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Synonyme de déroute totale mais aussi de retraite miraculeuse, La BéréZina est un bon titre pour cet essai consacré à la campagne d’Éric Zemmour.

Après le livre de Jules Torres chez Plon, sorti quelques semaines à peine après l’élection, voici celui de Marylou Magal. L'auteur a pris le temps de l’analyse et livre un récit avec un certain recul. Journaliste au service politique du Figaro après avoir officié à L’Express, Magal a divisé son livre en trois temps : l’insouciance, la fin de l’innocence et, enfin, la radicalité, ou plutôt, pour ce dernier point, le piège dans lequel Éric Zemmour s’est enfermé. Comme si les idées avaient pris le pas sur la stratégie politique. Et c’est tout l’enjeu de ce livre qui décrit bien l’ambiance d’une bande d’amis montant à l’abordage avec ce que cela comporte d’enthousiasme et de jeunesse, mais qui retombe quelques mois plus tard dans le défaut de cette qualité initiale. On y perçoit d’ailleurs le ton amusé d’une journaliste qui porte un regard d’indulgente ironie parfois condescendante face à cette équipée qui partage des points communs avec une partie de l’épopée napoléonienne.

Dans ce livre bien écrit et rapide à lire, le lecteur est invité à comprendre les mécanismes d’une campagne, les coups de force et les coups au moral. L’équilibre entre les ressources idéologiques et humaines. Au fond, cet ouvrage intéressera et les partisans d’Éric Zemmour et ses plus farouches adversaires, car il explore à la fois les contours de cette OPA qui a bien failli réussir et donne un sérieux coup d’avertissement à ceux qui ont cette école de pensée en horreur : comme un coup de semonce chargé à blanc.

Pourtant, et Marylou Magal le démontre bien, si ce sont bel et bien ses idées qui l’ont porté, ce sont aussi elles, ou plutôt l’incapacité à les transformer en vision politique et stratégique, du moins à les faire se rencontrer avec les Français, qui auront eu raison de ce rêve. Dans ce Trocadéro noir de monde qui devait être la revanche de la droite après avoir été le tombeau des espoirs de Nicolas Sarkozy et François Fillon, on apprend que l’équipe du candidat n’espérait plus vraiment la victoire. Néanmoins, on voit et on comprend à quel point le combat des idées n’est pas « une défaite à nuancer », pour reprendre les termes de l’auteur, mais bel et bien une victoire. Même si cela s’est peut-être fait au prix de la carrière politique du principal intéressé.

En définitive, ce livre contribue à faire émerger une vérité qui n’arrange ni Marine Le Pen ni Éric Zemmour : elle voulait réussir seule et a été aidée par lui. Il voulait la détruire et a finalement été à la fois le bouclier et le moteur auxiliaire qui lui manquait. Il n’empêche qu’en refermant ce livre, on se demande si l’île dans laquelle Zemmour a accosté s’appelle Elbe ou Sainte-Hélène. « Sa candidature devait sauver la mais elle n’a pas su transporter les Français. » Là encore, l’exact inverse de Marine Le Pen.

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21 octobre 2022

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34 commentaires

  1. Je partage tout à fait le commentaire de Mary B. Éric Zemmour a la force de ses convictions et de ses analyses qui s’avèrent justes et réelles. Il s’est dangereusement exposé pour ses idées, pour la France. Marine Le Pen ne veut pas le pouvoir, et ne l’a jamais voulu, comme son père. Elle veut juste vivre du système politique.
    Quant à la  » déroute électorale », elle est tout de même à relativiser lorsqu’on voit les scores du PS, du RN, et du parti écolo, grands et vieux partis politiques, piliers et marqueurs du paysage politique français, qui se sont lamentablement effondrés. Le score de Reconquête reste honorable pour un parti politique naissant et déjà fort de 130 000 adhérents.

