La nouvelle loi sur l’immigration réglera-t-elle les problèmes liés à la pénurie de médecins ?

médecin

Gérald Darmanin et le gouvernement, dans le cadre du projet de loi pour contrôler l'immigration et améliorer l'intégration, veulent créer une nouvelle carte de séjour destinée aux professionnels de santé pour attirer des médecins étrangers ainsi que d'autres professionnels de santé à venir travailler en France. Cette mesure est mise en avant par les communicants du gouvernement, Olivier Véran en tête, pour nous expliquer qu'ils vont ainsi lutter contre le manque de médecins en France.

Les esprits chagrins pourront voir dans cette mesure un argument pour valoriser une réforme qui, en réalité, ne changera vraisemblablement pas grand-chose au problème de l'immigration, sachant que depuis une trentaine d'années ou plus, celle-ci est voulue par nos dirigeants qui font mine d'en subir les conséquences plutôt que de chercher à la réglementer et à l'organiser en fonction de nos besoins.

Ce projet de loi prévoit; en effet, la création d'une carte de séjour pluriannuelle dénommée « talent-professions médicales et de la pharmacie » destinée à faciliter l'exercice des médecins, sages-femmes, dentistes ou pharmaciens étrangers en France.

Cette carte est destinée aux professionnels de santé et à leur famille, à condition qu'ils soient recrutés par un établissement de santé public ou privé à but non lucratif. Elle permettra de simplifier les formalités administratives afin d'« améliorer la lisibilité et l'attractivité du droit au séjour pour ces publics qualifiés, tout en tenant compte des enjeux de vérification de l'aptitude des professionnels étrangers à exercer dans le domaine hospitalier » (sic). La durée de la validité de cette carte sera d'un à quatre ans et dépendra de la validation par le praticien des épreuves de vérification de connaissances qu'il devra passer.

Si les médecins étrangers en provenance d'un pays de l'Union européenne dans lequel il existe une équivalence de diplôme sont dispensés d’examen de contrôle et peuvent s'installer aussi bien en ville qu'à l'hôpital, en revanche les praticiens venant d'autres pays doivent satisfaire à un contrôle des connaissances et, avant de pouvoir espérer exercer hors hôpital, ils devront effectuer un stage de trois ans au moins dans un établissement public.

Cette mesure favorisera les hôpitaux qui fonctionnent déjà en grande partie (dans les services d'urgences en particulier) grâce à des praticiens étrangers obligés d'accepter des postes de médecin-attaché ou de médecin-assistant avec des salaires bien moindres que ceux des praticiens hospitaliers, et ce, pour le plus grand bonheur de l'administration, car si le salaire est inférieur, le travail, lui, est strictement identique.

En revanche, ces nouvelles dispositions n'auront aucun effet pour améliorer la situation des friches médicales qu'on observe dans nos campagnes et même dans certains quartiers urbains, car ces praticiens ne pourront pas s'installer en clientèle privée.

La venue de médecins étrangers pourra sans doute apporter un peu d'oxygène à des services hospitaliers agonisants mais ne résoudra pas le problème de l'accès aux soins en ville ou en campagne, qui est lié au manque dramatique de jeunes médecins. Jeunes médecins qui ne veulent plus travailler comme le faisaient ceux de la génération précédente. On peut les comprendre, mais en période de pénurie, cela aggrave d'autant plus l'accès aux soins, et ce problème risque devenir un véritable enjeu de santé publique dans les mois et années à venir.

Ce chapitre à visée sanitaire de la loi sur l'immigration que le gouvernement va soumettre au Parlement en 2023 ne doit pas masquer les vrais problèmes liés à l'immigration qui ne semblent pas devoir être résolus de manière durable par ce énième texte.

Dr. Jacques Michel Lacroix
Dr. Jacques Michel Lacroix
Médecin - Médecin urgentiste et généraliste

Vos commentaires

53 commentaires

  1. Veran essaie de promouvoir un palliatif pour ne pas avoir à se déjuger d’avoir mis dehors beaucoup de soignants français refusant l’oukase de la piqûre obligatoire. Qu’il commence déjà à ré-autoriser la quinine et beaucoup de malades qui encombrent nos hopitaux pourront se soigner tous seuls. Et qu’il rembauchent les soignants mis à pied injustement.

  2. On peut toujours rêver. Si notre gouvernement suppose voir venir des médecins parmi les migrants, c’est qu’il y a un problème d’information .

  3. « La folie c’est de répéter les mêmes erreurs en espérant des résultats différents. » A. Einstein. Les dictatures, communistes et autres, ont toutes un point commun : leur évolution inéluctable vers la pénurie et la misère, tant dans les personees que dans les produits. Ce n’est pas en donnant un tour de vis supplémentaire à leur dictature, nous forçant à subir une immigration sans limites, qu’il amélioreront leurs propres méfaits.

