Les employés de la SNCF ont mis en avant leur « droit de retrait » suite à un accident ayant entraîné des blessures à des personnes mercredi 16 octobre. Le personnel a ainsi provoqué une grève surprise du vendredi 18 au dimanche 20 octobre qui a pris de court le gouvernement, les médias et les usagers. Lundi matin, la SNCF et les médias annoncent que le trafic reprend progressivement : à Angers, c’est cependant loin d’être le cas encore, ce mardi 22 octobre.

La gare vit une curieuse situation. Elle, d’habitude si vivante, est déserte à l’exception de fortes affluences quand un train pour Paris arrive de Nantes. Là, une volée de personnes se massent autour du personnel de la SNCF qui a bien du mal à contenir le flux et ne tarde pas à demander du renfort.

Quand on se dirige vers l’accueil, on apprend que les TGV « roulent bien » (tout est relatif : ils ont cinquante minutes de retard), mais les TER, pour la plupart, sont à quai. Il arrive que l’un de ces trains régionaux soit annoncé “mis en circulation” mais les usagers demeurent sceptiques quant à la réalité de ce qu’avance la SNCF : « Un train qui part, c’est un train qui arrive !» répond avec conviction une cheminot provoquant des rires nerveux et ironiques de l’auditoire autour d’elle. Au micro, alors qu’aucun train n’encombre les quais, une voix annonce sereinement : « le TGV n° XXXXXX est parti de Pétaouchnok, la voie d’arrivée est à l’étude »… Trop de choix tue le choix, sans doute.

Les usagers, pour la plupart, n’osent pas trop s’exprimer : certains ont le regard compréhensif sur la situation des cheminots, d’autres en ont assez soupé de leurs excès. Une vieille dame s’énerve. Elle a déjà subi un retard de quatre heures, la semaine dernière, en arrivant à Angers. À son départ, c’est une grève surprise qui la retient et l’oblige à attendre : elle perd patience face à la personne qui essaie de lui expliquer la légitimité du droit de retrait… sans résultat !

Quand on arrive devant les employés de la SNCF, que l’on arguë son statut de journaliste indépendant, la consigne est claire : aucune communication avec les journalistes s’ils ne passent pas par la cellule de communication-presse. On met en œuvre son droit de retrait, certes, et ce petit jeu se transforme en roi du silence. Pas d’information en bas… Non plus en haut : le service national de communication renvoie directement au service de communication régionale, qui ne répond pas. Demerdenzizich! C’est beau, la décentralisation en France…

Dans la presse nationale, l’actualité a déjà fait place à des sujets plus brûlants et problématiques. En bref, tout le monde s’en fout, de ces personnes complètement bloquées, obligées de payer une fortune en train pour un service dont la qualité se détériore d’année en année.

Restez une heure dans une gare et vous entendrez battre le pouls de la France. Eh bien, à Angers, les cheminots font la tête, la direction la moue et les usagers boudent. Si une grève illimitée commence le 4 décembre, on risque de bien s’amuser.

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