« Tout commence en mystique et finit en politique » (Charles Péguy).

Au moment où des officines proches du Qatar appellent les musulmans de France à présenter des listes communautaires aux prochaines élections municipales et où certains médias complaisants ou politiques peureux comparent le Parti chrétien-démocrate de à l’UDMF (Union des démocrates musulmans français), une clarification s’impose.

Les raisons de mon engagement au sont claires. Est-ce si étonnant, lorsqu’on est patriote et républicain, républicain dans l’acception la plus noble du terme, et encore gaulliste par affinité et sensibilité personnelles, de rejoindre, finalement, après bien des détours, un parti chrétien ?

Certes, j’entends bien que les périls sont multiples, comme les raisons de s’engager. Mais la question centrale – et l’urgence – est culturelle et morale, en un mot elle est spirituelle autant que politique.

Quand une idéologie fanatique, l’islamisme – dévoiement d’une religion à des fins politiques -, percute une société – la nôtre – déchristianisée et à la morale vacillante, dépourvue de certitudes sinon celles d’un prêchi-prêcha sentimentaliste et naïf, cette idéologie rentre dans une matière molle, exactement comme dans du beurre. Et le pire est à craindre.

Quand, au nom du progrès continu de la technique et en vertu d’une liberté individuelle revendiquée de façon absolue et orgueilleuse, l’être humain accepte de repousser toutes les limites naturelles et physiologiques, de casser les cadres traditionnels de la famille, de faire fi de tous les questionnements philosophiques, de tous les interdits moraux pour son plaisir immédiat, sa satisfaction égoïste, son bonheur personnel, le pire est à craindre. Et il y a urgence.

Urgence pour la France, urgence pour l’, urgence pour l’Homme. Face à ces périls, il faut des remèdes puissants ; Péguy aurait dit des mystiques. Face à l’islamisme conquérant, il faut une mystique républicaine, c’est-à-dire, concrètement, les principes républicains appliqués sans faiblesse, sans compromis ni compromission ; face aux attaques contre la dignité humaine, à la marchandisation du corps humain, au transhumanisme, il faut une mystique chrétienne, c’est-à-dire, concrètement, la référence à la seule digue possible : les valeurs chrétiennes.

Aujourd’hui, la République se porte-t-elle mieux que l’Église ? Les principes républicains mieux que les valeurs chrétiennes ? Si l’Église est bafouée et la foi ringardisée, la République, elle, n’est plus qu’une idée vide et la laïcité un mot creux qu’on brandit davantage qu’on en ignore le sens réel et la portée essentielle. Il y a déjà plus d’un siècle, Péguy faisait ce constat : « Le mouvement de dérépublicanisation de la France est profondément le même mouvement que le mouvement de sa déchristianisation. C’est ensemble un même, un seul mouvement profond de démystication. »

S’il reste, aujourd’hui, une chance de tout sauver, une chance de tout redresser, une chance de tout restaurer, cette chance est chrétienne autant que républicaine, elle passe aussi par le christianisme, peut-être par la foi, du moins au minimum, du moins a minima par les principes et valeurs chrétiennes.

Nous sommes à l’os. Un recul de plus serait fatal. Un abandon de plus serait un abandon de trop. À bien des égards, la France, l’Europe, l’Homme sont à un tournant. Ne bougeons plus, ne cédons plus, ne reculons plus d’un iota. Tenons-nous bien droits, les pieds ancrés dans le sol et les yeux fixés vers le ciel. Tout recul face à l’islamisme conquérant, toute fuite en avant vers le scientisme sans frein et la marchandisation du corps humain seraient fatals et nous sont interdits.

Le Parti chrétien-démocrate n’est pas un parti confessionnel ni un parti communautaire ; c’est un parti républicain. Il s’adresse à tous les Français, et pas seulement chrétiens, et son programme d’action ne vise que le bien commun, et non les intérêts d’une communauté. Rien à voir, donc, avec l’UDMF. Démocrate parce qu’il est attaché à la liberté et à l’égalité, le PCD croit en la souveraineté populaire ; chrétien parce qu’il s’inspire des principes et valeurs de notre civilisation, il tient à les défendre. Il est dans l’ordre des choses que, finalement, après bien des détours, je le rejoigne.

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