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Les bloqueurs délogés ont remporté, vendredi, une grande victoire en bloquant – un bloqueur est, par définition, fait pour bloquer – les partiels délocalisés à Arcueil, au centre des examens, par l’université de Nanterre (Paris Ouest Nanterre La Défense, pour être précis). La FAGE, premier syndicat étudiant, a, par la voix de son président Jimmy Losfeld, condamné cette action en des termes nets. Il a jugé “scandaleux” “qu’un député, quelques cheminots de SUD Rail et des étudiants bloqueurs empêchent des centaines d’étudiants de passer leurs examens”.

On a le droit de contester, qu’on soit un syndicat, un homme politique, un citoyen. On a le droit de ne pas être d’accord, de le manifester. Par contre on n’a pas le droit de venir écrabouiller la liberté individuelle d’étudier, de venir passer des examens, des étudiants. C’est tout bonnement honteux.

Mais le soir même, la nouvelle présidente de l’UNEF, , avait droit à dix minutes d’interview sur franceinfotv, histoire de remettre en selle un syndicat socialiste en perte de vitesse. Et il est vrai que Mme Le Bas présente bien et ratisse large : si on l’avait écoutée, tout irait bien pour tout le monde, bloqueurs comme étudiants forcenés voulant passer leurs examens !

L’université et le ministère doivent écouter les revendications des étudiants mobilisés pour que les autres puissent passer leurs examens dans de bonnes conditions.

Et cette nouvelle égérie d’un « en même temps » inattendu propose des solutions constructives :

Le report des examens s’ils doivent être faits en présentiel ou sinon faire des devoirs à la maison… Mais ce que l’on demande surtout c’est que le ministère réponde enfin aux revendications des étudiants et arrête d’envoyer les forces de l’ordre comme seule réponse politique.

Julien Benedetto, le journaliste de franceinfo, tenu par ses fiches, n’a pas relevé cette suggestion intéressante : “sinon, des devoirs à la maison”

Moi, franchement, je serais étudiant bloqueur, ou étudiant sérieux, j’aurais relevé, relevé la tête de mes révisions – ou de mes tracts -, tendu l’oreille. Hey, Lilâ, tu peux répéter, là, s’il te plaît ? Tu es sérieuse ? Ça m’intéresse, ta proposition ! Ma dissert’ de droit ou d’histoire ancienne à la maison, dans ma bibliothèque, loin de ces gaz lacrymogènes et de tout ce « bordel » (pour reprendre les mots d’ordre de mes amis bloqueurs du Mirail), c’est bien ce que tu as voulu dire ? Et tu nous garantis bien qu’on a accès à tout, hein : livres, cours, Wikipédia, MOOC, mon beau-frère maître de conf’, ma grand-mère qui rédige super bien sans aucune faute d’orthographe, etc. ?

Lilâ, elle est vraiment trop cool ! Je me demande pourquoi Jean-Jacques Bourdin ne l’a pas encore invitée pour parler de sa super proposition. Je suis sûr que lui, contrairement à son confrère, il lui aurait parlé « examens en chocolat ».

Mais pas sûr du tout que les étudiants aient envie d’être chocolat avec les délires de l’UNEF.

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