Emmanuel l’avait promis : son mouvement présenterait des candidats de la société civile aux législatives pour en finir avec la «  professionnelle » et renouveler les élus. Sportifs, scientifiques, universitaires… Certains candidats investis par La République en marche présentent, effectivement, des profils variés et parfois atypiques. Dans la 2e circonscription du Gard, c’est l’ancienne torera de 52 ans, Marie Sara, qui portera les couleurs des macronistes face au député sortant Gilbert Collard.

« J’ai toujours aimé les combats », confie Marie Sara, fière d’avoir été désignée « pour combattre le FN et l’obscurantisme ». Le combat promet d’être épique, à en juger par les premières passes d’armes : quand la torera affirme vouloir « abattre le FN », l’ancien avocat rétorque qu’il ne craint « ni les taureaux ni les toreros ».

Le choix de Marie Sara par La République en marche scandalise cependant les défenseurs des animaux et certains internautes. Une pétition contre l’investiture de la torera aurait ainsi recueilli 70.000 signatures. Par décence, nous ne répéterons pas, ici, toutes les insultes déversées sur les à l’encontre de celle qui, en plus d’être une mère de famille et sportive de haut niveau, est aussi une femme d’affaire reconnue dans ce milieu masculin qu’est la tauromachie : propriétaire, entre autres, de plusieurs arènes et d’une marque de vêtements.

«  n’aime pas les bêtes », c’est la conclusion hâtive qu’en tirent nombre d’internautes et de thuriféraires de la « cause animale ». Une accusation grave dans un pays où les trois quarts du corps électoral pensent que ladite « cause » est un sujet majeur, selon un sondage réalisé en mars par l’IFOP. Un tiers d’entre eux confiaient même pouvoir changer leur vote selon les déclarations des candidats sur les animaux. C’est que le peuple français ne doit pas être si malheureux, pour avoir le loisir de consacrer autant d’importance à nos amis quadrupèdes…

Emmanuel Macron, alors candidat, avait déjà suscité l’ire de certains, notamment lorsqu’il avait fustigé, devant la FNSEA, « ces gens qui sont dans les associations et dans les bureaux ». Des propos qualifiés d’« affront fait aux protecteurs des animaux » par l’association 30 millions d’amis, qui lui a aussi reproché de ne pas mentionner les bêtes dans son programme. « Ni la corrida, ni l’expérimentation animale, ni l’amélioration des conditions d’élevage ne font réagir le candidat Macron », a-t-on pu lire dans un communiqué au vitriol où son refus de signer le manifeste « 30 propositions en faveur des animaux » était pointé du doigt.

Autre tollé lorsqu’il s’est dit favorable à la réouverture des chasses présidentielles, « symboles de la culture française » et « attractives », selon lui. Internautes et lobbyistes étaient alors montés au créneau pour dénoncer « une pratique barbare ».

Un beau duel que cette confrontation entre l’avocat tonitruant et l’implacable torera. On imagine (avec un certain plaisir) le dilemme que constitue un tel choix pour les « humanistes » de gauche et de droite, à la fois pourfendeurs du FN et défenseurs des quadrupèdes. Entre antifascisme et antispécisme, c’est une autre corrida qui se jouera sans doute dans leur conscience.

24 mai 2017

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