« Mettre fin à l’impôt sur la mort » : Éric Ciotti muscle son programme économique

« Un programme de rupture articulé autour de la France qui travaille, qui produit, qui transmet. »
Eric Ciotti, au Grand Forum des Libertés de l'UDR à Paris, le 23 juin 2026 @UDR
Eric Ciotti, au Grand Forum des Libertés de l'UDR à Paris, le 23 juin 2026 @UDR

Éric Ciotti n’est pas né de la dernière pluie. Et de cette expérience politique, il veut faire une force de frappe utile « à la victoire du camp national ». Car selon le désormais maire de Nice, « c’est le moment où jamais, il se fait tard, mais il n’est pas trop tard ». « Nous avons aujourd’hui cette opportunité de changement », rappelle celui qui soutiendra « le candidat de l’alliance des droites », le candidat du Rassemblement national pour la prochaine présidentielle et dont le poids, au sein de cette alliance, pourrait continuer à augmenter.

Ainsi, l’UDR travaille patiemment à l’élaboration d’un programme économique autour de projets rassemblés en 70 propositions. Ce 23 juin, le mouvement qui fête ses deux années d’existence organisait son sixième Grand Forum des Libertés dont le mot d’ordre est simple : « Allégeons, libérons, simplifions. » Dans les salons Hoche du VIIIe arrondissement de Paris, Éric Ciotti est revenu sur un programme de « libération ». Prisonnier d’un système fiscal qui frôle l’étranglement, le contribuable ploie sous les coups d’une fiscalité confiscatoire.

La liberté des familles

À l’UDR, on ambitionne de délivrer les Français : « Je dis ce soir, vive la liberté ! », lance Éric Ciotti, en présence de ses militants et d’une forte délégation des parlementaires de son groupe, parmi lesquels Charles Alloncle, Éric Michoux, Antoine Valentin et Hanane Mansouri. Sur la transmission, l’ancien président des Républicains veut défendre « la famille, dépouillée à la transmission d’une vie, fruit de labeurs ». Assurément, les droits de succession sont le symbole d’un État qui spolie le travail des Français. « Je me bats pour mettre fin à l’impôt sur la mort pour la quasi-totalité des familles, avec notre exonération des successions jusqu’à 1 million d’euros par enfant, soit plus de 95 % des transmissions familiales totalement exonérées. » Une mesure de « justice » pour Éric Ciotti, qui plaide pour qu’« on rende au Français ce qui leur appartient ».

Sur les questions de transmissions, le nouveau compagnon de route du RN souhaite supprimer l’impôt sur la fortune immobilière et ramener l'exonération des plus-values immobilières à 10 ans de détention (contre 22, aujourd'hui). « En libérant la transmission des biens entre générations, nous renforçons la liberté des familles, nous soutenons les classes moyennes et nous faisons le choix du bon sens, dans un cadre aligné sur la plupart de nos voisins européens », peut-on lire dans le programme en ligne du parti.

Nice en modèle

Exonérer les transmissions, voilà qui naturellement courrouce les amateurs de Karl Marx et du Grand Soir, adeptes du collectivisme. « Qui n’a pas encore compris que l’extrême droite n’est là ni pour les classes populaires ni pour la classe moyenne ? », a réagi, sur X, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste. « Nous assumons cette rupture avec la gauche, les Français doivent pouvoir transmettre le fruit de leur travail », souligne, auprès de BV, Gaëtan Dussausaye, député des Vosges et porte-parole du Rassemblement national.

En présence de deux proches de Jordan Bardella, François Durvye, conseiller spécial du président du RN, et Charles-Henri Gallois, conseiller économique, la soirée a vu défiler des invités de prestige comme Jacques de Larosière, gouverneur honoraire de la Banque de France, Pierre Gattaz, ancien président du MEDEF ou Renaud Dutreil, ancien ministre des gouvernements Villepin et Raffarin.

Deux thèmes développés en particulier ce soir-là : « Libérer la France qui produit » et « Saisir la révolution de l’IA ». Éric Ciotti l’assure : « La France n’est pas un pays pauvre mais un pays riche qu’on a appauvri. » Dans son programme, l’UDR vise 150 milliards d’impôts « rendus aux Français » et 200 milliards d’euros d’économies structurelles. Le député maralpin en profite pour voler au secours du RN dont le programme est souvent dénoncé comme étant « à gauche ». « Une caricature et une fable entretenues par les Républicains », tacle le maire de Nice, qui s’appuie sur sa ville pour afficher sa détermination : « En quelques semaines, nous avons réduit les dépenses publiques de 60 millions d’euros et baissé les impôts de 60 millions d’euros. » Ce que Nice veut, France peut. Le message est passé.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

84 commentaires

  1. A CYRANO 82… Malheureusement pour vous, le trio Zemmour-Knafo-Lisnard c’est…Waukiez, donc Retailleau, et à terme, Darmanin, Philippe, Attal…

  2. Si la gauche faisait vraiment quelque chose pour les classes populaires, elles ne voteraient pas RN…. La gauche ne s’intéresse qu’aux migrants à qui on fait toujours donner plus et aussi à sa gamelle pour bien se remplir les poches… le reste il s’en fiche complet

  3. Maralpin, c’est nouveau et vraiment bien trouvé pour celui qui habite la région des Alpes maritimes ! Sinon l’alliance Ciotti-RN c’est très bien, mais il faut absolument l’élargir à des Zemmour, Knaffo et autre Lisnard. La vraie Droite qui veut restaurer la France et arrêter l’écrasement fiscal de tout ce qui fonctionne pour financer tout ce qui ne sert à rien.

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