Le plan de la gauche pour contrer le RN !

François Ruffin

Il est un constat unanime qui règne dans les différentes rédactions, toutes sensibilités confondues : après plus d’un an de mandat, le groupe du Rassemblement national mené par Marine Le Pen est sorti grand gagnant de la séquence des retraites et considérablement renforcé. Portées par des sondages enthousiastes, les troupes de Jordan Bardella et de Marine Le Pen voient de surcroît les différents instituts leur garantir la première place aux élections européennes. Si la majorité relative de l’Assemblée a mis au point une « task force » menée par la députée Laure Miller pour lutter plus efficacement contre le parti à la flamme, la gauche, quant à elle, fait feu de tout bois.

Julia Cagé et Thomas Piketty sont sous les feux de la rampe. Avec la parution d’une ambitieuse Histoire du conflit politique, les deux économistes engagés à gauche ont tenté d’expliquer le succès du RN : « On essaye de faire croire dans ce pays que les électeurs anti-immigrés sont forcément de classes populaires. Mais pas du tout, les électeurs les plus anti-immigrés sont les électeurs bourgeois », a notamment déclaré Julia Cagé. Première analyse, première erreur, soit dit en passant. Puisque la classe sociale qui a le moins voté pour Marine Le Pen est justement celle des cadres (12 %), d’après un sondage Ipsos. Si les critiques passent à côté, la volonté est là. Symptomatique d’une gauche égarée à tous les étages, le duo d’économistes essaye d’apporter une réponse de fond à la problématique qu’a enfin comprise la gauche : comment faire revenir les ouvriers et les classes populaires à gauche ? Comment leur faire quitter le RN ?

La ligne Ruffin

Le patron du dernier bastion rouge de la Somme a démontré qu’une résistance à gauche à la vague RN était possible. Comment ? En étant en systématique opposition avec La France insoumise. À gauche, Ruffin pratique « le baiser de l’ours », pour reprendre les mots de sa collègue Clémentine Autain. C’est-à-dire tuer quelqu’un en l’embrassant. Ruffin réussit car il parle à la France populaire. Pareil à un Roussel, il préfère défendre son club de foot que l’usage de l’écriture inclusive et n’hésite pas à réclamer davantage de sécurité. Le député avait en effet publié, en mai 2022, sur ses réseaux sociaux, un texte dénonçant l’insécurité régnant dans le quotidien d’habitants d’un quartier HLM. Et l’accueil avait été glacial à gauche. « D'une manière générale, la gauche préfère fermer les yeux sur les questions de sécurité », avait estimé, à l’époque, Georges Kuzmanovic, ancien bras droit de Mélenchon. Qu’à cela ne tienne, le député de la Somme renoue avec la France populaire : « Je préfère Camping à Dupont Lajoie », a récemment déclaré Ruffin, pourfendant ainsi « la haine du beauf » qu’entretenait la gauche. Au fond, le drame de l’ancien journaliste est d’apparaître comme le successeur politique de Mélenchon mais également d’un parti qu’il n’a « pas encore épousé », pour paraphraser Mélenchon.

La manœuvre Roussel

Cette problématique a été le fer de lance et, disons-le, la légitimité de la candidature du patron du PCF Fabien Roussel à la présidentielle. Avec ses prises de position sur la côte de bœuf et son soutien au nucléaire, le successeur de Pierre Laurent a entendu le message. Menant, tambour battant, une campagne souverainiste attachée à la réalité du monde ouvrier, le candidat du PCF a su se détacher d’une ultra-gauche égarée dans les intersections de lutte, le wokisme et le pronom « iel ». S’il n’a réuni que 2,5 % des voix, il a tout de même provoqué quelques sueurs froides au RN. « Il n’avait aucune chance mais il a eu au moins le courage de reconnaître les erreurs de la gauche », reconnaît, du bout des lèvres, un élu RN du nord de la France. Les territoires bordant le plat pays ne sont plus, en effet, les bastions imprenables de gauche. Élection après élection, les circonscriptions tombent aux mains du RN et le vote de gauche reflue dans bien des endroits. Mais, à l’image de Roussel réélu dans le Nord, la gauche tient encore, mais pour combien de temps ? Car si Roussel a été réélu, il est le dernier député communiste du département ! Dans le Pas-de-Calais, 6 circonscriptions sur 12 sont tenues par le RN.

