L’EM Lyon « Business School », intitulé quand même beaucoup plus chic que « école de commerce », est la quatrième plus ancienne école supérieure française de la discipline, et se voit classée régulièrement dans le quinté des meilleures.

On pensera qu’en cette période difficile, ses étudiants ont à cœur de plancher sur les innombrables difficultés à venir de nos entreprises, que Marc Rousset nous exposait récemment : faillites, retour des charges, consommation faible, voire catastrophique pour le tourisme, l’aérien et la restauration, etc.

Eh bien, pas du tout : pour trois élèves au moins, le sujet urgent sur lequel il viennent de publier un manuel de sensibilisation, c’est le sexisme en entreprise !

« Tout commence par un stage aux États-Unis, effectué par Camille et Agathe au sein de la même société », nous apprend Madame Figaro. (Pour se faire déconstruire le cerveau, il n’y a effectivement pas mieux, en ce moment, qu’une université américaine).

Figurez-vous que nos deux héroïnes vont y subir une suite de sévices, à côté desquels les fantasmes d’un Fourniret sont du niveau de Martine à la plage : « Tu pourrais vraiment être une bombe si tu y mettais du tien » ou « Ah bah, il est transparent, ton tee-shirt blanc » ou encore des clients lançant au maître de stage « Tu es bien entouré ! »

On mesure le niveau des souffrances endurées chez Trump par ces épigones de Lucie Aubrac, et on ignore si une cellule de soutien psychologique a dû être mobilisée pour leur faire atteindre la résilience. Mais heureusement, l’écriture est une thérapeutique éprouvée pour amortir de tels chocs.

C’est ainsi que, de retour au pays, dans un état proche d’ex-otages de Daech, et aidées par Simon – probablement un mâle blanc, mais personne n’est parfait -, elles se sont attelées à un grand œuvre d’une exceptionnelle originalité, le Petit manuel du sexisme en entreprise et comment le combattre, sujet sur lequel chacun sait qu’aucune féministe, avant elles, n’avait eu le cran de se pencher.

Le guide contient, par exemple, une pyramide du sexisme en cinq niveaux d’agressions, partant des outrages sexistes et au sommet de laquelle se trouve le viol. Quelle belle découverte ! La créativité de ce hardi parallèle avec le Code pénal, dans lequel on part des voies de fait pour culminer avec l’assassinat, laisse béat d’admiration… Bien sûr, un compte Instagram « Balance ton stage » a été lancé dans la foulée, fin juillet, et compte déjà plus de 3.900 abonnés.

Nous voici rassurés, la croissance et l’avenir de nos entreprises sont en de bonnes mains.

À lire aussi

Purée de nous autres : Enrico Macias quitte la France si Marine Le Pen est élue

Mais ouf ! on n’en est pas encore là... …