Editoriaux - Politique - Tribune - 13 mai 2019

Les Français ont-ils déjà baissé les bras ?

À en croire les sondages, et à quinze jours des élections européennes, la popularité de Macron serait encore en baisse, à 34 % d’opinions favorables. La confiance dans sa politique pour redresser le pays ne recueillerait que 28 % des suffrages des Français. Et deux électeurs sur trois penseraient qu’il n’a rien compris à la grave crise politique que traverse notre pays depuis plusieurs mois. Par ailleurs, face à ces chiffres qui pourraient laisser à penser que la Macronie vit ses derniers jours, nos concitoyens, à raison d’un Français sur deux, et en dépit des campagnes de désinformation qui sévissent à un rythme soutenu ces derniers mois, soutiendraient toujours, quant à eux, le mouvement des gilets jaunes.

Ces constats devraient donc tout avoir pour séduire et encourager les opposants à Macron et à sa politique. Pourtant, dans les faits, ils sont extrêmement difficiles à vérifier, voire même à croire. Engagés dans la campagne électorale, nombreux sont les militants de divers partis politiques à faire la même analyse : les Français restent, dans leur immense majorité, résignés et paraissent peu enclins à vouloir se rendre aux urnes, le dimanche 26 mai. Ainsi, le record d’abstention observé lors des européennes de 2014, qui s’était élevé à 59,37 % en 2009, devrait être battu. Dès lors, une telle attitude ne vient-elle pas démentir les résultats des enquêtes sur l’état d’esprit des Français ? Les Français, que les médias se plaisent à montrer excédés par les impôts, les taxes et les injustices sociales qui s’amplifient et s’aggravent, et inquiets de l’immigration incontrôlée qui sévit dans notre pays, seraient-ils tout à coup prêts à céder, et découragés face à l’avenir ? C’est, malheureusement, ce que semble parfois révéler le contact direct sur le terrain avec nos compatriotes.

C’est donc, pour le 26 mai prochain, un scénario pire que celui de l’élection présidentielle de 2017 qui semble se dessiner. Macron, qui a été élu à cette époque avec à peine plus de 43 % des inscrits, soit nettement moins d’un Français sur deux, pourrait voir la liste qu’il soutient l’emporter avec 21 ou 22 % des suffrages. Soit, en raison de l’abstention prévisible, 8,5 % de l’ensemble du corps électoral ! Ce sont ainsi à peine un peu plus de quatre millions d’électeurs qui tiendraient entre leurs mains, et grâce à leurs votes, l’avenir de la France. Quatre millions de Français qui, par le biais d’une grosse vingtaine d’élus au Parlement européen, vont décider pour tout un pays de la poursuite de la politique migratoire européenne catastrophique que nous connaissons. De la paupérisation des travailleurs. De la poursuite de la désindustrialisation et du bradage de notre richesse nationale. Du nivellement par la base du niveau de vie des ménages. Du délabrement de nos traditions, de notre culture et de notre patrimoine.

Dans ce contexte, comment appeler à la raison les 60 % de nos compatriotes qui semblent décidés à ne pas se rendre aux urnes dans quinze jours. Comment leur faire comprendre qu’après, il sera trop tard. Et que, par leur abstention, ils devront assumer cette lourde responsabilité d’avoir sacrifié la France aux intérêts d’une minorité de financiers et de technocrates. Ceux qui auront ainsi su tirer parti d’un système, la démocratie, qui, comme le disait fort justement Churchill, est « le pire à l’exclusion de tous les autres ».

Il reste encore deux semaines aux Français indécis pour se décider à aller voter. Deux semaines pour qu’ils se réapproprient ce pouvoir de décision qui leur appartient et qui les rend seuls aptes à dire ce que veut la France. À défaut, ils ne vaudront, finalement, pas mieux que les politiques qu’ils sont d’ordinaire si prompts à critiquer.

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