Montpellier est une grande ville, par la taille et par l’histoire. Une histoire que Michaël Delafosse, son maire socialiste, aimerait bien façonner : entre « Conseil des étrangers » et droit de vote à eux accordé, il veut faire la part belle aux étrangers.

C’est Valeurs actuelles (8 septembre) qui a détaillé cette initiative telle qu’énoncée par la mairie : « Ce Conseil des étrangers de Montpellier veillera à un meilleur accueil, sur notre territoire, des personnes étrangères en général et des personnes exilées en particulier », de façon à perpétuer l’« histoire singulière » d’une « terre d’accueil cosmopolite ». Ce conseil comptera 65 membres désignés pour trois ans (24 particuliers, 24 associations, 12 entreprises et 5 membres de l’équipe municipale). Pourra postuler toute personne étrangère âgée de 16 ans, vivant à Montpellier depuis au moins trois ans.

Développant la philosophie de son entreprise, le maire poursuit : le Conseil des étrangers poursuivra « la mobilisation pour le droit de vote des habitants extracommunautaires aux locales » – une mesure portée par la NUPES et La France insoumise, rappelle l’hebdomadaire.

L’article de notre confrère, véritable modèle de sobriété, n’en a pas moins déclenché une tempête sur les réseaux sociaux… ce qui a rendu le maire furieux. L’élu ne conçoit pas que ses valeurs de gauche – celles qui voudraient, comme disait Mitterrand, que « les étrangers sont chez eux chez nous » – ne soient pas universellement partagées.

Il est donc revenu à la charge en conférence de presse, usant de propos fort peu amènes pour ; des propos repris par Midi libre. Dénonçant des réactions « extrêmes et outrancières », le maire s’est indigné : « Ça a pris sur les réseaux sociaux, où cette mesure a été très critiquée. Et j’ai tenu à répliquer lors de ma conférence de presse de rentrée, pour dire que j’étais très fier d’être l’objet d’une polémique partie de Valeurs actuelles, ce torchon d’extrême droite (sic). »

Pour justifier son initiative, Michaël Delafosse met en avant le cosmopolitisme de sa ville, une ville universitaire qui, à l’en croire, ne serait peuplée que de brillants étudiants et de savants chercheurs, « des Américains, des Anglais, eux qui ne peuvent plus voter aux locales depuis le Brexit, des Sénégalais, Marocains et Algériens, beaucoup de Latino-Américains, des Japonais aussi ». Aussi bien, poursuit-il, « c’est l’honneur de la ville de donner la parole et d’associer à la vie locale les médecins et chercheurs étrangers qui travaillent ici ». Et de glisser, en passant : « comme les réfugiés afghans ou ukrainiens que nous accueillons ».

Et tant pis si les Montpelliérains n’y retrouvent pas leurs billes…

Michaël Delafosse croit au monde merveilleux du vivre ensemble dans la quiétude et l’harmonie des cultures, c’est pourquoi il milite ardemment pour le droit de vote des étrangers aux locales. Seuls seront exclus de son monde les mal-pensants, ceux qui persistent à tenir la réalité pour ce qu’elle est. Une réalité qui s’exprime pourtant au grand jour, comme à Stains, par exemple, en Seine-Saint-Denis.

Stains est l’une de ces villes de la ceinture rouges façonnées par le PCF depuis les années 1930. Son maire Azzédine Taïbi a associé sa ville à ce grand projet progressiste et féministe intitulé « Place aux femmes ! » Il ambitionne de «renommer une des rues de la ville de Stains avec le nom d’une femme célèbre ayant marqué notre Histoire ».

C’est ainsi que la rue de Pontoise s'appelle désormais aussi rue Khadija-Bint-Khuwaylid, du nom de la première épouse du prophète.

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19 septembre 2022

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28 commentaires

  1. En 313 (?) Caracalla avait donné la citoyenneté romaine à tous les habitants de l’empire. S’en est suivit la fin de l’empire romain.

  2. L’argument principal des pour est : ils travaillent, ils paient des impôts, ils peuvent donc participer à la vie municipale.
    Corollaire : ceux qui ne travaillent pas et qui ne paient pas d’impôt ne devraient donc pas pouvoir voter ni être élus.
    « Ah non », répliquent-ils, « ce serait une rupture d’égalité ».
    Donc leur argument ne tient pas.
    Deuxième argument « les étrangers communautaires peuvent bien voter, eux »
    Oui mais en échange les français peuvent voter dans les pays de l’UE.
    Ça nous ferait une belle jambe que les français aient le droit de vote en Afganistan ou en Algérie

  3. Montpellier c’est 52 935 électeurs, dont 34 407 abstentionnistes à l’élection municipale, le candidat, Michaêl Delafosse, de la coalition PS, PCF, EELV, GE (Génération Écologie), PA (Parti Animaliste) et PRG (Parti Radical de Gauche), fut élu avec à peine 9 000 suffrages. Les électeurs méritent les élus qu’ils choisissent ou refusent de s’exprimer par un vote : les absents ont toujours torts…

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