Le Canon français refuse de devenir un enjeu et un symbole politique

De Quimper à Caen, polémiques idéologiques autour de ce phénomène festif en pleine expansion.
Copie écran vidéo X Canon français
Copie écran vidéo X Canon français

L’histoire recommence à Quimper. Prévu pour décembre 2026, le banquet du Canon français n’a pas encore dressé ses tables qu’il suscite déjà une levée de boucliers. Le maire PS, Isabelle Assih, et l'extrême gauche demandent son interdiction, le Centre des congrès a annulé la location de la salle, comme l'a révélé Le Télégramme. Contacté par téléphone par BV, le Centre n'a pas souhaité communiquer sur cette information.

L'événement est ainsi empêché avant même l'ouverture des portes, au nom d’un soupçon. Pour ses organisateurs, la séquence est désormais bien connue. « C’est toujours le même scénario : des groupuscules s’opposent, lancent des pétitions, puis trouvent des relais chez des élus pour amplifier la polémique », explique Géraud de La Tour, cofondateur du Canon français, à Boulevard Voltaire.

À Caen, 4.000 convives contre 25 militants

Quelques jours plus tôt, à Caen, la partition était la même… mais la fin différente. Malgré les pressions, le banquet a bien eu lieu. Et il a même affiché complet. D’un côté, plus de 4.000 participants réunis autour de grandes tablées. De l’autre, un contre-banquet improvisé par l’eurodéputée LFI Emma Fourreau, en version plus confidentielle avec seulement une vingtaine de participants. Une opposition qui relève davantage du happening militant que du raz-de-marée populaire.

Pour les organisateurs, ce décalage résume à lui seul le fossé entre la polémique et la réalité. Aucun incident n'a été constaté depuis les premiers banquets, avec près de 100.000 participants en quatre ans.

Une aventure née d’un verre de vin

Car derrière le bruit médiatique, l’histoire du Canon français tient en quelques mots : « C’est l’histoire de deux amis qui aiment le terroir, bien manger, faire la fête, chanter à table », raconte Géraud de La Tour.

Tout commence pendant le Covid-19, avec un vigneron en difficulté. Les deux fondateurs lui achètent du vin, puis organisent des événements pour le faire découvrir. Le succès est immédiat et l’idée donne naissance, progressivement, à ces grands banquets festifs qui parcourent aujourd’hui la France. Des événements bien loin des étiquettes que leur colle la gauche LFI : « Les "valeurs françaises", c’est un grand mot. Nous mettons surtout en avant les régions, les produits et un certain art de la convivialité », nous explique son créateur.

Un modèle autonome et revendiqué

Autre particularité du projet : son indépendance. « On ne reçoit aucun don, aucune subvention, nous n’avons aucun prêt bancaire », insiste le cofondateur du Canon français. Le phénomène s’est construit seul, événement après événement. « Nous sommes partis de rien, sans se payer pendant longtemps, et nous avons grandi progressivement. »

Un fonds d’investissement, « Odysée », de la galaxie Stérin, est bien entré au capital, mais de façon minoritaire et sans impact sur l’organisation. « Ils ont acheté des parts sociales, mais ils n’ont pas financé les événements. Les banquets, ce sont les clients qui les payent. » Dans le sillage du Canon français, toute une économie s’est développée : traiteurs, techniciens, prestataires… « Nos partenaires ont grandi avec nous », souligne Géraud de La Tour.

Une fête devenue enjeu politique malgré elle

C’est sans doute là que réside le cœur du paradoxe. Pensé comme un moment de convivialité, le Canon français est devenu un objet de confrontation politique. « On se retrouve au milieu d’un champ de bataille. Ce n’est pas notre guerre », résume Géraud de La Tour. « Certains fantasment sur nos événements, nous prêtent des intentions politiques, puis inventent des choses pour les justifier. » Et d’ajouter, presque lassé : « On n’a pas envie de devenir un symbole. »

Au fond, le projet revendique une ambition simple, presque à rebours de l’époque : rassembler. « Nos événements sont ouverts à tous. Personne n’est obligé d’y venir, mais ceux qui viennent doivent pouvoir passer un bon moment », explique-t-il. Avec cette idée, presque subversive aujourd’hui : « Créer des moments où les gens laissent leur carte d’électeur à l’entrée. »

À Quimper comme à Caen, le Canon français révèle ainsi une tension plus large. Celle d’un pays où même un banquet peut être pris pour cible par l'ultra-gauche qui tente de le transformer en champ de bataille politique.

