Audio - Editoriaux - Entretiens - International - Politique - 27 janvier 2020

Marie d’Armagnac : « Une défaite relative car c’est la première fois que la coalition de centre droit fait un score aussi élevé dans cette région qui est la plus rouge d’Italie »

Dimanche, la coalition de centre droit, dans laquelle figure la Ligue de , n’a pas réussi à arracher un bastion de la gauche en , l’Émilie-Romagne (à gauche depuis 1945). Marie d’Armagnac, auteur de Matteo Salvini, l’indiscipliné, livre son analyse à Boulevard Voltaire.

Mattéo Salvini était attendu victorieux aux élections régionales en Émilie-Romagne.
Pourquoi l’Italie était-elle suspendue aux élections régionales ?

Salvini a vraiment polarisé cette élection sur sa propre personne. Il essayait de faire bouger les événements et espérait qu’une victoire de la gauche dans ce chef historique qu’est Émilie-Romagne pourrait éventuellement provoquer de nouvelles élections législatives. Il y a tout intérêt puisque les derniers sondages qui concernent les élections nationales mettraient la coalition de centre droit en tête, et plus particulièrement la Ligue comme premier parti politique d’Italie.

Dans tous les cas, c’est un échec puisque la Ligue n’a recueilli que 43 % des suffrages…

C’est la coalition de centre droit qui a remporté 43 % des suffrages. C’est effectivement une défaite puisque l’Émilie-Romagne qui est aux mains de la gauche depuis 1945 reste à gauche. Cette défaite est relative, parce que c’est la première fois que la coalition de centre droit fait un score aussi élevé dans cette région qui est sans doute la plus rouge d’Italie. C’est certes un pari manqué, mais la barre était posée assez haute.
En ce qui concerne les résultats parti par parti, la Ligue arrive juste derrière le parti démocrate qui est à 32 % et la Ligue à 31 %. Une vraie semence est donnée à la gauche dans ce bastion historique de la gauche. Pour l’instant, cette région reste gouvernée par une coalition de gauche.

Le mouvement 5 étoiles s’est totalement effondré. Ce mouvement est qualifié de gauche souverainiste. Il avait gouverné avec Mattéo Salvini et avait supprimé cette coalition au profit des démocrates italiens. En Émilie-Romagne, ce mouvement a-t-il quasiment disparu ?

C’est une donnée intéressante qui n’est pas mineure. Dans ce contexte particulier, on pense que le vote des électeurs du mouvement 5 étoiles n’est pas du tout allé vers le parti 5 étoiles, mais vers le parti démocrate. Dans ce cas, c’est le vote utile qui a joué. Il est tout de même possible que le mouvement 5 étoiles ait payé son alliance gouvernementale avec le parti démocrate.


Suite à ces élections, on dit que le mouvement était au bord de l’implosion.
Qu’en est-il réellement ?

Le mouvement est effectivement en difficulté. Il a été tiraillé de mouvements contraires. La base n’a pas très bien digéré cette alliance gouvernementale avec le parti démocrate qui est quand même le parti ennemi de toujours du parti 5 étoiles. Le parti 5 étoiles est une formation qui s’est construire en opposition au parti démocrate. Par conséquent, cela passe mal. Il y a également eu la démission de Luigi di Maio, le chef politique du mouvement 5 étoiles. Cette démission est intervenue quelques jours avant le scrutin.

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