Les TikTok de Louis Boyard

« Louis Boyard a donc l'intention de "clasher" le RN et son jeune président Jordan Bardella sur TikTok. » C’est en tout cas ce que nous apprend RMC. Après le « blocus challenge » initié par le jeune député LFI récompensant les lauréats du concours du meilleur blocage d’école pendant les grèves contre la réforme des retraites, le jeune député du Val-de-Marne a donc décidé de se retrousser les manches. Quant à Alexis Corbière, il devrait animer la cellule « Riposte » ! C'est dire si la gauche cogite.

Marc Eynaud
Marc Eynaud
Journaliste à BV

Vos commentaires

25 commentaires

  1. Résumé de circonstance. L’ennemi de la gauche, c’est le RN et assimilés. L’ami de la gauche, c’est Macron, son progressisme, son mondialisme, son immigrationnisme, ses aides et allocations par milliards, la déconstruction de l’homme blanc, la femme voilée servante de l’homme, le wokisme (contradictoire…), son amour de l’islam, de l’Afrique noire. Il y a beaucoup de similitude entre M et Mélenchon. La plus frappante étant la haine commune du Français de base qui représente 70 % de la population.

  2. La gôôôchitude quel blague qui nous coûte très cher.
    Exemple: un enfant de gôche dit à un enfant de droite :  » d’abord on mange tes bonbons ensuite, chacun les siens »
    Pour ceux qui nous dirigent, depuis 40 ans c’est pareil… La dette abyssale de la France nous le prouve, et tout ce con-texte est soutenu par le GO

  3. Fabien Roussel arrive bien tard sur un terrain abandonné par le parti communiste et repris par le parti national, depuis que les « intellos » ont viré avec Georges Marchais avec les derniers dirigeants a avoir été ouvriers.

  4. le rn voter des budgets ne saurait pas faire ?, mdr ! on a vu la gauche a l’oeuvre et c’ est la cata on ne peux pas faire pire ! maintenant le systeme a un agenda pour l’apres 2027 et a vraisemblablement choisi e. philippe donc vous aurez un macron bis , je pense que tout le monde a compris le début de ce matraquage médiatique qui a commençé

  5. ah la gauche, jamais de projet pour sortir la France de l’état où elle est, mais un gros objectif, lutter contre le RN, pas contre le gouvernement non non, contre le RN, ils n’ont pas réussi avec leur nupès, donc ils essayent de colporter des mensonges à longueur d’année, ils ne votent pas les propositions du RN comme le panier alimentaire sans TVA, parce que c’est le RN qui propose, il ne vote pas les taxtes qu’ils ont eux même proposé à la virgule près parce que c’est le RN qui l’a repris, ces pseudos révolutionnaires ne visent qu’à conseerver leurs postes grassement payés.

  6. Même si Ruffin et Roussel ne sont pas vraiment ma tasse de thé, ils seraient l’honneur de la gauche (la gauche de grand-père) si la gauche d’aujourd’hui avait quelque honneur, mais celle-ci – à commencer par le couple (et non le duo) Piketty-Cagé – n’en a plus que pour ses places, ses prébendes, ses privilèges, ses chasses gardées (Rue d’Ulm, Cnrs, Ehess, etc.). Ruffin et Roussel ne passeront pas : ce n’est pas la droââte fââchiste qui le dit, c’est l’ultra-gauche LFI-EELV – pendant que Macronie et Grand Patronat clignent de l’oeil

  7. La gauche dehors je ne comprend pas comment des Français peuvent encore voter pour ces gens là, ils sont la honte de la France de faire venir ceux qui tuent nos enfants parents et même nos professeurs nos prêtres dehors ces immigres c’est tout

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