L’aveu de Raphaël Glucksmann : la gauche est devenue « le camp du mépris social »

Capture d'écran
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Il en faut un, ou une. Cette année, la coqueluche, ce sera lui : Raphaël Glucksmann. Le patron de la liste PS-Place publique serait ainsi en train de tailler des croupières à Mélenchon et à Macron.

Le constat s’impose en effet : ce beau produit du socialisme chic attire aujourd’hui les enfants de la gauche caviar, cette génération du PS convertie au véganisme et à la trottinette ; il compte bien la ramener dans le droit chemin de la gauche humaniste dont il est le héraut. Car il le déplore et l’a dit, dimanche, lors de son entretien au Grand Jury-RTL-Le Figaro-M6-Paris Première : « la faute de la gauche », dont il est en effet le parfait représentant, est d’être devenue « le camp du mépris social ». Et de battre sa coulpe : « Ça doit nous empêcher de dormir, ça doit nous prendre aux tripes. »

En même temps, comme dirait Macron, ce qui l'empêche de dormir est moins le fait que les petits marquis socialistes aient déserté les usines et les campagnes que « de voir dans les sondages que les ouvriers s’abstiennent ou votent Rassemblement national ». Car Glucksmann, ce bébé de l'extrême gauche maoïste (son papa, le philosophe André Glucksmann, en était un fervent militant), qui dit sur son site défendre « une vision du monde radicalement démocratique, écologiste et humaniste », a un ennemi juré : Jordan Bardella. Le danger, le seul, c’est l’extrême drouate. Il s’agit, dit-il, d’un « échec collectif, d’abord du gouvernement et d’Emmanuel Macron lui-même qui avait promis de supprimer toutes les raisons du vote RN ». On lui rappellera que le même Macron avait aussi promis qu’à la fin de son premier mandat, il n’y aurait plus un seul SDF dans les rues…

Rien d’original, là-dedans : c’est la position de tous les grands démocrates de gauche et du centre, dans ce pays.

Il faut dire que les dernières estimations pour les européennes sont plus que favorables au RN, donné aujourd’hui à 30 % des intentions de vote, devant la Macronie et ses alliés (16,5 %) et devant la liste Glucksmann à 12 %. C’est ce positionnement dans le trio de tête qui affole non plus Saint-Germain-des-Prés (ça, c’était du temps de son papa) mais les bords du canal Saint-Martin et la rédaction de Mediapart.

Qui sont les « switchers » ?

Il semble, en effet, que la liste Glucksmann fasse son marché à la fois chez les déçus du macronisme (jugé trop à droite) et les déçus du mélenchonisme (trop radical). La fondation Jean-Jaurès s’est penchée sur ces switchers et les raisons qui les font basculer. Quelques grandes lignes se dégagent : électorat plus souvent féminin, urbain, à haut revenu (supérieur à 3.500 euros nets mensuels). S’agissant de LFI, « c’est au sein d’une catégorie particulière de l’électorat Mélenchon que Raphaël Glucksmann puise une partie de ses voix : un électorat plus âgé, plus riche et de centre gauche ». De l’autre côté, on pointe l’échec du « en même temps » : « Alors que le macronisme avait construit son identité sur le dépassement de l’opposition gauche-droite [...], l'électorat de centre gauche trouve en Raphaël Glucksmann un candidat qui correspond mieux à son positionnement. »

Se sentant pousser des ailes, Raphaël Glucksmann va donc, lui aussi, concentrer ses tirs sur Jordan Bardella, empruntant à l’argumentaire général contre le RN. Et de tonitruer : « Ce n’est pas un vote anodin. Le RN a pris le parti depuis plus de dix ans de la tyrannie étrangère de Vladimir Poutine. » Et d’ajouter : « Ces gens-là [le RN] sont des patriotes de pacotille. Ils sont en réalité des idéologues qui servent des intérêts étrangers. » Il peut en parler, lui qui fut le conseiller du président géorgien Mikheïl Saakachvili…

Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

27 commentaires

  1. Cette gauche, toute la gauche de LFI au PS en passant par les Verts, dont il fait partie et qui ne cesse de renier notre civilisation, maudissant l’homme blanc et conspuant les femmes qui sont contre le fait de se laisser violer ou assassiner.

  2. Bon les amis, vous m’embêtez, je n’ai rein à ajouter, vous avez tout dit. Bonne journée.

  3. Quelle estime peut on avoir à l’égard de politiciens qui n’ont pas honte de se contredire au fil des ans ou des circonstances ???

  4. Le RN et tous les gens qui le votent sont des patriotes de pacotilles ? Les français ne veulent pas entrer en guerre contre la Russie , Poutine a envahit l’Ukraine et pas la France. En plus glucksmann refuse le débat sur C NEWS…..pourquoi ? Ses arguments ne sont que du vent il le sait bien qu’il aille sur france inter débattre….le héros !

  5. Ah cette gauche caviar, elle me fera toujours rire avec ces bobos en trottinettes qui vivent sur un nuage, aveuglés par leurs idéologies tout est beaux tout le monde est gentils

  6. J’espère vivement que ce genre de « BOBO parasite  » va être rapidement en voie de disparition !!

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