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Editoriaux - Politique - 17 mai 2020

L’État : omniprésence et efficacité ?

L’État, obèse et boursouflé, s’insinue partout, dans tous les interstices. Rien ne doit lui échapper : il voit tout, il sait tout, il dirige tout, il contrôle tout. Il pond, à jets continus et dans le même domaine, des règles, des normes et des structures qui se superposent, se guerroient, se contredisent sûrement, s’annulent parfois.

À cet égard, le domaine de la santé est emblématique. Nous avons, évidemment, un ministère de la Santé avec, en son sein, une direction générale de la Santé et une direction générale de l’Offre de soins. Nous avons également une Agence nationale de santé publique (Santé publique France), 18 agences régionales de santé (ARS), une Haute Autorité de santé (HAS), une Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), une Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de Santé (ANSM), une Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (AVIESAN), un Haut Conseil de la santé publique (HCSP). À cela, il faut ajouter les nouvelles créations macrono-corovidiennes : le Conseil scientifique d’experts qui murmure à l’oreille du Président et, depuis peu, le Comité analyse recherche et expertise (CARE).

Franchement ! Tous ces organes sont-ils nécessaires ? Est-ce que le HCSP ne pouvait pas servir de comité d’experts pour la crise actuelle ? Sinon, à quoi sert-il ? Si oui, à quoi sert le comité d’experts ? Toutes ces constructions aboutissent-elles à prendre correctement soin de la santé des gens ? Dans cet amas de structures fonctionnarisées jusqu’à l’écœurement, pas une n’a vu venir le manque de masques, de respirateurs, de gel, de blouses, de surchaussures, de charlottes, de médicaments, et du reste : c’est sidérant.

Et puis cet État omniprésent, omnipotent, a un mal de chien à lâcher un tout petit peu de pouvoir. Deux exemples.

Les conseils municipaux élus au premier tour, le 15 mars, vont enfin pouvoir être installés. Oui, mais ! L’État met son grain de sel, forcément ! Cette installation ne pourra se faire, ordonne-t-il, qu’entre le 23 et le 28 mai ! Ni avant, ni après. Grands dieux, pourquoi ces dates ? À quoi sert cette injonction ? Les maires élus ont poireauté deux mois sur le banc de touche et hop ! on leur pique encore dix jours. Ils sont assez grands pour décider tout seuls, non ? Absurde, cette infantilisation !

Deuxième exemple, l’ouverture des plages. La règle est : le maire propose, l’État dispose. Mais, bon sang, est-ce que le préfet connaît toutes les plages de de son département, les longues bandes de sable blond sans risque et les petites criques dont l’ouverture est questionnable. Le maire connaît sa circonscription par cœur, pas le préfet ! La pratique suivie ramène au temps des culottes courtes : « Vous pouvez, mais il faut demander l’autorisation au surveillant général. » C’est idiot, en plus d’être désobligeant pour les maires. Et puis à quoi rime cette injonction de ne pas s’asseoir sur la plage ? Dans quel but a-t-on pris cette stupide mesure ? Alors, avec la pédanterie des ignares, on nous bassine avec la « plage dynamique » ; cet adjectif n’a jamais signifié qu’il faut y bouger !

On ne demande pas grand-chose : juste de respirer un peu en dehors des contraintes administratives prétentieuses et inutiles. De grâce, laissez-nous vivre !

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