Cela fait juste dix ans que Marine Le Pen est présidente du parti fondé par son père. En cinquante ans, le FN/ est parvenu à devenir un grand parti politique :

– il s’est enraciné dans le paysage ;
– il a des leaders identifiés, un programme clair ;
– il possède en son sein des gens de qualité ;
– il a une capacité à dire des vérités et une stratégie pour la France.

Cependant, ce grand mouvement populaire nage toujours entre deux eaux : celles du mouvement contestataire et celles du parti de gouvernement. Il manque de stabilité, de relais, compliquant la conquête et l’exercice du pouvoir :

– les départs se multiplient depuis dix ans, privant le parti de talents et donnant l’image d’une structure désorganisée ;

– le ne semble, de surcroît, pas en mesure de placer demain les profils maîtrisant la machine d’État ; il n’a pas assez la culture de gouvernement ;

– il n’a pas la culture des alliances, essentielles pour conquérir des exécutifs ; il méprise la droite et ses alliés (SIEL, PCD, LMPT, etc.) alors que tous les alliés et modèles du se disent de droite. Le RN se pense comme un adolescent, avec des options romantiques mais abstraites (rapprochement avec une gauche souverainiste disparue), et non comme un adulte faisant des choix rationnels, à savoir s’assumer (pas de gauche), se rapprocher de ceux partageant ses idées (immigration, sécurité, etc.) et arrêter de faire de manière contre-productive la danse du ventre devant ses ennemis (politiquement correct, antiracisme, culture LGBT). Il doit savoir qui il est, où il est, et définir ses amis et ennemis ;

– il n’a pas d’intermédiaires, de liens au sein de la société civile ; or, pour gouverner, il faut s’appuyer sur les forces vives de la nation et leur faire connaître son discours ;

– le parti est en permanence suspendu à un chef tout-puissant, n’a pas en interne une culture partisane, avec des contre-pouvoirs, des personnalités fortes, des fédérations puissantes et actives. Cela permettrait des débats internes et le rassemblement plutôt que les purges et les affrontements fratricides ;

– le RN doit réussir à s’enraciner et à se stabiliser au point qu’il y ait un intérêt, pour les élus et militants, à rester et à évoluer en son sein afin de grandir en compétences, et pas laisser des talents et compétences le quitter pour recommencer avec de nouvelles personnes.

Si les autres partis sont en déclin, ils ont encore des restes leur donnant quelques forces : élus locaux, relais divers, maîtrise de l’appareil d’État.

Le RN doit convaincre de sa capacité à gouverner efficacement et sereinement. Il doit prendre conscience de ses faiblesse pour s’améliorer et se rapprocher d’autres mouvements qui lui sont complémentaires afin de créer un attelage harmonieux (au RN les militants et la cohérence programmatique, aux autres la connaissance technique et l’implantation électorale). Sans cette évolution du RN, parti incontournable dans la vie politique, ce sera la gauche, mondialiste et antisociale, qui continuera son œuvre destructrice de la France et des libertés.

17 janvier 2021

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