Editoriaux - Société - 24 avril 2019

Le Québec, dernier rempart contre le multiculturalisme et l’islamisme ?

Au Québec, la gauche radicale, les libéraux et les intégristes, notamment musulmans, font bloc contre… la laïcité. Figurez-vous que François Legault, le chef du gouvernement de la province, veut faire adopter une loi imposant la neutralité religieuse des fonctionnaires – ce qui paraît la moindre des choses, mais est perçu par une minorité active comme une attaque intolérable contre le multiculturalisme.

Cet homme de centre droit ne fait qu’appliquer une promesse de campagne consistant à inscrire le principe de laïcité dans la Constitution du Québec et à contraindre les agents de l’État « en position d’autorité » à ne pas arborer de signes religieux. Le projet de loi prévoit aussi d’obliger tous ces fonctionnaires à exercer « à visage découvert ». Il n’en faut pas plus pour que les partisans du multiculturalisme crient au scandale, allant jusqu’à accuser le Premier ministre de s’inspirer d’Hitler et de préparer un « nettoyage ethnique ».

Parmi les plus acharnés des contestataires, des islamistes. Ainsi, à l’appel du collectif canadien anti-islamophobie, cinq à six mille personnes ont défilé, le 7 avril, avec des slogans comme « Bikini, leggings, voile ou burqa, c’est mon choix ». Une façon de banaliser le voile islamique. L’un des principaux organisateurs était un imam, incarcéré 21 mois, soupçonné de collusion avec Al-Qaïda, qui avait incité des jeunes à partir faire le djihad en Syrie. Mais outre ces intégristes islamistes, on trouve aussi une partie de la gauche radicale et des libéraux favorables au multiculturalisme.

La presse se montre parfois complice, plus ou moins volontairement. Comme ce chroniqueur de radio qui pousse un cri d’alarme : « S’il y a une formule qu’il ne faut pas suivre, c’est la formule française », a-t-il déclaré, ajoutant : « A-t-on envie de finir avec le Bataclan, le camion-bélier à Nice et Charlie Hebdo ? » Vous avez bien compris ! Pour ce journaliste, la laïcité, en interdisant aux islamistes de s’exprimer publiquement, serait responsable des attentats terroristes. La conclusion va de soi : il vaut mieux se coucher tout de suite et se soumettre.

Le Québec résiste encore au multiculturalisme canadien, qui rejette l’assimilation et que certains, en France, donnent en exemple. Cette polémique n’est pas sans rappeler les débats où s’établit progressivement une étrange alliance entre l’intégrisme musulman, le libéralisme et l’islamo-gauchisme. L’intégrisme invoque la liberté et l’égalité pour normaliser et étendre ses usages, le libéralisme considère la pluralité des cultures comme le summum du progressisme, l’islamo-gauchisme trouve dans la confrontation des religions un substitut à la lutte des classes.

Si la laïcité sert parfois d’alibi à la christianophobie, les Français admettent, dans leur majorité, le principe de séparation de la société civile et de la société religieuse et le devoir de neutralité de l’État à l’égard des différentes confessions. Et c’est tant mieux ! Ce qui ne signifie pas qu’ils méconnaissent les racines chrétiennes de la France : les réactions suscitées par l’incendie récent de Notre-Dame de Paris montrent que cette cathédrale a, pour une majorité d’entre eux, une signification autre que touristique, un sens spirituel, au-delà des catholiques. Mais cette laïcité peut être considérée comme un obstacle au multiculturalisme.

Sous prétexte d’ouverture et de tolérance, la laïcité se dénature et le relativisme culturel prend de l’ampleur. Si certains s’aventurent à mettre en garde contre l’expansionnisme de l’islam, on les accuse aussitôt d’islamophobie. C’est ainsi qu’une société se saborde.

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