Audio - Editoriaux - Religion - Société - 5 mars 2019

Louis de Villoutreys : “Cette profanation est une blessure pour la communauté chrétienne sans doute liée à une ambiance défavorable à l’Église.”

Nouvelle profanation d’église : à Saint-Vincent de Naintré, dans la Vienne, des hosties consacrées ont été volées. Le père Louis de Villoutreys, son curé, est interrogé au micro de Boulevard Voltaire. L’occasion de faire avec lui le point sur la longue liste de profanations et vols qui ont lieu de manière récurrente dans la région.

Vous êtes le curé de la paroisse Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus à Naintré, dans la Vienne. Votre église a été profanée récemment. Que s’est-il passé exactement ?

Comme tous les jeudis, après la prière des vêpres de 17 h 30, j’ai ouvert le tabernacle pour exposer le Saint-Sacrement. Le tabernacle était vide. Il n’y a avait plus le ciboire avec les hosties consacrées, ni même la lunule avec la grande hostie. Le vol a eu lieu sans effraction entre le dimanche et le jeudi.

Plusieurs églises dans la Vienne ont été profanées. S’agit-il d’un phénomène régulier et faites-vous une différence entre un vol et une profanation ?

Dans la Vienne, il y a déjà eu des vols début février, dont un vol du Saint-Sacrement à Lusignan. Cette semaine, nous avons subi une deuxième vague.
Ce n’est pas la première fois à Lusignan, puisque avant que j’arrive, en 2013, le tabernacle avait déjà été profané. C’était alors un acte clairement sataniste. Les rayons de l’ostensoir avaient été coupés. Il y a un peu plus d’un an, le tabernacle de la chapelle latérale, qui, lui, est vide, avait été descellé et mis par terre.
On a donc quand même l’impression qu’à Naintré, on s’acharne sur le tabernacle et ça pose question.
Concernant votre deuxième question, voler le Saint-Sacrement est, de fait, une profanation. Je ne sais pas quelle est l’intention de l’auteur. Mais cela est une autre question.

Comment vivez-vous, en tant que prêtre, cette recrudescence d’actes malveillants d’appropriation ou de haine envers les églises ?

En tant que curé d’une paroisse, je me sens responsable de la sécurité des biens et du Saint-Sacrement. C’est donc une blessure pour moi et pour la communauté catholique.
Du point de vue national, le climat n’y est certainement pas totalement étranger. Le contexte n’est pas forcément en faveur de l’Église. Il y a notamment les scandales qui n’aident pas, même si je ne sais pas s’ils ont une influence. Il y a également la déchristianisation, qui est plus ancienne. En tout état de cause, le contexte général n’aide pas.