Picture of Yann Montero
Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Les « dîners en blanc » relevaient d’un principe similaire et n’avaient d’autres buts que passer une soirée élégante et festive. Existent-ils encore? Je l’ignore, mais ils devraient être vilipendés également car trop élitistes sans doute.

  2. Géraud de La Tour a raison. Est accepté qui veut venir, ce sont donc « les autres » qui s’excluent, et est-ce qu’il y en a beaucoup pour tout simplement, passer un bon moment ?
    Un succès aussi tapageur ne peut que faire grincer les dents à cette Gauche impuissante, donc jalouse.
    Car la maire de Quimper interdirait-elle pareil banquet à sa gauche !?? Quant à l’extrême gauche, elle trouverait de quoi passer outre son interdiction.

  3. Pauvres gauchos ils sont tellement à court d’idées qu’ils s’en prennent à n’importe quoi. Maintenant, se réunir pour bien manger, bien boire et chanter, c’est le passe temps d’affreux faschos… Comme cette pauvre madame Rousseau, pour qui faire un barbecue c’est être macho. Ils on eu 20 clampins à leur « contre banquet » LFI, quand il y avait 4000 personnes au Canon Français, c’est dire qu’ils n’intéressent personne… Ils ne sont même plus conscient de leur ridicule.

  4. Ce qui les rend fou au plus au poing les gauchistes d’extrème gauche c’est que le Canon Français fait venir plus de 4000 personnes alors que eux ont parle de 25 glandus.

  5. Et ces mêmes bien pensants soutiennent l’ouverture de points de mal bouffes et de cruauté envers les animaux que sont ces fast food de pseudo poulet halal ? Franchement, je préférerais mille fois participer à un banquet de ce « canon » plutôt que de m’étouffer avec cette bouffe indécente. Et, désolée, l’argument du prix ne tient pas : un bon jambon beurre, avec une bonne baguette française et du bon porc français, n’est pas plus cher, plus sain, soutient nos artisans et nos agriculteurs et ne martyrisé pas nos amis les animaux. On peut même rajouter un petit coup de rouge et ce sera encore plus sympa !

    • ca prouve leurs considération pour les plus démunis ils se fichent carrément du peuple c’est quoi ses gens ????? des poubelles

  6. Il se dit que LFI voudrait interdire Asterix, toutes les aventures se finissant par un grand banquet. Certes nos amis gaulois se castagnent. Mais autour d’un sanglier se retrouvent. Une pensée quand même pour le barde .

  7. On aime le bon vin , la bonne bouffe , la fête , la France et ses chansons , donc on est « fachos » . Cela deviendra peut être un compliment .

  8. A Rome fais comme à Rome. En France, vis comme en France, et cela sous entend manger du saucisson, boire du vin , faire la fête et chanter. Alors tous ces coincés de LFI qu’ils aillent se voir. Ils sont tellement aigris qu’ils ne supportent pas que les gens s’amusent. Le Canon Français ne fait pas de sélection quant aux personnes qui veulent participer aux banquets. Ceux ci ne sont pas interdits à certains catégories de personnes. Alors venez y tous, vous serez les bienvenus.

    • Tout a fait d’accord, si on dit l’Algérie au algériens, le Maroc au marocains, nous sommes de bonnes personnes, mais si on dit la France au français, nous sommes classée de fachistes , nous n’avons pas le droit de soutenir notre culture française, vu par ces éscroloislamogauchistes, c’est du racisme

  9. La démocratie a géométrie variable de la gauche. Ca dérange ces bonnes âmes que des Français veuillent faire la fête? C’est le terme canon qui les dérangent? S’ils demandaient à leurs aieuls, ils sauraient que le canon était un signe d’amitié, de respect pour un service rendu, une retrouvaille. Mais ils est vrai que la gauche combat tout ce qui peut se rapporter à notre histoire, nos coutumes, ils savent qu’un pays sans histoire est sans avenir….

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