[L’EXPERT] Gouverner par les besoins ou le modèle marxiste-léniniste de Mélenchon

La promesse d’égalité universelle se traduira dans les faits par la fuite des élites, des pénuries récurrentes sur les produits de première nécessité, un chômage de masse...
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Dans un entretien particulièrement éclairant publié par le média Alternatives économiques, Jean-Luc Mélenchon dévoile avec une grande clarté les fondements de sa pensée économique, celle-là même qu’il entend mettre en œuvre s’il était élu président de la République en 2027.

Sa stratégie tient tout entière dans une profession de foi qu’il convient de prendre au mot : « Dans la société collectiviste à laquelle nous aspirons, nous gouvernerons par les besoins. » Sous des dehors charitablement empaquetés, cette formule exhale surtout le parfum rance des sinistres expériences du marxisme-léninisme. Elle rappelle que derrière les postures humanistes de La France insoumise subsiste un vieux fond idéologique : celui d’une tradition qui, partout où elle a été mise en œuvre, s’est illustrée par la coercition, l’appauvrissement et la négation des libertés.

Intervention omniprésente de l'État

Faire prévaloir les besoins sociaux en s’affranchissant du marché constitue le cœur même de la doctrine marxiste. Le logement devient un droit garanti ; la santé et l’éducation sont placées sous perfusion publique ; les inégalités sont censées disparaître grâce à l’intervention omniprésente de l'État. Quant aux biens jugés essentiels, de l’énergie à l’alimentation, leurs prix sont administrés au mépris des réalités économiques.

Ce modèle fondé sur une planification étatique de la hiérarchisation des besoins et l’allocation centralisée des ressources s’oppose frontalement aux démocraties libérales, où les décisions sont contraintes par les marchés financiers, la compétitivité et les équilibres budgétaires. Les expériences stalinienne et surtout maoïste ont largement démontré que de telles logiques étaient inconciliables avec le pluralisme politique, les libertés individuelles et le fonctionnement démocratique.

Une politique fondée sur la satisfaction administrée des besoins conduit à transférer à la puissance publique une part croissante de la richesse afin d’en organiser la redistribution. Conduite à son terme, cette logique entre en conflit avec le principe même de propriété, en particulier dans le domaine immobilier, les biens n’étant plus considérés comme le fruit de droits individuels mais comme une ressource que l'État peut mobiliser au nom de l'égalité. Dans cette logique (la surface moyenne occupée, en France, est de l’ordre de 40 m² par habitant), un logement de 200 m² occupé par un couple devrait partiellement être partagé avec un autre ménage appartenant à la « nouvelle France ».

Pour gouverner par les besoins, Jean-Luc Mélenchon préconise l’administration du prix des biens essentiels afin d’en garantir l’accès au plus grand nombre. Il en illustre le principe en intimant Michel-Édouard Leclerc de « se débrouiller » pour vendre un panier de produits à prix plafonné ou en imposant à TotalEnergies de proposer, dans ses stations-service (indépendamment du prix du baril), un litre de carburant à 1,70 euro. Le prix n’est donc plus le reflet d’un marché mais le résultat d’une simple décision politique.

Un recours accru à l'endettement public

Pour financer son programme, LFI propose 200 milliards d'euros de recettes supplémentaires reposant sur une hausse hors normes de la fiscalité : taxation des superprofits, création d’une taxe Zucman, 14 tranches d’impôts culminant à 90 %. Il inclut également le rétablissement de l’ISF ainsi qu’un durcissement confiscatoire des droits de succession sur les patrimoines les plus élevés. Par ailleurs, le programme repose sur un recours accru à l’endettement public pour soutenir la relance, avec l’idée fantasque de la transformation de la dette existante en dette perpétuelle à taux nul. Ce schéma impliquerait un soutien implicite de la BCE et des institutions européennes, alors que l’insoumis assume parallèlement un rejet des règles budgétaires.

