LFI vent debout contre la suppression des APL à certains étudiants étrangers !
Le décret est paru dimanche 28 juin au Journal officiel : à partir du 1er juillet, les étudiants non européens et non boursiers ne pourront plus bénéficier des APL, les aides personnalisées au logement. « La mesure est dénoncée par les associations d'accès au logement et les organisations étudiantes, dont certaines dénoncent l'instauration d'une "préférence nationale" », rapporte France Info. Évidemment, il fallait s’y attendre… D’autant plus que cette mesure n’est pas la seule puisque, le 22 juin dernier, était publié un autre décret prévoyant « le rehaussement et l'indexation du niveau des ressources financières minimales dont le ressortissant de pays tiers doit justifier disposer pour être admis au séjour sur le territoire français pour un motif d'études ».
Préférence nationale ?
Économie, étudiants étrangers, réductions des aides sociales ... le manque d’argent se ferait donc suffisamment sentir pour que le gouvernement accepte de subir les foudres de la gauche ? L’Humanité dénonce une « préférence nationale », autrement dit un péché capital : « une nouvelle mesure contre les étrangers ». Pourtant, si elle entre en vigueur au 1er juillet, cette mesure a été inscrite dans le projet de loi de finances 2026 et est même passée par le filtre du Conseil constitutionnel en février dernier. Le Conseil avait jugé « que les députés ont poursuivi un "objectif d'intérêt général" en cherchant à "maîtriser l'évolution des dépenses liées" aux APL, et que le principe d'égalité "ne s'oppose ni à ce que le législateur règle de façon différente des situations différentes, ni à ce qu’il déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général" », souligne BFM. D’ailleurs, BV soulignait déjà, en janvier, l’indignation excessive de LFI au sujet de cette mesure « limitant l'accès au droit à une aide personnelle au logement pour les étudiants extra-communautaires ». La mesure est désormais réservée « à ceux remplissant les conditions pour être titulaires d'une bourse d'enseignement supérieur sur critères sociaux » et aux « personnes titulaires d'un contrat d'apprentissage ou d'un contrat de professionnalisation [et] les étudiants exerçant une activité professionnelle ». Une mesure qui est loin, donc, de réserver les APL aux seuls étudiants français ! Mais, manifestement, c’est déjà trop, pour les Insoumis comme Louis Boyard, qui en profite pour tacler le PS : « Voilà ce que le Parti socialiste a accepté de laisser passer en refusant de censurer le budget Lecornu. Tout le monde doit le savoir. On oubliera pas (sic). »
Dans son communiqué de presse d’octobre dernier, le ministère de l’Enseignement supérieur expliquait que « cette mesure ciblée ne concernera[it] que 3 % des 3 millions d’étudiants en France et permettra[it] de mieux flécher les moyens vers les publics réellement fragiles ». Le ministère ajoutait que « les étudiants boursiers, quelle que soit leur nationalité, ainsi que l’ensemble des étudiants originaires de l’Union européenne, rester[aient] pleinement éligibles à l’APL ». Alors, faut-il vraiment hurler à la « préférence nationale », à l'instar de L’Humanité ? Sur X, il y a ceux qui, comme le député LFI du Val-d'Oise Carlos Martens Bilongo, dénoncent un « gouvernement [qui] préfère supprimer les APL pour les étudiants étrangers et non boursiers, déjà bien précarisés [et donc] faire des économies en appauvrissant les jeunes » ou, comme Jérôme Legavre, député LFI de la Seine-Saint-Denis, qui s’indigne d’une « mesure raciste et réactionnaire de préférence nationale empruntée au RN et rendue possible par la non-censure du PS », et puis ceux qui s’étonnent que ces étudiants aient pu toucher des APL. Parmi eux, le maire LR de Bry-sur-Marne, Charles Aslangul, s’afflige de ce « pays de dingues »…
Parce qu’ils les touchaient avant ? Pays de dingues. https://t.co/wghBQnXPMc
— Charles Aslangul (@CharlesAslangul) June 28, 2026
Ou bien retour au bon sens ?
