Editoriaux - Environnement - 20 novembre 2018

La transition énergétique est faite en France depuis… 1973 !

Certes, Monsieur Macron, il faut respecter « le temps long », mais « le temps long », s’il concerne le futur, concerne aussi le passé. Et puisque personne ne parle du temps passé, mon propos est ici de le faire.

En 1973, en pleine guerre du Kippour, les pays arabes prennent conscience de leur incroyable pouvoir et l’OPEP augmente le prix du baril de pétrole de 70 % en réduisant, parallèlement, la production de 5 % par an. C’est le « premier choc pétrolier » ; un autre suivra en 1976.

L’immense Georges Pompidou, alors président de la République française, conscient de la menace énergétique, décide alors de lancer à fond la filière nucléaire. À cette époque, 65 % de l’électricité française est fournie par des centrales à charbon. Il faut dire aussi que, grâce au général de Gaulle qui a créé le Commissariat à l’énergie atomique dès après la guerre, le fameux CEA, aucun pays au monde ne domine plus que la France les technologies du nucléaire. Pompidou lance un énorme programme de construction de centrales nucléaires, assurant ainsi l’indépendance énergétique de la France.

Et pas « de la bibine » : en équivalents euros d’aujourd’hui, c’est estimé à 65 milliards !

Mais le résultat est là : avec 58 réacteurs nucléaires installés dans 19 centrales, l’atome permet de produire 77 % de l’électricité consommée en France en 2014, alors qu’aucune nouvelle centrale n’a été ouverte depuis 1999 !

L’électricité nucléaire est une électricité propre qui ne rejette rien de toxique dans l’atmosphère, elle est totalement « décarbonée ». Certes, la question de la gestion des déchets se pose, mais les centrales de nouvelle génération (l’ITER, qui permettra une fusion nucléaire contrôlée) en généreront peu. On nous annonce 48.000 décès annuels en raison du diesel (d’où sort cet étrange chiffre ?) ; combien de décès causés par le nucléaire en France ? Il ne viendrait pas à l’esprit, en France, d’installer une centrale nucléaire dans une zone hautement sismique, comme ce fut le cas au Japon, ou de jouer à l’apprenti sorcier comme cela a été fait à Tchernobyl. Et si l’EPR de Flamanville est un bide, ce n’est nullement dû au nucléaire, c’est dû à l’incurie du groupe Bouygues qui a coulé un béton plein de bulles. Un béton dont, d’ailleurs, les armatures métalliques sont consolidées par des coupleurs fabriqués… en Thaïlande, ce qui ne veut pas dire qu’ils soient de médiocre qualité. Et si l’EPR était un tel massacre, pourquoi les Finlandais, les Chinois, les Anglais nous en auraient-ils commandé ? Même les Russes s’y intéressent.

Alors, Monsieur Macron, vous avez raison de dire qu’il faut s’affranchir du pétrole et des énergies fossiles, ce n’est pas nouveau. Mais que proposez-vous ? Partout des champs d’éoliennes au médiocre rendement fabriquées en Chine, des panneaux solaires sur tous les toits ? Où trouvez-vous votre énergie propre ? Nous avons à portée de main une magnifique filière, une filière qui assure notre transition énergétique et écologique depuis plus de quarante ans !

Les Français accepteraient sans problème d’être taxés si c’était pour un juste motif, comme développer le nucléaire moderne.

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