La députée Agnès Thill, qui a voté contre le projet de loi instaurant le passe sanitaire, réagit au lendemain du vote à l’Assemblée nationale.

Pourquoi avez-vous voté contre le texte de loi sur le passe sanitaire ?

Parce qu’il est très liberticide. Dans le premier texte, il y avait les licenciements de gens qui n’avaient pas le passe sanitaire, et sans indemnités. Il n’y a plus de licenciement, mais la suspension d’activité. Ça ne passe pas ! On peut suspendre le contrat de travail d’une personne qui ne présente pas le passe sanitaire. Je viens de rencontrer une personne qui m’a dit : « J’ai trois semaines de vacances mais il faut six semaines pour avoir un passe. » Donc, elle ne peut pas prendre le bateau pour la Corse. Moi, j’étais seule avec ma fille, je ne sais pas comment j’aurais vécu sans salaire.
Concernant les mineurs, je ne veux pas que cela devienne obligatoire.

Toutes ces incohérences sont impossibles à admettre. Tout contrôle tout le monde. On fabrique deux France : les Français A, les Français B, les vaccinés et les non-vaccinés.

 

Le texte a été adopté à la majorité avec 156 voix pour et 60 voix contre. Beaucoup de députés étaient absents, comment expliquez-vous cela ?

Tout n’était pas en vacances, mais beaucoup ne sont pas venus. À la première lecture, par exemple, des amendements sont passés contre l’avis du gouvernement car les marcheurs n’étaient pas très nombreux.
Des députés ne sont pas venus car ils n’étaient pas très à l’aise avec ce texte. Quand on n’a pas envie que ça se voie qu’on vote contre, on va aux toilettes, on n’est pas là, on est absent ! C’est le syndrome de la prostate !
Ce qui ne va pas du tout, c’est la forme. Le président de la République fait comme au début de son mandat, il décide tout seul et le dit à la télé, puis l’intendance doit suivre. Au contraire, c’est le Parlement qui doit donner l’autorisation à l’exécutif, selon la Constitution.

 

Pensez-vous que des instances comme le Conseil constitutionnel vont amender le texte ?

Je ne pense pas. Il y aura peut-être quelques réserves, comme celles émises par le Défenseur des droits.
Actuellement, on est en train de franchir un cap. Pour les mineurs, par exemple, ils vont nous sortir un décret au mois d’octobre…

26 juillet 2021

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