Retour au bon sens et à la réalité des chiffres ? Ce n’est pas si sûr puisque, comme l'annonçait BV en mai dernier, les syndicats et le monde universitaire avaient obtenu que les exonérations concernant les droits d’inscription des étudiants extra-communautaires soient doublées. Ou alors faut-il y voir une politique des petits pas ? Trois petits pas en avant pour deux petits pas en arrière ? La restriction des APL n’est en effet pas la seule mesure à entrer en vigueur concernant les étudiants étrangers : dans le JORF du 24 juin est paru « le décret [qui] prévoit le rehaussement et l'indexation du niveau des ressources financières minimales dont le ressortissant de pays tiers doit justifier disposer pour être admis au séjour sur le territoire français pour un motif d'études ». Les étudiants étrangers devront donc justifier d’un niveau de revenu plus élevé, fixé à 47 % du SMIC brut, c’est-à-dire 60 % du SMIC net, pour obtenir un titre de séjour étudiant. Ainsi, détaille le site Étudiant 360, à partir du 1er août, si, « jusqu'à présent, un étudiant étranger devait justifier d'au moins 615 € de ressources par mois pour obtenir son visa long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) ou renouveler son titre de séjour étudiant [,] désormais, ce montant n'est plus un chiffre figé. […] Avec le SMIC brut en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1.867,02 € par mois), cela représente environ 877,50 € par mois, soit une hausse d'à peu près 260 € par rapport à l'ancien seuil. » Autrement dit, pas de visa s’il s’agit d’augmenter le nombre d’étudiants précaires sur le territoire.
Des mesures certes élémentaires mais loin d’être suffisantes alors que, comme le révèle TV5 Monde, « la Cour des comptes a averti que "tous les signaux" des finances publiques françaises étaient "au rouge" », ce jeudi 25 juin.
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45 commentaires
Les étudiants étrangers sont obligés d’avoir des garanties et d’ailleurs c’est ce qui se passe dans tous les pays du monde. Quand on n’a pas d’argent on ne s’improvise pas étudiant à l’étranger et encore moins sur le dos d’une nation, ça c’est la logique. La réalité, c’est que les étudiants étrangers sont issus de familles fortunés et malgré cela ils touchent des aides sociales et les APL. il suffit d’aller dans les facs pour le voir, faut il encore que les politiques de LFI y soient allés pour le constater!
Ils ne savent pas, les bobos, que la France n’a plus un rond. Moi, père de famille, si je n’ai plus une tune et qu’il me reste un bout de pain : je le donne à mes gosses, pas ceux du voisin. Eux non. Enfin, ils veulent le faire croire. C’est l’Etat qui paie comme disait l’autre intellectuel.
curieusement lorsque notre fils a été inscrit comme étudiant ,il n’a rien touché ,même pour l’assurance etudiant nous avons payé plus que les autres , comme nous demandions pourquoi : il nous a été répondu c,’est un fils de commerçant (ma femme et moi etions artisans ) donc sensés être riches merci l’égalité ,depuis nous votons RN
Pourquoi? La préférence nacionale ce n’est pas bien? Et pourtant ce n’est que du bon sens.
Maintenant libre à ceux qui veulent faire des dons, mais uniquement que’à partir de leurs propres deniers, et NON DEFISCALISABLES
Pourtant la gauche ne s’indigne pas que la préférence nationale s’applique pour le paiement des impots… ..
L’intellectuel Louis Boyard accuse les socialistes d’être responsable de ces changements il oublie seulement que son ami Éric Coquerel est président de la commission des finances à l’Assemblée Nationale donc à priori très au courant des réformes économiques votées par l’Assemblée au moment de la lois des finances mais peut-être que le député Boyard avait piscine le jour du vote.
Une preuve de plus que nous sommes au royaume d’Ubu
Quand tu décides de partir étudier à l’étranger, c’est ton choix. Tu fais tes comptes et vois si cela est possible ou pas. La solidarité nationale (APL, bourses, frais d’incription réduits) n’a pas à s’appliquer à des étudiants étrangers. Certaines viennent mais ne sont pas de vrais étudiants, ils replissent les résidences du Crous en nombre insuffisant pour les étudiants français. Il faut serrer la vis. On le rappelle nous sommes ruinés !