La Pologne ne veut pas de l’euro, et elle n’est pas la seule
Plus les mois passent, plus la Pologne s’éloigne de la zone euro. Si son actuel et très europhile Premier ministre, Donald Tusk, avait remporté les élections législatives de 2008 en promettant l’adoption de l’euro comme monnaie unique pour 2012, c’est bien le złoty (la monnaie polonaise) qui a remporté la guerre monétaire, en Pologne. Comme BV le soulaignait, en novembre dernier, la Pologne connaît un véritable miracle économique et monétaire, depuis la chute du mur de Berlin et la fin du pacte de Varsovie. Miracle qui se poursuit depuis, et le niveau de vie des Polonais devrait même, bientôt, dépasser celui des Français ! La Pologne a su miser sur une politique économique rigoureuse, mais aussi sur une monnaie finalement bien vaillante.
Les Polonais aiment leur monnaie
Car le złoty a pour meilleur allié le peuple polonais lui-même, qui aime sa monnaie nationale. Les sondages sur la question se succèdent et confirment cette histoire d’amour grandissante. En 2023, un sondage de la Commission européenne donnait les Polonais plutôt favorables à l’euro, à 55 % contre 44 %, mais une très large majorité des répondants estimaient, cependant, que la Pologne n’était pas encore prête à rejoindre la monnaie unique. Depuis, la cote de l’euro n’a cessé de s’effondrer, et dans la dernière enquête en date, réalisée fin 2025, 62 % des Polonais ont dit non à l'adoption de l'euro, contre seulement 28,5 % en faveur du oui. Dans un entretien au Financial Times, le 25 janvier dernier, le ministre des Finances polonais, Andrzej Domański, pourtant très pro-bruxellois et partisan d’un passage à l’euro, a dû convenir que ses convictions se heurtaient autant, désormais, aux réalités économiques qu’aux attentes de ses compatriotes. D’où une volte-face spectaculaire sur la question. « Notre économie va maintenant clairement mieux que la plupart de ceux qui ont l'euro », constatait-il, admettant, dans la foulée, avoir « de plus en plus de données, de recherches et d’arguments pour garder le złoty polonais ». Des libéraux europhiles pur jus s’alignant sur le souverainisme monétaire défendu par le PiS et par le président polonais Karol Nawrocki, voilà qui ne manque pas de sel.
Des résistances farouches à l’euro
Mais les Polonais ne sont pas les seuls à refuser d’entrer en zone euro. Si la Bulgarie, le 1er janvier 2026, comme d’ailleurs la Croatie trois ans plus tôt, a estimé préférable de passer à l’euro, espérant dynamiser ainsi une économie bien faible, d’autres membres de l’UE résistent, quant à eux, pour des raisons qui ne sont pas qu’économiques.
Rappelons qu’avant de choisir le Brexit, le Royaume-Uni, longtemps adhérent du Marché commun puis de l’Union européenne, avait toujours conservé jalousement sa livre. Concernant le Danemark, il s’agit d’un choix purement politique, d’un souverainisme monétaire ancestral qui ne s’est jamais démenti. En 1992, en effet, la monarchie danoise avait conditionné son entrée dans l’UE à la conservation de sa couronne.
Aujourd’hui indépendante du Danemark, l’Islande est membre de l’Espace économique européen, mais pas de l’UE, et a tenu à conserver sa propre monnaie, la couronne islandaise. La Suède, n’ayant pas négocié la conservation de sa couronne suédoise lors de son entrée dans l’UE, est en théorie juridiquement tenue de passer à l’euro, mais semble de moins en moins pressée de s’y conformer et joue la montre depuis longtemps, déjà, semblant aussi attachée à sa monnaie que sa voisine danoise.
Des raisons économiques, mais aussi géopolitiques
Tout comme la Pologne, trois autres États d’Europe centrale conservent toujours leur monnaie nationale : la Hongrie (le forint), la République tchèque (la couronne tchèque) et la Roumanie (le leu). Dans les milieux bruxellois, on insiste sur le fait que ces pays ne peuvent pas passer à l’euro, puisqu’ils ne satisfont pas aux critères nécessaires pour le faire. L’argument est un peu court, et prête même à sourire, puisqu’il n’a en rien empêché l’UE d’admettre en son sein des pays aux économies modestes, dont la Bulgarie.
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59 commentaires
Quand on aime son pays, on refuse l’euro.
Au moins les responsables politiques Polonais écoutent leur peuple et à priori d’autres pays de l’UE le font et surtout c’est bon pour leur économie, nous en France on a l’Euro mais notre économie est à zéro, je ne parle pas du reste, avec en plus des politiques qui font le contraire de ce que nous voulons alors continuons.
La question n’est pas de savoir si on est pour ou contre l’euro. La question est de savoir quand l’euro va exploser et comment les nations vont revenir à leurs monnaies nationales.
Il n’y a pas de peuple européen mais des peuples européens, il n’y a pas de frontière donc pas de territoire. L’UE est une entité juridique hors sol qui n’a de réalité que dans ses traités et ses lois. Et elle ne les respecte même pas. Pas besoin d’être un prophète pour comprendre que son existence sera brève à l’échelle de l’Histoire.
Monsieur Macron tient absolument à laisser une empreinte de son triste mandat , quitte à le ruiner .
Si on dévalue une monnaie c’est pour retrouver de la compétitivité, dans le cas contraire c’est l’augmentation de la dette, avec tout le cortège des fuites d’entreprises et de la désindustrialisation. On est bien dans ce cas en France. L’€ c’était une belle idée, mais il aurait fallu au préalable harmoniser les systèmes sociaux et fiscaux entre les pays voulant adopter la monnaie unique. Créant ainsi une concurrence déloyale entre les pays. On a mis la charrue devant les boeufs.
marrant les polonais ne veulent pas de l’euro, mais reçoivent plus d’euros qu’ils ne donnent au budget européen et en plus il achètent avec cet argent des matériels américains.
