Défiscalisation des dons : l’Institut La Boétie pris la main dans le sac

Tel est pris qui croyait prendre. Une enquête implacable de Radio Courtoisie fait la lumière sur le financement du think tank mélenchoniste.
@Wikimedia commons
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« Dons aux associations : comment l’extrême droite défiscalise en toute impunité. » Voici le titre d’un article paru dans le quotidien Libération, en avril dernier. Le journal prétend y faire des révélations sur « un dispositif légal de défiscalisation des dons qui aide financièrement les associations d’intérêt général ». Un dispositif dont useraient et abuseraient les associations « d'extrême droite ». Éric Coquerel, le député LFI de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a emboîté le pas du quotidien dans ses propres colonnes. La dénonciation de ce soi-disant « scandale » s’est faite en famille, entre gens d’extrême gauche. Éric Coquerel l’affirme : « Ces structures ne sont pas d’intérêt général » et ne devraient donc pas bénéficier de cette défiscalisation. Il pointe du doigt des « financements qu’on pourrait presque dire occultes dans la manière dont ils sont faits par ces associations qui sont des organisations d’extrême droite, voire d’ultradroite ». Problème : la famille politique d'Éric Coquerel connaît aussi parfaitement les rouages du dispositif de défiscalisation et ne lui tourne pas le dos, bien au contraire.

Via une grande campagne baptisée « Leur business, nos impôts », Radio Courtoisie, L'Incorrect, Boulevard Voltaire, l'OJIM et quelques autres se font un plaisir de rappeler nos amis censeurs à la dure réalité : l'argent public coule à flots d'abord et surtout dans leurs officines.

LFI accuse

Radio Courtoisie s'est ainsi penchée sur l’Institut La Boétie, un laboratoire d’idées (think tank) estampillé La France insoumise. La présidence de l’Institut est assurée par Jean-Luc Mélenchon et Clémence Guetté, qui n’ont pas besoin d’être présentés, mais d’autres députés insoumis sont aussi en bonne place dans l’organigramme : Aurélie Trouvé est coresponsable du département d’économie, Arnaud Le Gall endosse le même rôle au sein du département des relations internationales ; même chose pour Hadrien Clouet à la section sociologie… La France insoumise est présente dans toutes les strates de la structure qui, de fait, ne peut se défendre d’être politisée.

D’ailleurs, elle ne le fait pas et assume d’être, via son école de formation, « un lieu de diffusion du savoir, notamment pour les militants ». Et pour que tout doute soit levé, elle précise qu’elle « propose aux militant·es de La France insoumise un catalogue de formations théoriques et pratiques ». Des formations comme s’il en pleuvait dans toute la France, dans l’idée de faire monter en puissance idéologique les militants d’extrême gauche, des formations gratuites ! Sur son site, l’Institut de la Boétie indique : « Aucune participation financière n’est demandée pour ces stages. » Mieux : « La restauration est prise en charge matin, midi et soir », relève l'enquête de Radio Courtoisie.

LFI profite

Comment est-ce possible ? Grâce aux dons, évidemment. Un gros bouton à cliquer invite les visiteurs du site à se délester de quelques euros pour soutenir l’action du laboratoire d’idées de La France insoumise. Il est ensuite expliqué : « Pour les particuliers : une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66 % du montant du don, dans la limite maximale de 20 % du revenu imposable. Pour les professionnels : une réduction d’impôt sur le revenu ou sur les sociétés égale à 60 % du montant des dons, dans la limite de 5 ‰ du chiffre d’affaires. »

Surprise ! L'Institut de la Boétie se sert du dispositif de défiscalisation des dons, montre Radio Courtoisie. Ainsi, l’État contribue à hauteur de plusieurs milliers d’euros au fonctionnement de cette école de formation insoumise. Une question doit donc se poser : est-elle d’intérêt général et a-t-elle le droit de produire des reçus fiscaux ? Le Bulletin officiel des finances publiques est on ne peut plus clair : « Ne sont pas d'intérêt général, au regard des dispositions du Code général des impôts, les organismes qui fonctionnent au profit d'un cercle restreint de personnes », c’est-à-dire « lorsqu'ils poursuivent des intérêts particuliers d'une ou plusieurs personnes clairement individualisables, membre(s) ou non de l'organisme. » L’Institut de La Boétie, « fondation insoumise », paraît être dans ce cas de figure. Il sort des clous du fait de son lien étroit avec un parti et ses membres très identifiables.

Éric Coquerel, qui accuse les organismes d’extrême droite de « dévoyer » le dispositif et qui souhaite prendre le sujet à bras-le-corps, ferait bien de balayer devant sa porte, car l’Institut de la Mélenchonie bénéficie lui-même de cette défiscalisation et dans des conditions qui semblent discutables.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 26/06/2026 à 11:34.

Vos commentaires

31 commentaires

  1. Il semblerait que vous tombiez tous des nues concernant la gauche et ses leçons de morale pour les autres. Ne savez-vous pas que la Gauche c’est « Faites ce que je dis, et pas ce que je fais » ? Et que pour chaque tentative d’intimidation sur quelque plan que ce soit, en terme de norme, de contrôle, d’interdit, de moraline, ils sont les premiers à s’en affranchir ! Privilège rouge !

  2. Si je peux donner (et il y a beaucoup de demandeurs et causes valables_ certains même téléphonent… ), je n’attend rien de monétaire en retour ( déductions etc ). Un don est un don comme écrit ci-dessous. Certes, le « volume » de dons peut baisser ( au début ) mais… Ceci dit, la « gauche » ou « écolos » et Cie doivent être logés à la même enseigne. De quelle droit, de quel privilège ( rouge ), de quelle vertu ces gens auraient des droits que n’auraient pas ceux qui ne leur ressemble pas ( des « extrêmistes… » pour eux ! ). Quelle honte !

    • Pour le côté monétaire en retour, plutôt que de donner 33€ ( pour faire simple) je donnerai 100€ et je récupérerai 66 € ou 75 € de déduction fiscale.
      Pour moi le coût est identique mais mon grand plaisir est de chosir la destination de mon impôt et de faire participer l’ état à mes choix plutôt que voir cet argent tomber dans le puits sans fond de la gabegie publique…

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