  2. Le score de Zemmour est très honorable pour un nouvel arrivant attaqué de toutes parts tellement il dérangeait. Quel autre parti peut se flatter d’avoir dépassé les 100’000 adhérents en un temps record ? Je pense que Z apprend beaucoup de son espoir déçu. Je lui sais gré de continuer le combat et lui garde toute ma confiance.

  3. ZEMMOUR n’est qu’au début de sa carrière politique .IL incarne ce que pense bcp de FRANCAIS un homme juste et de vérité sans langue de bois .Il faut qu’il réussisse à unir toutes les droites de FRANCE ET DE NAVARE

  4. Bonne analyse, mais les faits restent les faits, nous avons perdu une bataille, nous pansons nos blessures, mais avons nous perdu la guerre ?

  5. Le titre « Bérézina » est historiquement faux. Pour les historiens authentiques, la Bérézina fut une victoire inespérée de Napoléon, parvenant à sauver glorieusement les rescapés de la tragique retraite de Russie.

  6. Je ne lirai pas ce livre car je n’ai pas besoin d’expert(e) pour m’apprendre à penser et réfléchir.Si Z a subi un échec,c’est qu’il a été la cible de tous les partis qui se sont servis des VÉRITÉS qu’il étalaient pour le diaboliser dans un pays qui est devenu le modèle de l’Individualisme .La 4-ième et surtout la 5-ième République ont tué la Nation au profit de la Société de Consommation qui abrutit le peuple pour mieux s’en servir. Ce peuple ne se soucie plus que de son confort car le Pouvoir d’achat est son seul intérêt (ce que la NUPES a bien compris). Z a été honnête ,idéaliste et trop naif.

  7. Ou comment faire de ses aficionados ses propres ennemis.
    J’ai adhéré à Reconquête très rapidement, mais ai été irrité tout aussi vite… Renvoi de ma carte d’adhérent et du livre de Monsieur Z, à Monsieur Z lui-même.
    J’en ai eu très vite ras-le-bol de me faire montrer du doigt comme un pestiféré, d’être celui qui est atteint d’une maladie incurable, parce qu’il est né en 1951 !
    Vous l’aurez compris, je suis un « boomer », un rejeton d’une époque honnie par Reconquête, et vilipendé quotidiennement.
    J’ai tout entendu, me suis senti sali, parce que j’étais à l’université, puis ai travaillé à une époque où nous n’avions ni calculette, ni portable, ni ordinateur, entre autre…
    J’ai même été pris à partie par « l’homme » de l’Institut Apollon, Messiha soi-même.
    Je suis allé prier pour me faire pardonner de mes ancêtres, dont deux resistants, et suis allé voter Marine Le Pen.
    Le pire ou le mieux, selon que l’on soit optimiste ou pessimiste, c’est que depuis, parlant à droite et à gauche, surtout à droite évidemment, je suis persuadé que je ne suis pas le seul qui n’a pas accepté de se faire traiter de tous les noms d’oiseaux, et de l’insulte suprême « boomer » !
    Voilà comment « on » perd, en divisant, plutôt qu’en réunissant.

  8. Qu’est-ce qui permet à Marylou Magal de dire que l’enthousiasme pour le parti d’Eric Zemmour est retombé ?

    Il faut aussi que Marine Le Pen relativise son micro succès sur le fait que 10% des voix qu’elle a obtenues étaient celles des électeurs d’E. Zemmour qui avaient voulu faire un vote « utile », et là elle doit dire un grand merci aux médias de grands chemins qui l’ont favorisée. Si au débat final, nous avions eu E. Zemmour face à E. Macron, ce dernier aurait été écrasé.
    Même Marine Le Pen aurait pu faire beaucoup mieux face à E. Macron mais elle a soigneusement évité tous les sujets qui auraient pu mettre son adversaire en difficulté. Il faut se rendre à l’évidence Marine le Pen ne veut pas être Présidente. Je pense que si Jordan Bardella prend sa suite, le RN sera à un meilleur niveau, il doit assez souvent « manger son chapeau » pour ne pas contrarier Marine Le Pen.

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