Si on avait encore de Franc, on aurait dévalué plusieurs fois, l’inflation et les taux d’intérêt nous ruineraient. Le monde entiere prête à l’état Français parce qu’on a l’Euros.
J’espère qu’un jour on aura enfin l’euro de Reykjavik jusqu’à Vladivostok pour la paix, le progrès social et une Europe aussi puissante que la Chine et les USA. C’est pas demain la veille…
62% disent non à l’euro…Donc l’euro va être adopté. C’est comme çà maintenant.Pour autant, si les Polonais ne sont pas pour l’euro sur eux, ils ont toujours bien accepté les euros apportés par « Bruxxxelles » !
« Battre monnaie » a toujours été un privilège régalien qui assure la souveraineté d’un pays.
Ainsi que le droit de justice. La France a abandonné les deux. Pour son malheur.
Il faut tout de même se souvenir que le lendemain de leur adhésion à l’UE en mai 2004, les Polonais ont passé une énorme commande d’avions F16 aux Américains. La Pologne a un sentiment vis à vis de l’UE à géométrie variable voire très furtive !
Là on touche les limites de l’élargissement forcené et parfois aveugle de l’UE dans laquelle on fait entrer n’importe qui et quoi qu’il en coûte.
Attention à l’Ukraine avec son blé et ses élevages bourrés aux antibiotiques.
Pareil avec la Livre Sterling : en résistant l’entrée dans l’Euro les Anglais ont préservé leur économie. (Pour qu’en ce moment le gauchiste Starmer la lamine fort consciencieusement). Il ne pourra y avoir qu’une solution pour redresser la France : l’affrontement avec Bruxelles, sinon le Frexit. Quel choc fatal serait ce dernier ! Devant une telle menace l’UE tremblera alors d’essayer de nous démolir plus avant pour le compte de l’Allemagne ; aussi est-ce bien le moment de changer radicalement de politique.
OUI
Ils nous font le coup des Anglais , ça veut bien des aides de l’UE mais ne veulent pas changer de monnaie , nous par contre on doit la quitter , c’est vital pour notre survie , il faudrait un referendum
@LHERM
Ca veut bien des aides de l’UE dites vous? Ce que vous appelez les aides de l’UE c’est d’abord l’argent des contribuables des pays contributeurs nets dont la France. Ensuite ces transferts ont été promis pour obtenir l’adhésion des pays de l’Est. Implicitement vous reprochez à des pays comme la Pologne de ne pas se laisser aussi facilement dépouiller des attributs de la souveraineté comme l’ont fait les gouvernements français depuis plus de 30 ans! Vous parlez comme pourraient parler les thuriféraires euro mondialiste ou les macronistes de stricte obédience. Mesurez vous la portée de votre commentaire? Ce sont des pays comme la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie et la Slovaquie qui montrent la voie: le refus d’une soumission totale contre du pognon à la volonté destructrice de von der Leyen et du Soviet suprême de Bruxelles! Les Polonais ont connu la soumission à l’ex URSS. Qu’ils soient méfiants, malgré le pognon, à l’égard de la dérive de ce qui ressemble de plus à l’UE-RSS de l’Ouest, est non seulement légitime mais salutaire! Sauf à être convaincu que Von der Leyen et sa cour, ne veulent que votre bien.
Les Anglais étaient comme nous : très net contributeurs : ils ne revoyaient jamais leur fric et ils s’en rendaient très bien compte.
Vous êtes très anglophile. Mais ces derniers étaient paraît il contributeurs au budget UE.
Qui a raté son coup?
Le Polonais on bien raison de vouloir garder leur souveraineté ! Nous en FRance çà fait 26 ans qu’on se fait arnaquer au quotidien ! Pour moi qui ait connu le Francs il m’arrive encore de convertir lorsqu’un prix me semble prohibitif, exemple :1 kg de cerises dans une région productrice et en pleine saison: 9.90€ c’est à dire environ 63 Francs !!!!et des exemples comme çà j’en ai plein ma besace !
Je fais comme vous, et le calcul est toujours surprenant.
Je n ose plus le faire car c est affolant le prix d un camenert par exemple. Je crois que l on ne peut plus penser comme cela non plus
Comme l’Ukraine des Pays qui ne veulent pas de l’Euro mais qui empochent sans discuter les Euros payés par les autres ?!! Seule issue sortir au plus vite de ce devenu monstre qu’est l’UE
Il faut faire effectivement des choix dans la vie. Chacun devrait reprendre ses billes !
Idem
@Gerard Laurent
Comment pouvez-vous reprocher à des pays à qui des milliards ont été promis en échange de leur entrée dans le « club » euro mondialiste de Bruxelles? Vous parlez comme pourraient parler les macronistes et autres thuriféraires de l’UE! Comment pouvez-vous plaider (à juste raison) pour le FREXIT et critiquer les pays qui prennent le pognon qui a été promis pour l’intégration dans l’UE mais qui ne cèdent pas tout sur leur souveraineté? En tant que partisan du FREXIT ou de la dislocation de l’UE, je ne peux pas en vouloir aux Polonais qui prennent le fric qui leur a été promis en échange de l’entrée dans le « club » euro mondialiste de Bruxelles. J’en veux par contre à Macron euro mondialiste absolu, de tout brader à l’UE et à financer toutes les folies décidées par le soviet suprême! Les derniers 90 milliards « prêtés » à l’Ukraine coûteront au final 16 milliards aux Français. Cela dit, vous avez le droit de croire que l’Ukraine ces 90 milliards à l’échéance du « prêt »!