En cas de censure par le Conseil constitutionnel (une taxation marginale supérieure à 66 % est inconstitutionnelle), Jean-Luc Mélenchon imagine deux options : le recours à la consultation populaire et, plus largement, la transition vers une VIe République.

Dans le domaine énergétique, l’insoumis défend la substitution des énergies fossiles par le développement des énergies renouvelables tout en encourageant une baisse des prix sur les carburants pétroliers et gaziers. Il évoque également la réparation du Nord Stream pour réimporter du gaz russe et s’affranchir du GNL américain. Plus largement, sa vision stratégique encourage des partenariats internationaux renforcés avec la Chine, la Russie et l’Algérie aux dépens des États-Unis.

Les plus démunis trinqueront

Les conséquences d’un tel programme sont parfaitement connues. La promesse d’égalité universelle se traduira dans les faits par la fuite des élites, des pénuries récurrentes sur les produits de première nécessité, un chômage de masse, un Frexit inévitable associé à une sortie de l'euro remplacé par une nouvelle « monnaie de singe » et, plus généralement, à la paupérisation accélérée du pays.

Isolée diplomatiquement des pays occidentaux et mécaniquement exclue de l’OCDE, la France mélenchoniste serait-elle prête à adhérer aux BRICS ? Pas certain que ces derniers y soient favorables ! Une chose est en tout cas certaine : ce sont, comme d'habitude, les plus démunis qui trinqueront les premiers.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 15/06/2026 à 12:37.
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Philippe Charlez
Ingénieur des Mines de l'École polytechnique de Mons (Belgique), docteur en physique de l'Institut de physique du globe de Paris, enseignant, expert en questions énergétiques associé au Millénaire.

Vos commentaires

61 commentaires

  1. J’ai toujours beaucoup de mal en 2026 à croire à un tel programme politique. Comment quelques millions d’individus, il est vrai pour la plupart jaloux à l’excès, incultes pour certains, haineux pour la plupart, prêts à tout, comme nous l’avons constaté avec la jeune garde et l’assassinat de Quentin Deranque. Comment font ces millions d’électeurs de ce parti LFI pour oublier les monstruosités du marxisme-léninisme, du communisme, ses cent millions de victimes au minimum rien qu’en Union soviétique à l’actif d’un certain Joseph Staline, un autre personnage charismatique qui savait lui aussi endoctriner une certaine population de laissés pour compte ? Le Parti communiste utilise alors à grande échelle l’emprisonnement, la torture, la déportation et la peine de mort pour éliminer ses opposants politiques réels ou supposés. Les pauvres n’y échappent pas, bien au contraire, le goulag, l’Holodomor en Ukraine, pour ne citer que ces deux exemples expéditifs d’extermination de masse. Comment dans notre pays au vingt et unième siècle des individus peuvent-ils encore espérer d’une telle idéologie, comme celle que prône Mélenchon, une idéologie qui, il est vrai, ressemble fort à l’islamisme rigoriste ? Comment peuvent-ils penser, ces soutiens, que les choses se termineraient différemment si de tels personnages venaient ou revenaient un jour au pouvoir ? Ils n’auraient d’ailleurs pas d’autre choix que la violence, le crime à grande échelle pour y parvenir et s’y maintenir.

    • Seule une situation exceptionnelle comme le défaut (financier) de la France pourrait amener LFI au pouvoir. Aujourd’hui la survie de notre nation est ultra dépendante des investisseurs internationaux. Si ces derniers ne prêtent plus il faudra en urgence prendre des mesures très impopulaires et tout devient possible pour LFI. En Allemagne la crise économique majeure née de la défaite de 1918 avec paupérisation généralisée a amené les nazis au pouvoir.

