Editoriaux - Santé - 2 mars 2019

L’accès aux soins, un problème majeur en milieu rural

La pénurie de médecins, particulièrement en milieu rural, et la fermeture d’hôpitaux ou de services tels que des maternités dans les petites villes sont des sujets que le gouvernement aurait sans doute voulu éviter. En effet, ils ne figurent pas dans les thèmes proposés pour le grand débat initié pour faire un contre-feu aux revendications que les « masses populaires » ont osé exprimer à travers les manifestations des gilets jaunes.

Cependant, le porte-parole du gouvernement a dû reconnaître que le problème de l’accès aux soins apparaissait comme une revendication majeure dans les débats organisés dans le cadre de cette grande consultation.

Le sujet n’est pas nouveau ; cela fait maintenant quelques années que nous en parlons régulièrement, mais ses conséquences commencent à être ressenties de manière très préoccupante dans de nombreuses régions, où il y a une réelle difficulté pour trouver un médecin généraliste, un spécialiste ou accéder facilement à une maternité .

Cette pénurie de médecins a été initiée par la mise en œuvre, il y a une trentaine d’années, du numerus clausus, censé, d’après nos brillants économistes de l’époque, diminuer le coût des dépenses de santé en diminuant le nombre de médecins.

L’échec est total. Depuis une dizaine d’années, nous en subissons les conséquences et les solutions pour tenter de trouver un remède à cette situation n’ont, pour l’instant, pas abouti.

Les maisons de santé pluridisciplinaires, créées à grands coups de subventions, pour séduisantes qu’elles soient, n’ont pas réussi à tenter suffisamment de médecins pour pallier ces « friches médicales ». Depuis plusieurs années, maintenant, les installations de jeunes médecins sont loin de compenser les départs à la retraite, et le nombre de médecins retraités qui continuent à travailler après 65 ans n’a jamais été aussi important.

D’autres solutions, telles qu’un salaire aux étudiants fin d’études en échange d’une obligation d’installation dans des zones sous-médicalisées, sont restées des expériences marginales.

Toutes ces tentatives pour trouver des solutions ne s’attaquent pas aux véritables causes.

Toutes les études montrent que les jeunes médecins n’ont qu’un intérêt très réduit pour la médecine générale, l’installation en milieu rural et l’exercice libéral. À cela s’ajoute leur nombre insuffisant. On comprendra donc facilement que le problème n’est pas près d’être résolu, et ne le sera vraisemblablement que par une refonte totale du système de distribution des soins dans lequel les collectivités devront prendre en charge le financement du fonctionnement de structures sanitaires là où la médecine libérale n’est plus capable d’assurer ce service public.

Il en va de même pour la fermeture de services dans les petits hôpitaux de proximité qui est essentiellement un problème de rentabilité, car les problèmes techniques et de sécurité peuvent facilement être résolus avec un peu d’imagination.

Rien d’étonnant, donc, à ce que ces problèmes fassent partie des préoccupations principales de nos concitoyens qui ne trouvent pas, dans les schémas proposés, la réponse à leurs besoins quotidiens.

Mais il est vrai que ces problèmes n’affectent sans doute pas beaucoup la vie de nos décisionnaires et que ce n’est pas demain qu’ils iront en discuter sur les ronds-points.

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