Editoriaux - Politique - Tribune - 29 juillet 2019

Le meilleur moyen pour contester LREM : ne jamais voter pour ses candidats !

Ces derniers jours, les permanences de huit parlementaires de la majorité ont été vandalisées. Samedi, c’est celle du député des Pyrénées-Orientales Romain Grau qui a été attaquée, lors d’une manifestation des gilets jaunes. Les casseurs ont tenté de mettre le feu au local, où se trouvait l’élu. Cette information ne pouvait nous échapper : elle est repassée en boucle sur des chaînes d’information en continu.

Ce type d’attaques, quels qu’en soient les auteurs (agriculteurs mécontents de l’adoption du CETA, gilets jaunes en colère…) doit être unanimement condamné. On souhaiterait, cependant, que les condamnations fussent aussi nombreuses quand elles ne concernent pas des permanences LREM. Par le passé, des sièges locaux du Front national (depuis, Rassemblement national), par exemple, ont été vandalisés sans provoquer un tel émoi. Quand des églises sont profanées, c’est tout juste si la presse en parle, alors que, s’il s’agit d’une mosquée, on crie tout de suite à l’intolérance et au fanatisme.

On sait presque tout sur le saccage de la permanence de Romain Grau, à Perpignan : « Comme chaque samedi matin, je travaillais à mon bureau. Ils ont brisé toutes les vitres et ont tenté de mettre le feu à la permanence. Heureusement, un voisin m’a jeté un extincteur par la fenêtre et j’ai pu arrêter l’incendie », a déclaré le député à l’AFP. Il va porter plainte, car « vouloir mettre le feu, c’est vouloir porter atteinte à la vie de personnes : moi-même, mais aussi tous les voisins dans l’immeuble ».

Il a reçu de nombreux soutiens. Christophe Castaner a assuré que tout était « mis en œuvre pour identifier les lâches auteurs de ces faits inexcusables », qui « devront répondre de leurs actes devant la justice ». Richard Ferrand a souligné que « la violence, le vandalisme et les tentatives d’incendie ne sont pas des moyens d’action tolérables dans une démocratie ». Franck Riester a abondé dans ce sens, suivi d’Olivier Dussopt et de Gilles Le Gendre, le chef de file des « Marcheurs » à l’Assemblée. Lundi matin, sur BFM TV, Aurore Bergé n’a pas manqué de condamner ces violences : « C’est dangereux pour la démocratie », a-t-elle déclaré, ajoutant que « nous ne sommes pas entrés par effraction, nous avons été choisis par les Français ».

Tout est dit comme si, à l’approche des municipales, La République en marche avait besoin de se relégitimer, de répéter qu’elle est majoritaire par la volonté du peuple et que des factieux s’attaquent à la démocratie. Pour apparaître comme une victime et attirer la compassion des électeurs ? Il se trouve que Romain Grau sera candidat LREM à Perpignan, où il affrontera Louis Aliot, candidat du RN. Manque de pot, Louis Aliot fut l’un des premiers à condamner « sans réserve » les dégradations commises « par quelques individus irresponsables ». Il n’est pas sûr qu’on lui aurait rendu la pareille si c’est lui qui avait été visé. Notons que Romain Grau s’est bien gardé de partager, sur son compte Twitter, le soutien de son collègue RN comme il l’a fait pour ceux de ses amis politiques.

S’attaquer à des permanences politiques n’est jamais la bonne manière de se faire entendre. Si l’on ne veut plus des macronistes au pouvoir, le meilleur moyen est de les en chasser par la puissance du bulletin de vote : en ne glissant jamais dans l’urne une liste LREM ou toute autre liste qui aura négocié son soutien.

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