Dans quelques jours, sans un passe sanitaire, il deviendra impossible, en France, de fréquenter la terrasse d’un café, de déjeuner dans un restaurant, de voir un film au cinéma, d’assister à un concert de musique, de fréquenter un parc de loisirs, de voyager en train et, même, d’accéder à un hôpital.

Ainsi, la vaccination contre le Covid-19 est indirectement rendue obligatoire, contrairement à l’engagement d’Emmanuel Macron et son gouvernement de la laisser facultative. Il s’agit d’une nouvelle remise en cause de la parole publique qui s’ajoute aux nombreux discours divergents et contradictoires sur les masques, les frontières, les tests, etc.

Avec l’instauration du passe sanitaire, l’exécutif a choisi de faire de la question du vaccin une question politique.

En effet, le passe sanitaire instaure un véritable contrôle au cœur de notre société. Ainsi, l’ensemble des Françaises et des Français, restaurateurs, agents d’accueil dans les lieux publics, ouvreuses de cinéma, etc., ont désormais pour rôle de traquer les personnes qui seraient non vaccinées. Ce contrôle social participe à la division du peuple, déjà fracturé. Au cœur d’un été chaud, aussi bien climatique que politique, les oppositions s’installent maintenant au sein des tables familiales. Chaque personne est désormais considérée comme un potentiel danger, c’est-à-dire un contaminateur pour l’autre. Ce contexte de suspicion crée un sentiment de méfiance généralisée, brise la confiance et les liens amicaux indispensables pour vivre ensemble dans un climat apaisé.

À la fragmentation de la nation s’ajoute un coup de force institutionnel mettant à terre ce qui reste de démocratie représentative. En quelques jours, au terme d’un débat limité à sa simple expression et dans l’urgence absolue, les ministres ont imposé à l’Assemblée nationale et au Sénat une remise en cause sans précédent des libertés individuelles. Les sénateurs dénoncent un texte adopté avec un pistolet sur la tempe. La plupart des amendements déposés par les députés ont été rejetés. Enfin, le passe sanitaire a été adopté par l’Assemblée nationale avec seulement 231 députés présents. Un vrai scandale démocratique.

Chaque samedi ont lieu des manifestations réunissant un public varié de plus en plus nombreux. Le mot qui revient le plus dans les slogans est LIBERTÉ. En effet, avec ce passe sanitaire indispensable pour réaliser des actes de la vie quotidienne, nous rentrons dans une société où la liberté devient l’exception. Au mépris du secret médical, chaque citoyen n’est désormais libre de jouir de l’ensemble de ses droits et libertés que s’il est en mesure de produire la preuve de sa bonne santé dans l’espace public. De plus, le passe sanitaire applicable aux enfants, à partir de 12 ans, dès le 30 septembre, fait peser sur eux des restrictions sans précédent.

Avec le passe sanitaire, l’exécutif poursuit insidieusement l’installation d’un mode de gouvernement fondé sur la peur. Il préfère contraindre et discriminer que convaincre et inciter à la pédagogie.

C’est dans ce contexte que le Conseil constitutionnel va devoir se prononcer. Comme de nombreux juristes le soulignent, le texte soumis au Conseil, outre qu’il heurte de façon disproportionnée beaucoup de nos libertés fondamentales, porte atteinte au principe d’égalité, au principe de précaution de la santé, au droit à l’intégrité physique et à la dignité, au principe d’égal accès aux emplois publics… Dans ces conditions, valider cette loi  reviendrait à remettre en cause significativement le pacte et républicain. Nous rentrions alors dans l’inconnu d’un nouveau modèle de société où l’idéologie hygiéniste imposerait le sanitaire au rang de valeur suprême et absolue.  En démocratie, quand le pacte social est remis en question, le Peuple doit être consulté. Oseront-ils ?

3 août 2021

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