Le jour où le peuple de droite défilera dans la rue pour empêcher Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou, Yannick Jadot ou n’importe quel leader de gauche de s’exprimer, Boulevard Voltaire s’élèvera immédiatement contre ce viol gravissime et dangereux de la liberté d’expression, à la base de toute démocratie. La droite respecte le débat d’idées, Boulevard Voltaire est sur cette ligne. Elle ne manifeste pas avec violence pour empêcher son expression.

Les anti-Zemmour n’ont pas ces pudeurs. À Marseille, le NPA se mobilise contre la venue du polémiste, ces 26 et 27 novembre, dans la cité phocéenne et appelle à manifester le 26, à 18 h. « Contre la venue de Zemmour à Marseille, contre son discours raciste, islamophobe, antisémite, nationaliste, sexiste, masculiniste, retrouvons nous ce vendredi 26 novembre à 18 h aux réformés ! », clament les tracts du NPA. On remarquera l’esprit d’ouverture et le subtil nuancier de vocabulaire de nos amis d’extrême gauche : « Pas de fascistes dans nos quartiers, Zemmour casse-toi ! » Une conception de la démocratie. Un autre site, Marseille Infos Autonomes, lance ce slogan : « Zemmour casse toi ! Marseille reste antifa ! » On se passe un visuel inspiré de la lutte anti-Trump : « FCK ZMR » – comprendre « Fuck Zemmour ». Toujours dans le bon goût. Et là aussi, on manifeste. Une seconde nature, chez ces activistes. Ce 24 novembre, une manifestation battait les rues de Genève pour protester, encore, contre la venue du polémiste. Il était invité dans la Confédération par deux partis de droite suisses parfaitement légaux, PLR et UDC. Ça n’a pas plu. Le slogan des anti-Zemmour (« Tout le monde déteste Éric Zemmour ») est, lui aussi, délicieux, très « inclusif » comme on dit. On se souvient encore de Rennes et des manifestants déchaînés tenus à distance par la police, sous l’œil ahuri des Français désireux d’écouter Zemmour. Nos manifestants tout sauf pacifiques, eux, s’étaient donné rendez vous via une campagne d’affichage où le visage de Zemmour apparaissait marqué d’une cible. Sauf erreur, aucun parti de gauche, si sensible soit-il aux droits de l’homme, ne s’en est ému.

Tout est bon. Jusqu’ici, personne n’avait osé taxer Zemmour d’antisémitisme, une frontière de dignité et de bon sens franchie depuis peu, en klaxonnant, par certains « experts » et militants. Traiter un polémiste juif d’antisémite ? « Une fois qu’on a franchi les bornes, il n’y a plus de limite », expliquait Alphonse Allais.

Le plus fort, c’est que nos apprentis despotes, matraque en main, prétendent conserver seuls la comme le Cerbère gardait les Enfers ! Une vraie pensée de gauche extrême, généreuse comme il se doit, selon laquelle l’autoconviction butée justifie tous les excès, toutes les entorses aux principes qu’on exige des autres et toutes les contradictions. C’est l’occasion de se souvenir du mot de Jean-Marie Le Pen sur le « harcèlement démocratique », cette manière d’interdire à une partie de l’opinion de vivre et de s’exprimer qui tente de reprendre du poil de la bête avec Zemmour : « Le harcèlement démocratique, lançait Le Pen, est à la ce que le harcèlement est à l’amour, c’est-à-dire son exact opposé. » On ne saurait mieux dire.

25 novembre 2021

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