Quel pouvoir peut se passer de police pour asseoir son autorité ? Et quel pouvoir ne l’a pas justement choyée ?

Les propos de l’édile nouvellement élu à Colombes, lors de la vaguelette rouge-vert de juin 2020, nous inciteraient à penser que celui-là, s’attirant les foudres du nouveau ministre de l’Intérieur, méconnaîtrait les rouages de la gestion civique, tout en pensant peut-être que son histoire familiale – lui-même n’étant né qu’en 1957 – l’autorisait à toutes les outrances puisque, ce 19 juillet, commémorant la rafle du Vel’ d’Hiv’, il a cru faire acte de « Résistance » en comparant la police vichyste qui traquait ses ancêtres à celle de Macron qui traquerait les migrants.

Dans cette stratégie islamo-gauchiste d’une comparaison historiquement intenable et idéologiquement périlleuse, le sieur Chaimovitch a fait preuve, surtout, et dans un contexte de grogne policière légitime, d’une maladresse étonnante, alors qu’on l’aurait cru madré, en vieux briscard de la politique locale, passé, en trente ans de militantisme, du socialisme bon teint au rouge-vert.

Faux amateurisme, par imprégnation partisane. Tout ceci démontre l’inadaptation de ces nouveaux élus EELV à la gestion pragmatique de la société, prisonniers qu’ils sont d’un endoctrinement sectaire au sens premier du terme : fanatisme, intolérance qui annihile liberté psychique et bon sens décisionnel. Voilà l’aphorisme « Du passé, faisons table rase » en action, conjugué à l’inculture. Que n’a-t-il lu Tacite !

Les lectures de Publius Cornelius Tacitus sont toujours bénéfiques pour qui veut comprendre le présent à la lumière du passé. En matière de « gouvernance », Rome a tout expérimenté et reste un exemple pour instruire le politique. Son livre premier des Annales – chap. XVI-XVII – débute sur l’avènement houleux de Tibère, confronté à la sédition des légions de Pannonie. On y voit les vieux légionnaires s’insurger contre le traitement de faveur des cohortes prétoriennes, garde rapprochée de l’empereur, chargée de maintenir l’ordre à Rome, mieux rétribuée et honorée que les protecteurs des marges de l’empire. Ah ! Sentiment d’inégalité : sempiternel moteur du ferment révolutionnaire !

Pour se prémunir, au mieux, du coup d’État prétorien, les empereurs recourent au donativum : récompense exceptionnelle qu’ils accordent fréquemment à leur garde et qui s’élève, souvent, à plusieurs années de solde. D’où la grogne des autres troupes ! C’est Claude, en 41, qui inaugure cette pratique. En 68, Galba, n’y ayant pas souscrit, y perdra la vie et… sa tête.

Selon Tacite, un certain Macron, préfet du prétoire, aurait assassiné Tibère. Ne prêtons pas à notre Caesar élyséen le gène meurtrier de son homonyme romain ; mais peut-être a-t-il lu et digéré le grand historien de l’empire : en rendant une visite nocturne, « impromptue », aux unités de la brigade anticriminalité de nuit du XVIIe arrondissement de Paris, puis aux policiers du commissariat du XVIIIe, ce lundi 27 juin, Macro Caesar a annoncé le versement d’une « indemnité spécifique » qui s’élèverait à 10 millions d’euros ! Par Jupiter ! Au moins a-t-il compris, lui, qu’on doit flatter le prétorien et non pas l’agonir d’insultes.

Mais, en attendant le chaudron promis de sesterces, l’insécurité demeure… et, « en même temps », le malaise policier !

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