Manifestation anti-RN : tabou chez les commerçants attaqués

antifas

Depuis l’annonce des résultats des élections européennes et celle de la dissolution de l'Assemblée nationale, les manifestations se multiplient dans les grandes villes de France pour protester contre la montée du Rassemblement national. Elles ont tendance à dégénérer. Chaque manifestation (ou presque) apporte son lot de dégradations.

Toulouse, du mobilier urbain a été saccagé, des poubelles incendiées, des distributeurs de billets vandalisés et des commerces tagués. C’est le cas du restaurant Andiamo, situé avenue Paul-Séjourné, dans le quartier des Amidonniers. Dans la soirée du lundi 10 juin, des manifestants ont pris pour cible l’établissement. Les dégradations ont été limitées, puisque seul son rideau métallique a été tagué. Interrogé par BV, le restaurateur dit ne pas comprendre « que l’on vienne taguer des commerces ». Pour lui, « il y a d’autres moyens de revendiquer ses idées ». Il laisse entendre que la dégradation de biens publics, d'Abribus™ ou autres panneaux d’affichage serait plus légitime car elle permet « au message d’aller jusqu’en haut ». En définitive, ce qui le préoccupe le plus, « c’est que ça n’arrive pas en plein service ». En résumé, il est « de tout cœur » avec les manifestants et, tant que « cela ne touche pas à son business », il se moque pas mal des méthodes employées.

Des commerçants attaqués…

Dans le quartier, son point de vue est partagé. Quelques mètres plus loin, une agence immobilière, elle aussi taguée, n’est pas capable de dire si les inscriptions présentes sur son rideau de fer datent de ces deux derniers jours ou si elles sont plus anciennes. La gérante confie : « Nous sommes sur le trajet des manifestations, donc ça arrive souvent. » Elle précise : « C’est pour ça que nous avons mis un volet. » Lors des manifestations des gilets jaunes, l’agence s’était fait fracturer sa vitrine. Grâce au rideau métallique, cela n’arrive plus et les révoltes, aussi violentes soient-elles, passent inaperçues. Aux Amidonniers, les commerçants ont fini par s’habituer. Manifestations et dégradations sont devenues normales, voire banales.

À moins que ce ne soit l’objet de ces derniers mouvements de protestation qui rende ces acteurs de l’économie locale si laconiques ? Les réponses des personnes interrogées dans les autres villes de France pourraient le laisser penser. À Bordeaux, une employée du Starbucks du cours Victor-Hugo rapporte les faits : « Les manifestants ont lancé des cailloux sur la vitrine. Hier, nous sommes restés fermés pour tout nettoyer. » Elle ne fera aucun commentaire supplémentaire.

…mais pas révoltés

Même chose à Rennes, où une employée de l’agence immobilière Square Habitat du boulevard de la Liberté, dont les vitrines ont été brisées, ne dira rien de plus que : « Les vitrines ont été taguées et cassées, mais elles n’ont pas lâché ». Les agents peuvent travailler normalement, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Au quatre coins de l’Hexagone, le sujet semble crisper. Les commerçants craignent-ils d’être traités de « fachos » s’ils dénoncent les agissements des vandales ? Ont-ils peur des représailles ? Soutiennent-ils la cause en dépit de ses conséquences ? Difficile à dire, tant les personnes interrogées sont restées évasives. Dans le monde politique, Éric Ciotti et d’autres ont montré que le cordon sanitaire autour du RN était bien usé. Dans la société civile, il semble encore avoir de beaux jours devant lui, en public en tout cas, car dans le secret de l'isoloir, les Français savent passer outre.

Vos commentaires

34 commentaires

  1. Avant l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, il existait une loi qui rendait responsable des degradations les organisateurs des manifestations, c’etait une bonne loi qui faisait réfléchir. Mitterrand en arrivant au pouvoir l’a supprimé. Ce serait bien de la remettre au gout du jour.

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