Les sondages sont censés être le reflet de l’opinion du jour, mais l’opinion de demain se construit en partie sur les sondages d’aujourd’hui. Sauf pour les inconditionnels de tel candidat ou telle candidate qui ont leur opinion toute faite. En revanche, pour ceux qui raisonnent plus en fonction de la défense d'une cause - faire gagner les idées de gauche (mais qu’est-ce que la gauche aujourd’hui ? La gauche sociale a quasiment disparu pour laisser la place à la gauche sociétale) ou les idées de droite (mais qu’est-ce que la droite aujourd’hui ? Celle qui votera Macron au second tour plutôt que Marine Le Pen ou Éric Zemmour ?) -, les sondages peuvent influencer leur choix selon le principe du vote utile. Tout cela pour dire qu’actuellement, c’est une lapalissade de le constater : nous sommes dans un moment d’incertitude et tout peut et va évoluer très vite dans les prochains jours, les prochaines semaines.

Cependant, actuellement, quelles grandes tendances se dessinent ?

Emmanuel Macron semble assuré de sa qualification au second tour, avec environ 25 % d'intentions de vote, même si les derniers sondages révèlent une certaine érosion. Nous sommes le 20 janvier 2022. Mais faisons un peu d’histoire. À la même époque, fin janvier 1995, Édouard Balladur était donné à 32 % quand Jacques Chirac capitalisait 18 % des intentions de vote. On connaît la suite… Les circonstances sont aujourd’hui, bien évidemment, différentes (mais aucune élection ne ressemble à une autre élection…), mais cela devrait inciter les liseurs de bonne aventure sondagière à une certaine prudence quant à la suite des événements.

Derrière le Président sortant, selon le sondage quotidien de l’IFOP-Fiducial pour LCI, Paris Match et Sud Radio, Marine Le Pen et Valérie Pécresse se « tirent la bourre », aux alentours de 17 % (le score de Chirac en 1995 à la même époque…), avec une très légère avance pour Marine Le Pen, et ce, il faut le souligner, dans la marge d’erreur.

Quant à Éric Zemmour, il semble pour l’instant avoir décroché du peloton de tête avec 12-11,5 % des intentions de vote, talonné par Mélenchon autour de 10,50 %. Le risque que le leader de Reconquête soit dépassé par le patron des Insoumis n'est pas nul, si le vote utile de gauche, face aux candidatures microscopiques et façon puzzle de ses ex-petits camarades de gauche (saluons Montebourg qui vient de rendre les armes) venait à jouer. Les ralliements de l’eurodéputé RN Jérôme Rivière ou de Damien Rieu permettront-ils à Éric Zemmour de rattraper le peloton de tête ? On peut en douter, compte tenu de leur faible notoriété chez le grand public. Les prochains jours le diront. Une fois encore, souvenons-nous de l'hiver 1995 et des grands moments de solitude traversés par Jacques Chirac, abandonné en rase campagne par nombre de grands hiérarques du RPR, autrement plus connus du grand public qu’un Jérôme Rivière ou un Damien Rieu.

Aujourd'hui, la majorité des commentaires se polarise sur les intentions de vote du premier tour. Cependant, il n’est pas inintéressant d’observer l’évolution des intentions de vote du second tour. Ainsi, Emmanuel Macron est donné gagnant à 54,50 % face à Marine Le Pen. En 2017, toujours en janvier, le leader d’En Marche était donné gagnant à 64 % contre la patronne du Front national, un pronostic qui se rapprochait de ce que fut le résultat du 7 mai 2017 (66,10 %). La progression est donc notable pour Marine Le Pen. Face à Valérie Pécresse, aujourd’hui, le Président sortant est donné gagnant à 54,50 %. Le même score que face à l'ancienne présidente du RN ! En 2017, toujours à la même époque, François Fillon, déjà dans la tourmente, était donné perdant face à Emmanuel Macron dans un écart moins grand (52-48 %).

Quels enseignements en tirer ? Que Valérie Pécresse, en 2022, qui n’a pas les casseroles de Fillon, ferait moins bien que l’ancien Premier ministre de Sarkozy face à Macron en 2017. Mais surtout, que, désormais, Marine Le Pen fait jeu égal avec Valérie Pécresse dans les intentions de vote de ce second tour. En clair, qu’elle est tout aussi crédible que la présidente de la région Île-de-France pour faire face au Président sortant et qu’elle peut ainsi capitaliser sur sa capacité de rassemblement. À la différence, à ce jour, d’Éric Zemmour qui n’a jamais atteint les 40 % d’intentions de vote dans les sondages étudiant l’hypothèse d’un second tour Macron-Zemmour. Mais il est vrai que les sondages ne sont que le reflet de l’opinion du jour...

20 janvier 2022

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