      • Comparaison n’est pas raison, je pense tout le contraire car sur quoi repose le programme de Mélenchon ? si ce n’est sur d’effrayantes mesures et dépenses toutes plus démagogiques les unes que les autres et la fin d’un certain capitalisme qui finance pourtant notre modèle social ? Sans aucun espoir de financement qui lui serait concédé par le FMI, ce parti redeviendrait ce qu’il aurait toujours dû être : un signifiant mouvement contestataire pour des idiots, paraît-il, utile. Les nazis, eux, sont arrivés au pouvoir suite à la guerre de 14/18 et aux outrages qu’ils auraient subis lors de l’armistice. C’est un nationalisme exacerbé et revanchard qui mena Hitler au pouvoir, tout le contraire de Mélenchon, qui est tout sauf patriote et encore moins nationaliste un leader politique qui semble défendre davantage le parti de l’étranger pour peu qu’il soit d’Afrique du Nord ou subsaharien.

  2. Il me semble que Gorbatchev avait dit que la France était le dernier pays communiste. Il y a certes quelques années, mais il reste encore un fond si on analyse la position de faiblesse de la France aujourd’hui. Je ne serais pas étonné que l’extrême centre veuille voir perdurer cette situation pour mieux conserver un pouvoir minoritaire en s’alliant à ce projet.

    • C’est un mystère que je ne peux m’expliquer pas dans le pays aux 850 milliards de prestations sociales. Seul les historiens dans quelques siècles si nous sommes encore en mesure d’étudier le feront

  3. Seul une crise majeure de la dette pourrait amener Melenchon et sa clique au pouvoir. Et encore, il est alors possible que ce soit seulement par la rue et non par les urnes. Aujourd’hui la très grande majorité des français a trop à perdre pour un tel régime. Même en important des miséreux du monde entier et en les chauffant en permanence contre la France cela est très peu probable dans la France d’aujourd’hui. Mais si un jour les investisseurs internationaux se détournaient de la France ce serait une catastrophe. L’Etat serait obligé de prendre en urgence des mesures radicales (baisse des salaires, réduction de 30% des pensions de retraites comme en Grèce) accompagné d’une explosion du chômage et d’une paupérisation généralisée. Tout devient alors possible…
    Une fois LFI au pouvoir l’application du programme de spoliation massif et en dépit du plus élémentaire bon sens économique ne pourra se faire qu’avec un recours massif à la violence et à la répression. L’histoire montre qu’il ne faut pas compter alors sur un retour rapide à la raison économique.

    • Attention, ce ne sont pas les votes en sa faveur qui font monter Mélenchon, mais les alliances contre nature et surtout l’abstention massive pour laquelle rien n’est entrepris afin de l’endiguer. Cherchez donc pourquoi ?

  4. Ce travail de démolition est déjà bien entamé par ceux qui nous gouvernent depuis un demi siècle .

  5. C’est à dire que Melenchon nous propose l’enfant illégitime de Haïti et du Kampuchéa démocratique. Le rêve de Robespierre et le cauchemar de la démocratie .

  6. Aura t on le droit de prenomer ses enfants : Hugo, Fidel ou Che, à moins que cela soit obligatoire. Sinon Mao c’est bien aussi !

  7. Imaginons une présidentielle qui donne une victoire étriquée à Edouard Philippe face au RN, avec une très faible légitimité du vainqueur donc. Imaginons ensuite des législatives en mode front républicain contre le RN qui ne permettent pas de majorité ni absolue ni relative, et un NFP qui devienne le premier groupe de l’AN : le PS et EELV s’associeront encore et toujours avec LFI lors des législatives.
    N’oublions pas également que dans la Macronie, Edouard Philippe et Attal avaient appelé à faire barrage en votant pour LFI ou le PC plutôt que le RN. Ils le referont en 2027.
    D’où l’hypothèse que bien que la France votera majoritairement à droite en 2027, la petite tambouille politicienne pourrait malgré tout amener au pouvoir un LFI. Les présidentielles seront probablement moins déterminantes que les législatives en 2027. Les législatives pourraient finir s’achever la crédibilité de la France en reconduisant une assemblée éclatée façon puzzle au dessus de laquelle un président héritier de la Macronie préférerait pencher vers l’extrême gauche pour former un gouvernement plutôt que d’entendre ce que veut le peuple.