  4. Une connaissance travaillant en milieu hospitalier me dit que les « étrangers » n’ont pas le niveau, et les jeunes médecins ont encore du travail aussi, reste qu’il faut demander un vieux quand on va à l’hôpital. En tapant ce qui précède, je me rappelle il y a un an, j’étais en clinique pour un examen, j’étais en malaise vagal, le petit gars de service panique, parle de m’envoyer aux urgences, etc…Moi, remis, je file plutôt au secrétariat de mon « vieux » médecin, sa secrétaire le cherche par téléphone, et le message vint, je pouvais tranquillement rentrer chez moi. La preuve.
    En plus, comment des sans papiers vont faire avec leur « diplôme »?

  5. Je pose un question de béotien dans ce domaine que je ne connais pas. Est-ce que nos brillants fonctionnaires du ministère de la Santé évaluent nos besoins futurs et calculent le fameux numérus clausus pour former suffisamment de médecins pour répondre à nos besoins. Je suis aussi naïf. Nonobstant le fait, comme le signale Tara, que le niveau scolaire a tellement baissé que l’on puisse douter de la qualité des nouveaux praticiens.

    • Comme pour l’enseignement, général, on gomme tout ce qui ne va pas dans le sens de Davos et on confit les clés à Pfizer et compagnie qui vont régler le problème à coup de pseudos vaccins.

  6. Beaucoup de commentaires dénoncent cette ponction de personnel vital que la macronie veut faire sur les pays africains…
    Mais sur les « beaux » médias c’est silence radio sur se potentiel « kidnapping » qui n’a rien dhumanitaire ni d’humaniste !
    De la fumée, toujours de la fumée…

  7. En fait, la prétendue « contrainte démographique » est une mystification. La venue de bras et de cerveaux socialise une partie du coût du travail que le contribuable supporte, à travers l’état, pour accueillir l’immigré, alors que l’employeur privatise le profit tiré de la main d’œuvre étrangère.
    « La ruée vers l’Europe » Stephen Smith

  8. Durant ma carrière, j’ai vu de nombreux médecins, chirurgiens, infirmières, aides soignants (et même vétérinaires pour mes chiens), venant de l’étranger (oui, je parle bienséance).
    Eh bien je puis vous dire que, franchement, déjà que les nôtres deviennent de plus en plus incompétents (du fait du rabaissement de leurs études), ceux là sont pire.
    Je préfère me soigner seule ou pas du tout.
    Tiens un truc que j’avais observé (ce n’est peut être plus le cas depuis mes 5 années de retraite bientôt) : les XX n’avaient pas le droit, selon ces charmants médecins, dans mon hôpital, aux traitements anti- douleurs.
    Serait ce qu’ils étaient adeptes de Descartes, qui, considérait que les femmes, n’ayant pas d’âmes, ne pouvaient pas souffrir?

    • Il ya longtemps que mon diagnostic est identique au votre, les bouquins et vieux grimoires de nos ancêtres vont reprendre de l’activité.

  9. Tout cela est programmé par des cabinets de conseils comme MacKinsey et ses prédécesseurs, qui ont pour mission de privatiser la santé, en suivant le modèle du fric anglo-saxon. Continuons à laisser nos hôpitaux aux mains « d’étrangers » comme ces femmes médecins dans l’hôpital à côté de chez moi qui mettent leur charlotte sur leur voile !!! Moi qui croyais que les signes d’appartenance religieuse étaient interdit dans l’espace public !!! Sont-elles à jour de leur vaccination, l’omerta est telle qu’on ne le saura jamais !

  10. Qui est responsable des déserts médicaux ? Les médecins eux-mêmes qui ont toujours défendus le « numérus clausus » pour la défense de leur monopole voire pour certain par « népotisme » ! Le corps médical devient abject, on a vu leur comportement à l’occasion du covid (mon généraliste a déserté son cabinet, pour aller « piquouser »), plus récemment les urgentistes pédiatriques criaient « au manque de moyens » face à la brochiolite, première réaction après avoir obtenu des moyens: ils se sont augmenté leur salaire ! Et je ne parle pas des conflits d’interet avec les labos ! Ils gagnent tellement de fric, qu’ils en viennent à travailler à temps partiel pour échapper à la fiscalité

    Par ailleurs, faire venir des soignants étrangers, c’est semer les futurs germes racistes à notre égard: notre gouvernement se comporte en véritable néo-colonialiste !

  11. Après cette bouffée d’oxygène pour l’hôpital, pourquoi pas un grand bol d air pour la médecine privée à la campagne ?

  12. Et là réintégration des soignants non vaccinés alors?
    Sous le tapis ?
    Une loi absurde qui empêche de manière totalement infondée des milliers de soignants duement diplômés en France, alors que tous les autres pays l’ont levée!
    Pourquoi faire des médecins immigrés ?
    Pour qu’ils obéissent, le doigt sur la couture du pantalon aux ordres de prescription gouvernementaux?
    Pauvre France !

  13. Finalement, il sera plus agréable de se faire soigner en Tunisie ou au Maroc que d’être soignés ”aux petits oignons” par des tunisiens,marocains ou afghans voire ivoiriens du tout ici , en France , non?

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

L'intervention média

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois