Editoriaux - International - 30 décembre 2019

Lutte contre l’islamisme au Sahel : mettre le paquet

En décembre 2019, deux terribles attaques islamistes viennent à nouveau d’endeuiller le Niger et le Burkina Faso, pays amis. Terribles par la puissance employée, par le nombre de victimes (près de deux cents) : militaires impuissants décimés, femmes, enfants, presque tous de confession musulmane. L’attaque du Burkina a eu lieu le 24 décembre, ce qui, dans ce pays à 50 % chrétien, où le christianisme progresse, ne peut être un hasard. Pourtant se déroulent, au Sahel, depuis quelques semaines, des critiques et même des manifestations contre la France et contre la présence de l’armée française. Or, en cinq ans, deux cents familles de militaires français ont souffert des blessures et, pour 48 d’entre elles, de la mort d’époux, fils, pères, frères. Désormais, des voix s’élèvent en France même pour un abandon total du Sahel.

La France est la seule puissance à être pleinement impliquée dans cet effort de solidarité fraternelle, payé non seulement au prix du sang mais dont les coûts, notoirement très sous-évalués, se montent à 1 milliard d’euros par an (656 milliards de francs CFA : l’équivalent du tiers du budget du Burkina). Or, dans des manifestations haineuses et certains éditoriaux, la France est suspectée (au choix) d’inefficacité, de duplicité ou tout simplement de tirer des avantages économiques ou géopolitiques de la situation. Mais personne n’est en mesure d’indiquer lesquels. Dans une Afrique de l’Ouest dont les mines et les puits de pétrole sont aux mains d’Anglo-Saxons et de Chinois, qui roulent en véhicules japonais et coréens, dont les fournitures industrielles proviennent d’Asie, le BTP aux mains des communistes chinois, quels sont (si l’on excepte les transports de Bolloré) ces intérêts économiques que la France défendrait ? Et si, au lieu de toutes ces méchantes calomnies, c’étaient simplement l’empathie et la solidarité de la République et du peuple de France qui s’exprimaient ?

Ces manifestants antifrançais auraient-ils souhaité que Bamako tombe aux mains des islamistes pour subir le même sort que celui de la Syrie du Khalifat, de Tombouctou occupée, des zones aux mains de Boko Haram, dont les chefs se constituent des harems de fillettes enlevées ? Souhaitent-ils qu’il en soit de même à Niamey et Ouagadougou ? Faut-il encore rappeler, à ceux qui sont dépourvus d’esprit, que les mouvements islamiques sont partout partisans de régimes monstrueux, génocidaires, coupables de crimes contre l’humanité les plus graves qui soient ? Les parents de nos soldats de devoir accepteraient-ils les sacrifices qu’on leur demande pour de vils intérêts ? Accepteront-ils la diffamation de leur angoisse ? Depuis trois ans, les attaques djihadistes au Burkina ont fait, d’après les Nations unies, plus de 700 morts et 560.000 déplacés et réfugiés. Et l’incendie gagne en étendue et en force. La situation est désormais très grave, tant pour le Sahel que pour nous-mêmes. La France ne doit plus commettre des fautes absurdes comme celles qu’elle a commises en Syrie, au Liban et au Mali.

La France doit s’impliquer avec la plus grande détermination auprès des peuples victimes. C’est sa mission, son devoir de peuple ami et aussi son intérêt géostratégique supérieur : il y va de notre sécurité et de notre survie en tant que civilisation.

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