Editoriaux - Politique - 8 septembre 2019

Les macronistes en folie : après Villani à Paris, la caravane est à Bordeaux, avec Bayrou et Raoni en vedettes

Les divisions sont un luxe que peuvent se permettre les partis au pouvoir. Et c’est, finalement, un signe supplémentaire de leur force. Souvenez-vous des éléphants et de leurs courants au PS, du RPR partagé entre tendances Séguin et Juppé. Organiser l’opposition ou la dissidence en son sein, c’était le meilleur moyen de la neutraliser à l’extérieur. Décliné en langage macronien, le principe a été énoncé, comme le rapporte Le Monde, par Jean-Marc Borello, proche d’Emmanuel Macron et de Muriel Pénicaud et membre de la commission des investitures du parti : « Oui, mais en laissant les portes et les fenêtres ouvertes, cela ne sentira pas le moisi comme dans les autres partis ! » Tout ça pour dire que les frissons des dissidences LREM pour les municipales que les médias s’évertuent à nous transmettre ne sont peut-être qu’un moyen d’occuper le terrain médiatique et d’évacuer tout autre sujet : vous êtes plutôt Grivaux ou plutôt Villani ?

À Bordeaux, ce week-end, le parti présidentiel tente d’imprimer cette question majeure dans tous les esprits. Toute la Macronie doit se retrouver à cette université d’été rebaptisée « campus des territoires », tout le gouvernement et tous les petits et grands seigneurs de la Macronie et autres chefs à plume, notamment les candidats aux municipales. Benjamin Grivaux était donc présent, avec son petit fan-club, tandis que Cédric Villani était resté à Paris. Présent aussi, Thomas Cazenave, candidat du parti à Bordeaux. Une candidature qui a le don d’agacer François Bayrou, le vieux sage de la Macronie qui soutient, lui, l’actuel maire LR de Bordeaux, Nicolas Florian, successeur d’Alain Juppé. Autre sujet de courroux pour le maire de Pau : le choix d’Emmanuel Macron de proposer Sylvie Goulard, une de ses ex-amies du MoDem, pour siéger à la Commission européenne. Vous ne suivez plus ? Moi non plus.

Ah, si, dernière nouvelle du cirque Macron et de sa représentation bordelaise : l’invité vedette sera le chef indien Raoni, symbole de la lutte contre la déforestation. Après un entretien à huis clos avec le Premier ministre et les ministres les plus en vue du gouvernement, on n’exclut pas une déclaration solennelle de Raoni sur la beauté incontestable de Brigitte Macron.

Vous pensez à Timothy, assassiné à Villeurbanne par un demandeur d’asile afghan ? Aux frais de logement de vos enfants étudiants à Paris ou… à Bordeaux ? Vous avez reçu votre avis de taxe foncière ? Vous vous demandez ce que vont devenir vos droits à la retraite et combien vaudra le fameux « point » ?

Vous n’y êtes pas : LE sujet, c’est Vi-lla-ni ou Ra-o-ni. Et rien d’autre.

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