Voici la suite de ce grand feuilleton, chapitre « Écologie ».

Malheureusement, la transition écologique est trop souvent réduite à la seule nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. La lutte pour la préservation de la biodiversité n’est pas moins importante.

Les biens de consommation durables le sont de moins en moins. Un lave-linge fonctionnait pendant vingt ans auparavant ; maintenant, il cesse d’être opérant au bout de cinq ou sept ans. Le consommateur devrait être aussi objectivement que possible informé sur la durabilité, la réparabilité et la robustesse de ce qu’il achète. Il faudra, en outre, qu’émergent des modèles vertueux d’entreprise où le lave-linge est loué et où la facturation est effectuée au nombre de cycles de lavage.

Sur la biodiversité, repenser toute la filière agricole est urgent. L’apport permanent de la chimie empoisonne les sols et les agriculteurs. Le productivisme encouragé par des années de agricole dictée par des lobbys bruxellois doit cesser. La source locale devrait être privilégiée systématiquement, même si la concurrence parfois déloyale propose des produits agricoles moins chers. L’oligopole des semenciers bénéficie d’une rente indue protégée par la loi.

Le souci du local devrait aussi présider à la transformation des produits : envoyer une carcasse de porc se faire découper en pour que les morceaux reviennent ici est une aberration écologique.

Faut-il interdire tous les OGM ? Ce n’est pas obligatoire, mais des études d’impact longues, sérieuses, factuelles et étayées doivent établir un rapport opportunités/risques. Elles devraient être confiées à des tiers réellement indépendants qui ne soient pas choisis par l’entreprise candidate.

Tout pays qui exporterait et/ou permettrait à ses ressortissants l’exportation de produits agricoles contrevenant aux normes et dispositions sanitaires en vigueur chez l’importateur devrait se voir interdire pendant une très longue durée d’exporter tous produits agricoles, par exemple pendant vingt-cinq ans.

Haro sur le diesel ! Pourtant, ses émissions de gaz carbonique (CO2) et de monoxyde de carbone (CO) sont inférieures à celles de l’essence, et jeter une voiture à la casse avant qu’elle ne soit totalement usée, c’est gaspiller à contretemps l’empreinte écologique de sa destruction et celle de la construction de sa remplaçante. Mieux vaudrait être plus exigeant sur les filtres à particules fines.

Réduire la part d’énergie allouée au chauffage devrait être une priorité. Cela passe par l’isolation des logements. Dans tout habitat collectif, des compteurs individuels devraient être installés pour que chacun paye pour la chaleur qu’il consomme.

Et si cessait ce mensonge du nucléaire ? Qu’il soit enfin admis publiquement que nul ne peut savoir quel est le coût de l’énergie produite par une centrale nucléaire, puisque nous ignorons tout du coût réel de son démantèlement, et du traitement et du stockage des déchets. Que soit dévoilé le pari un peu fou pris par des technocrates : il y aura des solutions techniques dont nous ignorons tout pour raccourcir la durée de dangerosité des déchets, peut-être même en y trouvant une nouvelle source d’énergie.

Il y a une vision idéologique de l’éolien qui conduit à implanter parfois des éoliennes là où elles ne tourneront jamais assez pour être énergétiquement rentables. Cela doit cesser.

Bien sûr, il faut appliquer le principe du pollueur-payeur et celui de précaution. Cela vaut aussi pour les questions anthropologiques.

Alain Souchon l’a chanté : « On nous fait croire que le bonheur, c’est d’avoir. » Il y a une certaine urgence à « débunker cette “fake news” », à se préparer et s’éduquer pour aller vers une sobriété heureuse parce que librement consentie et anticipée. Sinon, elle sera sans doute subie et malheureuse.

Sur ce sujet, l’encyclique du pape François Laudato si’, consacrée aux questions environnementales et sociales et son injonction à l’ intégrale, pourrait se révéler une précieuse source d’inspiration.

5 mars 2019

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