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Le Système, c’est vous !

Si l’Histoire se répète, David serait-il Covid, Goliath, le système ? On n’a pas fini d’ergoter à propos de ce virus, ses conséquences, des multiples leçons à tirer de cette crise, d’une convalescence sociale et économique qui risque d’être bien plus dévastatrice que l’épidémie. Beaucoup parlent de renverser le Système, de profiter de l’après-virus pour le dézinguer, faire la révolution, réhabiliter Guillotin, profiter de cette monumentale faillite de la République bienveillante et de la trahison complice de ses sbires pour tout chambouler. « Ça branle dans le manche,/Les mauvais jours là finiront./Et gare ! à la revanche/Quand tous les pauvres s’y mettront ! »

Pourquoi pas, joli programme somme toute, en ces temps d’embastillement volontaire. Hélas, et au risque d’en décevoir plus d’un, le Système, c’est vous. La bête immonde, n’est-ce pas, toute honte bue, nous tous, vous et moi et moi, ses complices et esclaves volontaires qui en gavons les entrailles fécondes, et, pour paraphraser le polémiste Bossuet, « le système ne se rit-il pas de nous qui déplorons les effets dont nous chérissons, au rythme de nos pulsions hédonistes et libertaires – valeurs si chéries du démiurge à lunettes Michel Onfray -, les causes ».

Le confinement risque d’être long, allégé certes pour certaines richesses et assurances retraite importées – vivre ensemble et valeurs républicaines obligent -, mais tout cela sera bien vite oublié. Car le système est par nous, avec nous et en nous, en symbiose volontaire avec la bête puissante que nous avons contribué à engendrer. Le système, ce sont Trente Glorieuses suivies de « Trente Progressistes » précédant les consuméristes ; de Pompidou à Macron, petit caporal de guerre en prévention des heures les plus sombres, la boucle est bouclée. Puis, entre les deux, toutes les salades que nous avons ingurgitées : les lois mémorielles, Pleven, Gayssot, Mai 68 et Cohn-Bendit, Maastricht, l’utopie européiste dont la devise, en cas de crise, semble être « chacun pour soi, les migrants pour tous », les référendums avortés entres autres avortements, Taubira, la destruction de la famille traditionnelle, le féminisme, les multinationales de la bouffe, des fringues et du divertissement, le développement de l’islam… et j’en passe et des meilleures.

Mais nous n’avons rien vu venir de tout ça. Rien vu venir, shootés au consumérisme, enfants bâtards du jouir sans entraves, défoncés à un individualisme promu narcissisme pathologique, tous deux induits par la propagande, les médias et la publicité. Tellement camés que nous avons oublié l’essentiel. La carotte pour le baudet, mais aussi du pain, des jeux et du PQ pour une société progressiste figée au stade anal. Vite relancer l’économie pour un économisme devenu l’unique projet politique.

Homo festivus a la mémoire courte, le temps d’une virémie, bien plus courte que le politique dont les facultés mnésiques sont rythmées au gré des échéances électorales. Les premiers à tirer une leçon, c’est nous, rien que nous, l’urgence est de se désintoxiquer de toutes ses pulsions induites, revenir à un mode de vie raisonnable, privilégier le localisme, le meilleur des survivalismes, la famille, nos traditions, seul progrès qui nous a réussi.

Une remise en question personnelle qui s’impose à nous individuellement bien avant de vouloir changer le monde. Tant que nous ne changeons pas notre mode de vie morbide, nous serons encore et toujours complices de ce fameux système que nous ne cessons de dénoncer. Mais heureusement, bientôt les soldes, et après les soldes, les vacances, les sacro-saintes vacances, changer d’air, mais avant ça, vite, un voyage low cost, aller-retour, le plus loin possible, pour oublier…

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