Les scènes de violences urbaines qui secouent l’île de La Réunion, ces derniers jours, sont-elles les prémices de ce que pourrait connaître la métropole dans les prochains jours ou les prochaines semaines ?

Nul ne peut le prédire actuellement avec certitude. Mais une chose est certaine : le gouvernement fait tout pour que cela arrive.

Tout d’abord, en feignant de ne pas entendre la colère et les justes revendications des Français. Ensuite, en jetant régulièrement de l’huile sur le feu, en désignant les comme d’affreux conspirateurs manipulés par des groupes ou des partis extrémistes. Mais, surtout, en laissant pourrir une situation qui, au départ, aurait pu être apaisée par le dialogue et la concertation.

Sur l’aveuglement de Macron et de Philippe, relayé par un aux ordres, tout a été dit ou à peu près. La fermeté affichée par l’exécutif quant à leur ligne politique n’est, en effet, que le reflet d’un parti pris délibéré en faveur des classes les plus riches au détriment d’un population imposée, taxée, malmenée depuis plusieurs années. Et ce ne sont pas les prétextes annoncés – qu’il s’agisse de protéger la planète, de désendetter la ou de sauver l’emploi – qui permettront à nos dirigeants de faire passer une énième pilule dont le peuple, enfin lucide, ne veut plus.

Alors viennent les menaces. Après avoir tenté vainement, une fois de plus, d’enfumer les Français, le ministre de l’Intérieur, fidèle voix de son maître, vient nous dire que les désordres générés par les manifestations des gilets jaunes sont inacceptables et seront réprimés.

C’est oublier un peu vite que ces mouvements populaires ne sont pas sortis de nulle part. Qu’ils sont le fait d’une politique injuste et pénalisante pour l’ensemble de la population et qu’à défaut d’être entendus par une classe politique déconnectée, ne reste alors que la rue comme scène de protestation. Cette intransigeance et cette incompréhension d’un mouvement qui était pourtant prévisible pourraient donc, aujourd’hui, dégénérer. Le risque était présent dès le départ.

En effet, une effervescence populaire de masse, non encadrée, diffuse, aux mots d’ordre parfois contradictoires, ne pouvait que se traduire par des incidents et des accidents inéluctables. Les premiers responsables en sont ceux qui ont provoqué, par leurs décisions politiques, cette révolte populaire.

La suite de cette protestation, qui n’a faibli que par la nécessité, pour de nombreux manifestants, de reprendre le travail, risque bien, dès le week-end prochain, de prendre une nouvelle ampleur. L’appel au blocage de est, à cet égard, porteur de tous les dangers. Un mouvement qui dure, et dont les acteurs ne voient aucune issue positive immédiate pour leurs revendications, est de toute façon source potentielle d’aggravation.

À cela, il faut ajouter la présence quasi imparable de groupes parasites, qui profitent systématiquement de ce genre de rassemblements pour venir casser et en découdre avec les forces de l’ordre. L’absence d’organisation et d’un service d’ordre interne aux manifestants ne fera qu’accentuer un risque déjà énorme. Par ailleurs, la vraisemblance d’une immanquable intervention policière sera de faire basculer définitivement ce mouvement populaire et bon enfant des gilets jaunes dans une “jacquerie” dont personne ne peut mesurer la portée et les effets.

Et même si ce mouvement devait s’arrêter de lui-même, les frustrations qu’un non-aboutissement revendicatif engendrerait seraient porteuses des plus grands risques pour l’avenir. À cet égard, les dossiers sensibles à venir, en particulier celui du prélèvement à la source en janvier prochain, sont de véritables bombes à retardement pour un gouvernement désormais définitivement isolé.

21 novembre 2018

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