Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - Religion - 23 octobre 2019

Jean-Frédéric Poisson : « Derrière le voile et l’islam se cache l’intervention de pays étrangers qui ont décidé d’installer la charia en Europe »

Le président du PCD récuse, par ailleurs, le parallèle entre les listes communautaristes de l’UDMF et les valeurs constitutives du PCD.

L’union des démocrates musulmans de France (UDMF) présente des candidats aux municipales. Ils répondent à ceux qui veulent faire interdire ce parti du fait qu’il s’agirait de listes communautaires qu’il faudrait aussi dans ce cas interdire les candidats du Parti chrétien démocrate. Qu’en dites-vous ?

Il faut d’abord se mettre d’accord sur ce que veut dire « communautarisme ». Il s’agit de la vision politique qui fonde d’abord son action sur la défense d’intérêts, de cultures et de traditions particuliers au sein d’une société, avec une défense exclusive des personnes qui partagent cette vision, cette culture, ces traditions et ces pratiques. Le communautarisme porte avec lui une vision fracturée de la société, une forme de société de l’apartheid dans laquelle on reconnaîtrait des droits spécifiques à certaines personnes au nom d’un appartenance ethnique, culturelle ou religieuse.
C’est l’antithèse de la vision du Parti chrétien démocrate. Nous avons une vision fondée sur l’universalité des droits. Certes, nous sommes très clairement d’inspiration de la culture chrétienne qui a irrigué toute la société française tout au long de l’Histoire et encore aujourd’hui. Mais toute comparaison entre le communautarisme musulman, très actif en France et soutenu, d’ailleurs, par de nombreux États étrangers musulmans d’un côté, et d’un autre côté notre mouvement, qui porte une doctrine qui a fondé la France depuis 15 ou 16 siècles, est absolument nulle et non avenue.
Cela n’a aucun rapport ! D’un côté, il y a la volonté d’un certain nombre de musulmans de s’unir dans un parti politique pour défendre leurs intérêts et leur vision du monde de façon exclusive à leur destination à eux. C’est leur droit, sans doute. D’un autre, il y a notre vision, conformément à l’intégralité des institutions française, basée sur un principe universaliste des droits humains et le respect sans conditions, sans restrictions et sans exception de toute personne, quelle qu’elle soit.

Personnellement, pensez-vous que l’UDMDF a le droit de s’exprimer ?

Je ne suis pour l’interdiction de personne. Je suis pour que les gens qui souhaitent s’exprimer dans le débat public puissent le faire. Je suis, en revanche, pour que ce débat public permette vraiment la confrontation des arguments et fasse apparaître l’islam pour ce qu’il est.
Il ne s’agit pas d’une religion pacifique, même si beaucoup de musulmans le sont, mais d’un système global intrusif qui veut encadrer la vie privée, jusqu’à la vie individuelle et même intime des familles. Et ce système politique n’est pas compatible avec nos institutions.
Il faut qu’au contraire ce message se propage dans la société française pour que les Français s’en rendent compte.

Cette polémique intervient alors qu’on n’est même pas encore sorti de l’affaire de cette femme voilée. Qu’avez-vous pensé de cette affaire ?

Cette affaire révèle l’ambiguïté de la société française à l’égard de cet islam qu’elle ne sait pas appréhender, car personne ne l’aide à le faire de manière correcte. La femme qui était au Conseil régional avait le droit d’y être. Elle avait le droit de porter le voile, car l’état de la loi le lui permet. On ne peut donc pas faire le reproche à quelqu’un, qui que ce soit et pour quelque motif que ce soit, de se comporter d’une manière qui soit conforme ou au moins autorisée par la loi. C’est mon point de départ.
Par ailleurs, le voile est un effet. Ce n’est pas une cause. Nous avons du mal à apprécier qu’il existe de nombreuses raisons pour lesquelles des femmes décident de porter le voile. Nous sommes engagés en France dans une interprétation féministe sur la question du port du voile et qui est uniquement centrée sur la liberté des femmes à le porter ou à ne pas le porter. Je pense que c’est une mauvaise manière d’entrer dans le problème. Derrière l’islam comme projet politique se cache l’intervention d’un certain nombre d’États étrangers qui ont décidé d’installer la charia en Europe.
Un certain nombre de mouvements musulmans sont liés avec le gouvernement turc. Beaucoup de mosquées sont directement liées avec le Qatar, l’Arabie Saoudite, l’Algérie ou le Maroc. Nous sommes la proie d’un certain nombre de puissances étrangères.
Par conséquent, soit le voile est un choix individuel religieux et il est, dans ce cas, garanti par les libertés fondamentales que nous protégeons au titre de la loi 1905. Soit il est un instrument politique et vécu comme tel. On sort alors du cadre de la loi de 1905 pour entrer dans une confrontation soit de civilisation soit de système politique.
Comment savoir la raison pour laquelle la personne qui est en face de vous a choisi de porter un voile ? Le fait-elle pour des motifs religieux individuels ou pour des motifs politiques collectifs qui échappent au droit français ? C’est toute la difficulté…
La loi de 1905 donne la garantie de pouvoir exprimer sa foi religieuse dans l’espace public en portant les vêtements que l’on veut, sauf restrictions spéciales prévues par la loi. Si on va au-delà de cela, on risque de tordre l’esprit de la législation française.
Toutefois, dans le contexte où nous sommes aujourd’hui de conquête affichée, en particulier de la Turquie ces temps-ci, sur les pays occidentaux, il faut peut-être s’interroger sur la nature même de l’islam. On peut considérer qu’il est certes une religion, mais qu’il n’est pas que cela. Dans la mesure où il n’est pas qu’une religion, on peut s’interroger sur l’existence éventuelle d’un traitement politique un peu différent.

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