands auteurs du milieu du siècle dernier ? RASPAIL avait vu juste en matière d’immigration, eux ont anticipé magistralement l’évolution de l’IA, et ce n’est guère rassurant.
Michel PONIATOWSKI alors excellent et compétent Ministre de l’Intérieur de Valéry Giscard d’Estaing, avait été tellement impressionné par ce roman prémonitoire de Jean Raspail « Le Camp des Saints » qu’il l’offrait à beaucoup de ses visiteurs en 1974!
Michel Poniatowski, de par sa fonction, avait bien compris les enjeux et les menaces que constituaient le regroupement familial et une immigration de masse.
Michel Poniatowski souhaitait ainsi éveiller les consciences sur cette invasion migratoire qui pourrait bien nous emporter …
Ce ne fut hélas pas suffisant avec l’arrivée au pouvoir de la Gauche en 1981!
Et oui! Avec le Camp des Saints, Mr Raspail avait juste 50 ans d’avance. Comme il le dira lui-même quelques années avant sa mort, il ne s’était trompé que sur l’origine des migrants (qui viennent du Bengale dans le roman), mais que les conséquences du roman furent, hélas, conforme à la réalité depuis les années 1990.
Si je ne m’abuse, il me semble que lors de son décès il n’y a pas eu un seul mot du ministre de la culture de l’époque, ni du président de la République bien sûr, ils ne sont jamais habituellement avares de propos laudatifs pour des écrivains ne lui arrivant pas à la cheville ! PNG
En réalité le Camp des Saints n’est pas tant une critique de l’immigration, que l’affligeant tableau de la lâcheté des élites. Et depuis son écriture, c’est de pire en pire !
Raspail était visionnaire , je conseil vivement à lire son ouvrage , le Camp des saints , il y est écrit exactement ce qui nous pend au nez de nos jours. Dommage que beaucoup de nos français n’ont pas conscience de ce qui nous attend .
La vérité dérange les utopistes qui tiennent le haut du pavé médiatique et politique. Jean Raspail en a été victime comme d’autres : Philippe Seguin, Philippe Devillers, Jean Marie Le Pen ( si l’on excepte ses propos antisémites), Eric Zemmour, Jean Pierre Chevènement et d’autres encore
Raspail raciste? Il suffit de lire » Qui se souvient des hommes » et tout est dit.
J’ai fait lire ce livre ( témoignage) à mes 3 enfants. Je conseille également » Moi Antoine de Tounens Roi de Patagonie » ,
« Sire ». Oui comme le dit Étienne Lombard , lire Jean Raspail c’est un acte de salut public.
Raspail diabolisé par le crétin et c’est pas ça qui manque … surtout lorsqu’il s’agit d’un écrivain de valeur qui dérange et qui est autrement plus intelligent que ses détracteurs, les imbéciles.
Raspail fut comme tant d’autres un lanceur d’alertes qui a eu raison trop tôt. Que ne les a t’on écoutés nous n’en serions pas là où nous ont conduit 50 ans de laxisme et de soumission.
Lisez et relisez Raspail , il avait raison , bien avant les autres .
En ces temps d’imposture, dire la vérité est un acte de révolutionnaire ! Quant un régime politique tombe en pourriture il devient corrupteur. Sa décomposition perd tout ce qui l’approche. (C. Maurras)
« Le camp des saints » est d’autant plus intéressant à lire qu’aujourd’hui il ne serait plus possible d’écrire ce qu’y dit Jean Raspail.
En effet , lorsqu’il y a quelques années son éditeur a voulu rééditer le livre , son avocat lui a vivement conseillé de n’y rien modifier : Raspail voulait effectuer quelques corrections de détail, et notamment changer le nom d’un pape Benoît XVI qu’il avait inventé bien avant que le Cardinal Ratzînger ne choisisse ce nom une fois élu sur le trône de St Pierre.
Raspail voulait donc changer ce nom pour éviter toute confusion.
Or changer ce nom … en faisait juridiquement un nouvel ouvrage, lequel tombait de ce fait sous la censure des lois Toubon et Gayssot. Et selon l’avocat, qui pour l’occasion avait relu le livre, près de 170 (on a bien lu!) phrases du livre initial tomberaient désormais sous le coup de la Loi nouvelle.
Le livre fut donc réédité dans son écriture initiale .,. pour éviter d’être censuré, avec mention d’un faux Benoît XVI !
Je cite cette anecdote pour rappeler à quel point la liberté d’expression a été bridée depuis 40 ans.
Et ce n’est pas la nouvelle Loi en préparation (soit-disant pour traquer les fake-news) qui renversera ce courant liberticide.
Sic transit gloria mundi !
Il faut absolument lire – ou relire – « Le camp des saints », livre prémonitoire (et passionnant) sur ce qui nous attend dans les années à venir. Aussi prémonitoire sans doute que le « Soumission »
de Michel Houelbeck.
Deux très belles lectures en toute hypothèse pour les vacances …
lectures déprimantes malheureusement… quand la fiction devient réalité à ce point là !
Je pense que l’île de Robert Merle , serait aussi à lire pour les tiedes