Editoriaux - Santé - 7 août 2019

Maladie d’Alzheimer : à défaut de traitement, un test de dépistage

De même qu’on dit frigidaire pour réfrigérateur et mobylette pour cyclomoteur, on a tendance à regrouper sous le terme de maladie d’Alzheimer toutes les démences dégénératives souvent dues à l’age. Avec le vieillissement de la population, ces démences affecteraient environ un quart de la population ; parmi celles-ci, la maladie d’Alzheimer représente 70 % des cas.

Cliniquement, la maladie d’Alzheimer ressemble aux autres démences : pertes de mémoire, troubles mnésiques, troubles de l’humeur, désorientation temporo-spatiale, isolement du monde réel puis, finalement, non-reconnaissance de son entourage et de ses proches.
Si l’on s’en réfère uniquement à ces symptômes, il est bien difficile de différencier la maladie d’Alzheimer des autres démences dégénératives.

Ce qui différencie la maladie d’Alzheimer des autres démences se situe au niveau histologique, avec l’accumulation, dans le cerveau des personnes, d’atteintes de protéines particulières ; cependant, on a découvert que certaines personnes porteuses de ces plaques amyloïdes n’étaient pas atteinte de démence ! Le sujet est donc complexe.

Quant aux traitements actuels, ils brillent surtout par leur inefficacité à enrayer l’évolution de la maladie et par la présence d’effets secondaires parfois extrêmement gênants.

Certaines équipes scientifiques ont montré qu’il pourrait y avoir un lien entre l’accumulation de ces protéines toxiques et une bactérie responsable souvent d’infection bucco-dentaire. Ils ont donc cherché à établir un test diagnostic de la maladie à partir de la découverte de cette bactérie dans le liquide céphalo-rachidien. Ce test est, pour l’instant, au stade de la recherche.

Plus intéressant et plus facile à réaliser semble être la piste d’un dépistage sanguin de la maladie sur laquelle travaille des scientifiques américains, britanniques et espagnols. Leurs études actuelles portent sur le dosage, dans le sang, des bêta-amyloïdes constitutifs de ces plaques toxiques au niveau neuronal. Toute la difficulté consiste à faire la différence entre les bêta-amyloïdes normaux et ceux d’origine pathologique pouvant être des marqueurs de la maladie d’Alzheimer.

Les chercheurs américains ont récemment fait état de leurs travaux et estiment qu’ils sont capables d’identifier des modifications pathologiques de type Alzheimer avec une précision de 94 %, ce qui permettrait une identification de la maladie vingt ans avant qu’apparaissent les premiers symptômes (France Info du 6 août dernier).

Cette maladie étant largement répandue dans la population et très médiatisée, le marché est énorme et la compétition entre les labos pour mettre au point un test fiable bat son plein.

Hélas, le diagnostic étant posé, nous resterons sur notre faim, car il n’existe aucun traitement pour l’instant.

Cependant, un diagnostic précoce, même sans traitement médicamenteux, serait une bonne avancée dans la prise en charge de ces patients pour lesquels un environnement adapté à leur pathologie est absolument nécessaire, et permet parfois de retarder l’évolution de la maladie et la mise en institution spécialisée.

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