Editoriaux - Livres - Politique - 23 avril 2019

Livre :L’erreur et l’orgueil : penseurs de la gauche moderne, de Roger Scruton

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Roger Scruton est l’un des plus grands philosophes anglais contemporains, professeur à Oxford, à Cambridge et à la Boston University. Il est auteur de 32 livres.

Roger Scruton dresse, dans cet ouvrage, un tableau de la pensée des intellectuels de gauche qui ont écrit depuis 1945. Sartre, Foucault, Thompson, Habermas, Hobsbawm, Derrida, Badiou.

Ce livre est un ouvrage majeur sur la pensée de gauche qui a inondé le monde occidental, il en décrypte les erreurs, les errements, le refus – par orgueil – de ce réel qui pourrait venir invalider leur idéologie tronquée et bancale, mais aussi leur formidable rhétorique. Il analyse la réécriture marxiste de l’Histoire, met en évidence la malhonnêteté intellectuelle du résultat, les incohérences. Il étudie aussi les revendications de cette gauche, qui ont beaucoup évolué depuis la chute de l’Union soviétique, en passant de la classe ouvrière aux femmes, aux homosexuels et aux immigrés. Comment expliquer que le combat originel de la gauche pour l’égalité et en faveur des ouvriers ait été délaissé ? Comment expliquer le transfert de ces combats vers les minorités ? Quelle est la responsabilité des intellectuels de gauche dans les désordres et les fragmentations de la société contemporaine ?

Roger Scruton a réussi, dans cet ouvrage, à démontrer les errances et les erreurs des intellectuels de gauche du XXe siècle.

Scruton prend chacun des philosophes cités plus haut et enchaîne les critiques et les réfutations, tel un boxeur, et les laisse K.O. On ne peut souvent rien contre le réel, contre le pragmatisme anglais, Scruton en est la preuve. Ces intellectuels auxquels se réfère la gauche d’aujourd’hui ne sont que des imposteurs, des aigris, des envieux de ceux qui réussissent et qui ont les honneurs.

Il met à nu le mythe de la culture intellectuelle de gauche française : les intellectuels de gauche devaient conduire le prolétariat dans une confrontation contre la bourgeoisie, mais « seulement, ces intellectuels se sont détournés du prolétariat quand ils se sont aperçus que celui-ci ne les aimait pas ». En fait, la classe ouvrière a pu, sans l’aide des intellectuels, s’émanciper, progresser socialement et rejoindre les intérêts des petits patrons et des petits propriétaires. Les intellectuels de gauche n’ont, alors, pas supporté cette prise d’autonomie et cette collusion avec les intérêts d’une autre classe. Ils ont alors « inventé le mot populisme pour décrire le fait que le peuple se soit détourné d’eux ».

Face à ces incohérences et des formules rhétoriques qui travestissent la réalité, Scruton propose une vision conservatrice de la société, en opposition à celle de ces penseurs de la gauche moderne. Seulement, sa vision n’est pas dogmatique, elle ne cherche pas à changer l’essence de l’Homme ; selon sa théorie, le cheminement est inverse : c’est la vision pour la société qui découle du cœur de l’Homme qui, lui, ne change pas.

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