Pour l’occasion, Steinbeck pardonnera la rédaction de changer le titre de son roman sur la détresse du monde paysan. Ici, point de raisins, donc, mais plutôt des poires, dans cette affaire relayée par Le Figaro. Las, l’histoire est banale mais, somme toute, révélatrice des contradictions de notre société, écologiste quand il faut voter, mais ne le serait plus en allant au supermarché.

Dans la Drôme, Joris Miachon, un arboriculteur, a alerté les de cette situation ubuesque : le Super U de Saint-Sorlin-en-Valloire propose des poires d’ à seulement deux kilomètres de son exploitation !

« Bravo U LesCommercants. En plein cœur d’une zone de production, vous n’avez pas honte de proposer de la poire d’Argentine ? À quelques centaines de mètres de votre magasin à Saint-Sorlin-en-Valloire, on travaille dans nos vergers par 45 °C pour récolter notre production de poires », dénonce-t-il dans un tweet.

L’arboriculteur, également responsable de la section du syndicat Coordination rurale, explique au Figaro avoir « contacté le directeur du supermarché ». Ce à quoi, en retour, ce dernier aurait retiré les poires étrangères prétextant que ce n’est pas lui qui choisit ses produits mais la centrale d’achat. CQFD.

Au-delà de cette affaire particulière, l’arboriculteur souhaite faire passer un message de soutien envers les agriculteurs : « Pendant le confinement, on était un peu les “héros de la nation”. Aujourd’hui, on a l’impression d’avoir été utilisés […] Soit on considère qu’on doit être soumis à la concurrence, mais nous n’avons pas toutes les cartes en main pour rivaliser. Soit on considère que l’ a une valeur économique et qu’il faut la soutenir. Pas à coups de subventions mais en nous achetant notre marchandise à des prix rémunérateurs. »

À bon entendeur, salut ! Lorsque l’on nous répète à longueur de journée que, pour être en bonne santé, nous devons consommer cinq fruits et légumes par jour, il faudrait voir à ne pas confondre, dans ce mantra infantilisant, leur provenance avec les cinq continents.

12 août 2020

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