  8. Ne nous énervons pas, il ne sera pas élu. Du moins pas cette fois-ci. Et s’il l’était, le pays basculerait dans la guerre civile, ses troupes grisées par leur victoire lâchant tous les chevaux de leur haine et de leur ressentiment. Et là, on sera bien trop occupé à sauver notre peau pour se soucier de quoi que ce soit d’autre.

  9. LFI ou le retour de l’ex-urss des années 1950 , mais ce serait pour la France cette fois-ci. Charmant programme de la bande de cinglés de service ; ils ce sont échapper de Établissement public de santé spécialisé en santé mentale d’Étampes .

  10. M. Mélenchon et ses affidés savent très bien que dans les pays communistes, si le peuple s’appuyait sans cesse, les dirigeants eux se gobergent et s’enrichissent au delà de toute mesure.

  11. Je déteste la ligne politique de LFI et donc de Melanchon. Mais on peut lui reconnaître ;
    -De la constance
    -Du travail programmatique
    -Une organisation au cordeau
    -Une machine de guerre électorale
    D’autres partis pourraient en prendre de la graine…

    • Mais aussi beaucoup de contre-vérités historiques, de démagogie politique et surtout de perfidies. J’oubliais, de haine viscérale pour les : tout blancs, tout moches.

  12. Bref ce que propose Melenchon c’est que la France devienne Haïti, Cuba ou le Venezuela… Tout un programme.

  13. Ce personnage va se faire avaler par la charia qu’il défend et les Frères Musulmans se feront un plaisir de le pendre, comme en Iran lors de la Révolution Islamique de 1979, tous les communistes qui ont installés ce régime ont été éliminés.

    • Mélenchon et ses affidés ne sont que les idiots utiles à l’Islam, ils seront éliminés dès que cette religion de « paix et d’amour ! » sera suffisamment puissante pour se passer d’eux…..
      Le véritable problème n’est pas ce Mélenchon, mais une frange de notre population pour laquelle le pain et les jeux sont le Graal suprême….

    • Assurément Melenchon et ces sbires ne sont que le marche pied de l’islamisme en France. S’ils venaient un jour au pouvoir ils en seraient les cocues et nous les victimes.

  14. Le plus grave n’est pas le programme mais le fait que si la France bascule dans une forme de Chavisme avec en plus une dominante internationaliste, il sera impossible d’en sortir par les urnes car il en va ainsi du gauchisme, une fois au pouvoir le dictateur ne le rend pas bien aidé par l’armée croupion avide de promotion et la police corrompue.

    • @IC1956

      Avec Mélenchon au pouvoir, vous imaginez ce que la police va réserver comme traitement à ceux qui protesteraient contre la politique délirante du chef de LFI? Sachant que sous Macron la Police mobilise les blindés contre les manifestants et les agriculteurs qui protestent contre les conséquences de la politique euro mondialiste, le deux poids et deux mesures répressifs que nous avons connu n’aura été un galop d’essai et un avant goût. il faut espérer que Mélenchon, le politicien le plus détesté de France, ne parvienne pas au pouvoir…

      • En France tout est possible. Ces gens vont augmenter leur score lors des législatives de 2027 et le pays sera à nouveau ingouvernable. C’est macron qui a donné des ailes à LFI ce qui lui permet de rester au pouvoir . C’est sa béquille.

      • Je ne suis pas certain qu’en cas d’arrivée au pouvoir de Mélenchon et de ses acolytes, la police et l’armée lui obéissent, tout comme Bruxelles pourrait agir en sous-main. C’est d’ailleurs, peut-être, l’une des raisons de sa détestation envers ces institutions. Je pencherais davantage pour une guerre civile où ils ne pourraient que perdre, enfin beaucoup d’entre nous aussi, et un gouvernement militaire de transition. Enfin cela paraît tellement irréalisable en France en 2027 que personne ne peut vraiment l’imaginer.

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