Les gilets jaunes sont-ils solubles dans l’urgence climatique ?

Ce samedi 16 mars aura peut-être scellé définitivement l’avenir du mouvement des gilets jaunes. Et, dans l’esprit des médias dominants, scindé le mouvement de contestation en deux : d’un côté les ultras, lions enragés responsables de toutes les dégradations, pillages et violences des Champs-Élysées et, de l’autre, les moutons, les pacifistes sacrifiés sur l’autel de l’urgence climatique.

La grande convergence des luttes, celle des oubliés de la France périphérique et celle des bobos affolés par la probable extinction de la planète Terre, était annoncée dans les médias. Mais la grande réconciliation n’a pas vraiment eu lieu, et pour cause.
Impossible de dénombrer le nombre exacts de “vrais gilets jaunes” au sein de ces marches pour le climat à Paris ou en province. Quelques quotidiens comme Ouest France ont peut-être pris leurs désirs pour la réalité : “Gilets jaunes et défenseurs du climat ont uni leurs forces.” D’autres, sans doute plus réalistes, sont plus nuancés, comme La Voix du Nord : “Pas de convergence avec les gilets jaunes mais un grand élan pour le climat.” Mais tous s’accordent sur un point : chez les militants de la cause climatique, l’ambiance était festive, pacifique et amusante.

Présente dans une de ces grandes villes de France, j’ai pu constater que ces marcheurs du samedi n’étaient plus du tout les mêmes que d’habitude : plutôt bobo verdâtre que gilets jaunes contestataires. Roulant en bicyclette électrique plutôt qu’au diesel. Inconditionnels des centres-villes plutôt que des ronds-point… Les frères ennemis naturels de nos Gaulois réfractaires. Opposants en peau de lapin d’un gouvernement qui n’en peut plus de se contorsionner pour “en même temps” sauver la planète et contenir la colère des victimes de la taxe carbone. Car, finalement, qui, mieux qu’Emmanuel Macron, s’est engagé en faveur de la transition énergétique ?

Brune Poirson, notre secrétaire d’État à la Transition énergétique et qui participait à la grande marche climatique samedi, le rappelait, ce lundi matin, sur Europe 1, en piquant une grosse gueulante contre son gouvernement qui, à son goût, n’en fait toujours pas assez et pourtant, rappelait-elle : “Nous sommes le gouvernement qui est sur le pied de guerre sur la question climatique”.

Peu responsable des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, la France a vu large et fondé ses projets essentiellement sur l’éolien et le photovoltaïque. Coût de l’opération : cinquante milliards d’euros par an. De quoi faire plaisir à la petite Greta et aux jeunes lycéens en mal de repères ! Si grande réconciliation nationale il devait y avoir, elle devrait se situer entre le gouvernement et les défenseurs du climat. L’alliance vert-jaune paraît bien contre-nature…

Et tant pis pour les Gaulois réfractaires qui devront, d’une manière ou d’une autre, régler la facture ! À commencer par ces oubliés de la ruralité qui devront se farcir la pollution visuelle ou sonore des éoliennes qui défigurent nos campagnes. Il faut bien que nos bobos de centre-ville alimentent leurs bicyclettes électriques !

À lire aussi

Faillite des retraites : ils n’ont rien voulu savoir…

Loin d'encourager la natalité, le rapport Delevoye aggrave la situation des familles nombr…