Le coach de la France n’avait pas l’air content. Il a bien remis des croix de la Légion d’honneur et du Mérite. Décorer les médaillés olympiques sous les lambris de l’Élysée, c’est un plaisir qui ne se refuse pas. avait lancé la coutume, les autres Présidents ont suivi depuis : le ruban rouge pour l’or, le bleu pour l’argent et le bronze. Mais il ne pouvait pas faire comme les autres, se contenter de dire des choses gentillettes, du style « C’est vous les meilleurs ! », qu’on aura oubliées sitôt la cérémonie terminée, la coupe de champagne et les petits fours engloutis.

Non, lui, il a la culture du résultat. C’est le côté start-up nation. « Les résultats sont là mais des progrès restent possibles. Le bilan global de ces Jeux olympiques n’est pas tout à fait au niveau que nous attendions. On sait que, sur certains sports, il est même mitigé. Et on ne peut pas construire une réussite si on ne se dit pas les choses en vérité. » N’aurait pas fallu grand-chose pour qu’il leur dise : « Bande de nases, vous avez été nuls. Je ne sais pas ce qui me retient de remballer toute ma quincaillerie et de vous renvoyer dare-dare à l’entraînement. » Visiblement, il a fait un effort. Mais l’idée y était un peu. Là, tout de suite, l’athlète qui n’est que médaillé de bronze se dit que le coach est quand même dur avec lui. Des années, tout de même, qu’il en bave matin, midi et soir pour décrocher une médaille. Et avec lui, les entraîneurs, les clubs, tous ceux qui ne monteront jamais sur le podium. Bon, se prendre une remontée de bretelles dans l’atmosphère ensuée du vestiaire, loin des regards étrangers, passe encore, c’est même le jeu. Mais là, devant tout le monde, la télé, les copains, la famille, franchement, c’est pas très sympa. Pour paraphraser Boris Vian, on n’est pas venu pour se faire engueuler, on est venu pour se faire décorer et voir le roi de Zanzibar, non ? Mais il est comme ça, le roi de Zanzibar – pardon, le coach : cash. Rappelez-vous : le 13 juillet 2017, il avait passé une avoinée au général de Villiers devant tout le gratin en grande tenue, qu’il s’en souviennent encore tous ces képis et casquettes à feuilles de chêne.

Les résultats sont là mais des progrès sont possibles… Le bilan global n’est pas tout à fait au niveau que nous attendions… Il est même mitigé. Et on ne peut pas construire une réussite si on ne se dit pas les choses en vérité. Les Français auront bientôt l’occasion de dire les choses en vérité à Emmanuel Macron. Pas dans le vestiaire mais dans l’isoloir.

15 septembre 2021

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