« Les victimes, ce sont les chrétiens » : la lourde peine des familles face aux églises vandalisées

À Luynes (37), l'église Sainte-Geneviève restera dorénavant fermée en dehors des célébrations à cause de vandales.
Boulevard Voltaire.
Boulevard Voltaire.

À Luynes, près de Tours, l'église Sainte-Geneviève trône au cœur de cette commune d'un peu plus de 5.000 habitants. En dehors d'une messe le mardi matin, d'une célébration mensuelle le samedi soir et des offices ponctuels qui rythment la vie d’une paroisse, le bâtiment vit surtout des allées et venues discrètes de quelques fidèles qui s'y recueillent un instant, loin de l'agitation du quotidien.

C'était notamment le cas de Lorette, jeune mère de famille de Luynes, qui avait pris l'habitude d'y passer quelques moments privilégiés avec ses deux enfants en bas âge, au gré des trajets de la journée. Mais ces visites improvisées appartiennent désormais au passé. Ce lundi 3 août, elle a appris que l'église resterait dorénavant fermée en dehors des célébrations, conséquence du vol d'un tronc et de la dégradation d'une porte survenus un peu plus tôt.

L’église, un lieu de transmission

Pour Lorette, pousser la porte de Sainte-Geneviève était devenu un geste aussi naturel qu’habituel quand elle s’y arrêtait avec ses petits sur le chemin de l’école, de la pharmacie, de la bibliothèque ou encore de la boulangerie. « Je savais qu'elle était tout le temps ouverte », confie, auprès de Boulevard Voltaire, la mère de famille. « C’était très facile d’y aller, cela prenait dix minutes : on entrait, on repartait. » Dix minutes seulement, mais dix minutes qui avaient trouvé leur place dans le rythme de la vie familiale. Loin de l'agitation d'une messe dominicale, l'église vide et silencieuse lui permettait de faire découvrir à ses enfants ce qui échappe souvent aux plus petits lorsque les bancs sont remplis : les statues, les vitraux, l'autel, la petite flamme rouge qui signale la Présence réelle. Ils s'arrêtaient quelques instants pour apprendre à prier sagement, puis les enfants disaient simplement « Bonjour Jésus », avant de lui adresser un « au revoir » en quittant les lieux.

Ces visites spontanées étaient, pour cette mère de famille catholique, « une façon de transmettre [s]a foi dans le quotidien et de mettre la prière au milieu de la journée. Pas seulement le dimanche. »

C'était une habitude que partageaient, autrefois, nombre de familles catholiques, au temps où l'on savait trouver les églises ouvertes. Combien d'enfants ont récité La Vierge à midi de Paul Claudel, ce poème où l'auteur entre dans une église « parce qu’il est midi », heureux d'y trouver simplement « l'église ouverte ».

« C’est le cœur des chrétiens que l’on attaque »

« Cela me désole énormément car je ne pourrai plus proposer à mes enfants ce moment intime », regrette Lorette. Et demain, redoute-t-elle, ils ne pourront peut-être même plus franchir spontanément le seuil d'une église pour venir prier seuls, car « plus le temps passera, plus les églises seront fermées dans la journée pour éviter ce genre de problème », analyse la mère de famille, qui ne cache pas sa colère de voir ces actes devenir habituels. « Les églises sont de plus en plus dégradées, de plus en plus pillées, et il n’y a aucun moyen de retrouver les responsables. »

En 2025, « 843 actes antichrétiens ont été recensés », selon le ministère de l'Intérieur, soit une hausse de 9 % par rapport à l'année précédente.

« Les personnes victimes de cela, ce sont les chrétiens. On ne peut plus entrer dans les églises, on ne peut plus s'y sentir en sécurité. Ce sont pourtant des lieux de recueillement, ouverts à tous », déplore Lorette.

Comment transmettre aux générations futures ce réflexe autrefois si naturel de pousser la porte d’une église, de s’y recueillir quelques instants ou simplement d’y trouver un peu de silence, lorsque ces lieux tendent à se fermer en dehors des célébrations ? C’est une habitude séculaire de la vie française qui risque ainsi de disparaître peu à peu.

« C'est le cœur des chrétiens que l'on attaque », conclut Lorette.

Vos commentaires

26 commentaires

  1. Tout citoyen français doit défendre notre patrimoine commun. Les églises de nos villages en font partie
    La commune de Luynes située à une dizaine de KM à l’ouest de Tours, compte surtout le château des ducs qui domine le village. Privé et interdit de visite, le château a sa propre chapelle castrale. Le bourg offre de superbes halles anciennes, et les ruines de l’aqueduc romain de Luynes , lieu de nos ballades dominicales, des ruines mieux protégées que l’église, après avoir servi durant des siècles de carrière de pierre – ce « petit appareil » utilisé par les Romains.
    L’église est un bien public. Rebâtie au 19ème siècle en style composite roman gothique primitif, elle abrite de superbes vitraux religieux du XIXème eux aussi.
    La racaille ne respecte rien ! Et « l’état de droit » maconiste va de plus en plus de travers!

  2. C’est triste mais c’est la société que nous avons créée ou tolérée. La solution, plus facile à formuler qu’à mettre en oeuvre (c’est vrai…) est de redonner du sens au sacré, d’installer des systèmes de défense et de surveillance, de mettre les moyens pour arrêter les coupables et de les punir sévèrement.

  3. Aux alentours du IVe siècle, le droit d’asile s’est développé dans les églises, il a été définitivement supprimé par la révolution française. Aujourd’hui certains demandeurs d’asile entrent dans une église pour piller, molester et même tuer. Les chrétiens trouveront portes fermées s’ils veulent prier.
    En parallèle en France certains prient dans les rues jusqu’à les bloquer tellement ils sont nombreux, pourtant leur lieux de culte, flambant neufs pour la plupart, ne craignent rien. C’est stupéfiant de voir à quel point les français doivent s’effacer pour laisser les étrangers dans la lumière.

  4. Déplorable en effet , mais de toute façon avec un clergé qui prefere arborer des drapeaux ukrainiens sur les sacristies plutôt que d’évoquer le martyre des chrétiens nigérians …et dont les séminaires sont vides ; je ne saurai trop conseiller à cette mere de quitter ce pays et de mettre à l’abri ses filles de la pourriture morale qui y a désormais pignon sur rue .

  5. J’imagine que de parler du saccage des églises, c’est faire de l’ingérence, ou faire le jeu de l’extrême droite. Nous savons maintenant que les socialos- mondialistes sont prêts à tout pour nous cacher le péril qui nous guette.

  6. Cela ne s’arrête donc jamais. Les vandales ont du travail avec toutes les églises de France..Mais les prêtres
    et les paroissiens doivent se prendre en mains pour surveiller notre patrimoine réligieux, sinon on ne s’en sortirat pas .. Nous ne pouvons plus compter que sur nous mêmes. Les feux nous ont permis de constater que les français, avec nos soldats du feux, ont prit l’initiative de lutter contre ce fleau .

  7. Une église fermée, c’est un soleil éteint, un coeur qui se refuse. Et même si les hommes légers n’y viennent jamais, encore faudrait-il la laisser ouverte afin qu’y entre le soleil, l’oiseau blessé, le chien perdu, le fugitif et l’âme errante. (Xavier Grall. Poète Breton)

  8. L’ancien testament biblique faisait état de la loi du talion, œil pour œil dent pour dent. Le nouveau testament dit: aimez même vos ennemis. Ce qui n’implique pas qu’on ne doit pas se défendre y compris contre les traitres à notre culture.

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